Daggerkila: «Bat beton, c’est fini»

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Son nouveau single Massinn fer danse est tout chaud. Mais ne vous attendez pas à ce qu’un album suive. Daggerkila a d’autres projets en tête.

Vous êtes très entouré pour Massinn fer danse, votre nouveau single.

Ce projet 2018-2019 est un morceau de Daggerkila & The Soul Frequency featuring Darianna Ameerally. The Soul Frequency est un groupe que j’ai constitué il y a trois ans, avec des danseurs et quatre musiciens : Didier Baniaux, bassiste, Kevin Larhubarbe du groupe Fusional minds, à la guitare, Josian André à la batterie et Pascal Ramchand au clavier. Cette fréquence de l’âme c’est pour dire la profondeur de notre musique.

Massinn fer danse, c’est un duo avec Darianna Ameerally, une artiste très prometteuse, avec un style très frais. Ce single a pour point de départ l’envie de faire du seggae. Sans manquer de respect à qui que ce soit, cela ne ressemble pas au seggae du passé. C’est du seggae clubbing.

Certains disent que le seggae est mort.

Non, ce n’est pas vrai. Malgré toutes les difficultés pour faire du seggae, pour faire de la musique tout court, il y a des gens qui le cultivent en underground. J’en fais partie. Quand j’ai posté le teaser de Massinn fer danse sur les réseaux sociaux, j’ai détourné une phrase de Kaya : «Mo pep so rasinn pa pou brile». Les tendances indiquent que les jeunes préfèrent tout ce qui fait danser.

Donc, vous faites un seggae plus dansant ?

Nous avons pris cette direction sans toutefois perdre l’authenticité du seggae. Nous l’avons mélangé à du funk, un peu d’Afro-Cubain que l’on entend souvent en boite de nuit.

Vous êtes connu pour des chansons à message. Quel est celui de Massinn fer danse ?

La chanson est inspirée du quotidien. Darianna et moi, nous nous sommes mis dans la peau d’un couple, qui en a assez de la routine. Dans le premier couplet, je dis : «Woman mo bizin invit twa pou danse». Elle répond : «Wi man, sa mem ki mo ti pe atann». C’est un texte positif.

Il y a le message musical mais aussi celui de la danse. Nous avons mélangé les pas du séga avec de la danse jamaïcaine, tout comme le seggae est un mélange de sega et de reggae.

Vous revenez avec un single. Cela annonce-t-il d’autres projets ?

Massinn fer danse n’est pas juste un single pour faire joli. J’aurais pu faire un album, mais c’est trop compliqué. Je n’ai pas envie de rentrer dans ce débat-là.

Un peu quand même. C’est à cause du piratage ?

En partie. Pour être franc, c’est aussi une question de manque de compréhension musicale. J’ai été déçu de lire des commentaires sur les réseaux sociaux qui disent que les pirates aussi doivent gagner leur vie. Wow. Comment peut-on dire une chose pareille ? Sans chercher à savoir quel est le travail de l’artiste en studio, combien de temps cela a pris pour composer la chanson. Je repense à Zistwar nou ti zil, qui m’a pris des mois de recherches. Je repense à tous les artistes, qui passent la nuit en studio. Le public n’est pas conscient de tout cela. Dès le plus jeune âge, il faut apprendre aux enfants ce que c’est que la musique. C’est le travail de quelqu’un, il faut le respecter. Le maçon construit une maison, moi je construis de la musique. Si vous construisez ma maison, mais que je donne votre salaire à l’ébéniste, vous me direz qu’il y a une erreur.

Si vous avez fait une croix sur l’album, quelle sera la suite, après Massinn fer danse ?

C’est seulement jusqu’à ce que la situation soit plus favorable. Ou alors s’il y a vraiment une grosse demande. Le single, c’est un concept pour toucher le public. Par la suite, on pourra lui dire Massinn fer danse sera à Souillac ou à Flic en Flac.

Un calendrier est déjà prêt ?

On y travaille.

Est-ce que cela veut dire que bat beton c’est fini pour vous ?

Je ne veux pas être méchant. Mo pa ignor okenn travay. À chacun son domaine. J’ai beaucoup travaillé sur les chantiers. Cela m’a même inspiré plusieurs pas de danse. Mais quand je suis sur un chantier, les projets musicaux tardent. Je ne suis pas seul. Il y a des tas de jeunes, qui sont avec moi, mo pa gagn drwa fer retar dan lamizik. J’ai pris le risque. Je me suis rendu compte que cela en valait la peine. Au sein de The Soul Frequency, on a l’habitude de dire : Ankouraz to mem, yer finn fini, demin pankor vini, seki to ti anvi fer, koumans li zordi. C’est comme cela que je me réveille tous les matins.

Et Otentik Street Brothers (OSB) dans tout cela ?

OSB c’est une école, une vibration. Mo ti kapav dir enn letan. Mais non, c’est tout le temps. J’ai envie de me faire une chemise d’officier avec dessus, tous les groupes qui m’on marqué. Il y aura un grade pour OSB, un pour Boogie Side Gang, un autre pour The Soul Frequency. Pour être là aujourd’hui, il a fallu passer par tout cela. Si au niveau d’OSB il y a quelque chose à faire, nou la nou.

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