Cilida, «pa kas nisa»

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Ludovic Joomun et Francess Ahti profitant de leur samedi, à Albion.

Ludovic Joomun et Francess Ahti profitant de leur samedi, à Albion.

Alors que Maurice était en alerte 2 hier, samedi 22 décembre, les Mauriciens, eux, n’ont nullement été découragés par le mauvais temps. Dans plusieurs régions du pays, l’heure était, envers et contre tout, au shopping. Mais aussi à la détente sur les plages. Nombreux sont ceux qui pensent que Cilida, en fait, nous a menés en bateau.

Pour parer à toute éventualité, à St Joseph, L’Amitié, Vacoas, Mahébourg ou encore Anse Jonchée, entre autres, les officiers de la Special Mobile Force et les pompiers étaient sur le terrain pour élaguer quelques branches et pomper l’eau qui s’était accumulée à certains endroits.

Les centres commerciaux, eux, étaient bondés. Plusieurs personnes expliquent qu’elles avaient réservé ce dernier weekend avant Noël, pour chercher les cadeaux ou faire les courses pour le réveillon. Les nombreuses activités prévues pour les petits comme les grands ont été maintenues, malgré le spectre de Cilida. Selon Edley Moonoosamy, qui effectuait ses achats de dernière minute, le cyclone n’a pas réussi à contrecarrer les plans des Mauriciens. «Éna enn ti lapli mé san plis. Nou pa pou les sa afekté nou sirtou pandan fet-la!»

Même ambiance dans les endroits sujets à des inondations après les grosses averses. À Fond-du-Sac, L’Amitié ou Baie-du-Tombeau, les villageois vaquaient comme à l’accoutumée à leurs occupations. «Ki pou fer? Kan létanla koumsa, lanbians gaté inpé. Mé Nwel el Lané vini enn sel fwa sa, bizin fet li», souligne Kamla. Cette dernière déplore cependant le fait qu’elle n’ait pas pu faire comme il se doit son «gran netwayaz lané». Elle le fera une fois Cilida parti.

À Cottage, encore fragile après les récentes inondations, l’angoisse était tout de même palpable. Certains habitants affirment que depuis que l’alerte 1 a été décrétée, ils ne dorment plus. «Peu importe l’heure, même le soir, nous sommes sur nos gardes. Nou vinn-vinn lor simé pou check sitiasion», confie Vinay Dookhee, membre des forces vives de la région. D’ajouter que plusieurs personnes sont parties garer leurs véhicules à d’autres endroits, chez des proches, pour ne pas prendre de risque. Les «rasion lané» ont également été mis à l’abri.

Pendant ce temps, sur de nombreuses plages, les pique-niqueurs sont venus passer du bon temps cyclone ou pas. Barbecue, baignade, séga, surf, tout y était. «Il en faut bien plus pour nous décourager, surtout en cette période de fêtes.» Pour Rajeev Seetah, qui était en compagnie de ses amis et proches, pas question de se laisser gagner par la morostité. «Nou ti fini plan sa, ti fini asté tou zafer. Nou’nn vini. Éna ti mem fini pran konzé, pa kapav perdi sa.»

Décidément, le cœur était à la fête, malgré Cilida à qui les Mauriciens conseillent de «pa kas nisa» !

Cilida: de quoi devenir chèvre

Des chèvres, aperçues à Albion hier. Elles non plus ne savaient pas trop sur quel pied danser on dirait.

On s’attendait à passer en alerte 3 ce dimanche 23 décembre. Ou hier. Mais Cilida nous a mené en bateau. Pendant ce temps, malgré quelques galères, les Mauriciens ont continué leur shopping. Tour d’horizon.

Plus de peur que de mal en ce qui concerne le cyclone Cilida. Alors que le niveau 3 de la National Emergency Operations Command a été activé vendredi et a été baissé à 2 aujourd’hui, et alors que nul autre que le directeur général de la météo, Prem Goolaup, envisageait une détérioration du temps dans la soirée de vendredi à samedi et une possibilité de passer en alerte 3, hier après-midi, il n’en était rien. Maurice est resté en alerte II durant toute la journée et la soirée d’hier et à 4h10 ce matin, Cilida était déjà du passé.

À la station météorologique de Vacoas, on affirmait que que le cyclone tropical intense Cilida devait passer à son point le plus rapproché de Maurice aujourd’hui, mais finalement, c’est dans la nuit du samedi 22 à aujourd'hui que cela s’est produit, comme l’avait prédit Méteo France.

À Bambous, des dames bien armées attendant l’arrivée du camion devant les ramener à la maison.
À Petite-Rivière, un homme avait barricadé son abri de fortune.
Les centres commerciaux, comme ici au Super U de Grand-Baie, étaient bondés, malgré l’alerte 2.
Ciel gris et ambiance verte à Ste.-Croix. Cyclone ou pas, pas question de faire une croix sur les sapins.
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