Claudio Cassimally: Le musicien a rangé trompette et flûte de Pan

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Claudio Cassimally, trompettiste et flûtiste.

Claudio Cassimally, trompettiste et flûtiste.

Cela fait quelques années qu’on ne voit plus Claudio Cassimally sur scène. En raison de problèmes de santé, le Mauricien à la trompette d’or ne se fait plus entendre depuis 2011.

À 76 ANS, Claudio Cassimally, trompettiste connu, limite ses déplacements. Il passe ses journées à écouter un peu de musique et à discuter avec son épouse Maryse, ainsi qu’avec ses amis musiciens qui lui rendent visite, même s’il éprouve un peu de peine à s’exprimer.

Pourtant, le septuagénaire avait plusieurs cordes à son arc et des projets plein la tête. En musicien accompli, notre interlocuteur maîtrise divers instruments. Le trompettiste est tantôt guitariste, tantôt organiste et aussi flûtiste.

Claudio Cassimally est l’un des premiers Mauriciens à jouer de la flûte de Pan. «C’est par hasard que j’ai fait l’acquisition de ce bel instrument et j’étais conquis dès la première fois que j’en ai joué», confie-t-il. L’artiste est aussi un excellent arrangeur musical et un technicien du son averti.

Toutefois, le studio aménagé dans la résidence des Cassimally à Coromandel est aujourd’hui fermé à clé. De nombreux chanteurs et musiciens y sont venus réaliser leurs cassettes et CD. Le maître des lieux faisait tout lui-même. C’est sans doute la raison pour laquelle le studio est fermé depuis que Claudio ne jouit plus d’une bonne santé.

Cependant, l’univers artistique de Claudio Cassimally ne se limite pas à la musique. Les tableaux disposés dans son salon et çà et là dans sa maison révèlent les talents de peintre du trompettiste. Ce dernier s’était aussi mis à l’écriture en rédigeant quelques pièces qui n’ont pas été éditées. Toutefois, ses sketches et ses imitations sont connus du public.

Claudio a été un artiste précoce. Dès son jeune âge, il est encouragé par son père musicien à s’orienter vers le domaine musical. Il s’y met avec ardeur en compagnie de ses frères Eddy, Gino et Michael. En 1961, le jeune homme originaire de la banlieue portlouisienne, Tranquebar, n’avait que 18 ans quand il est recruté dans la fanfare policière. Le maestro Philippe Oh San qui y tenait la baguette le prend sous aile.

Hymne national

Le trompettiste se rappelle qu’il fut la première personne à exécuter le morceau qui deviendra plus tard l’hymne national mauricien. En effet quand Philippe Oh San reçoit la partition de son collègue Philippe Gentil, il demande, sur le champ, à Claudio Cassimally de la jouer à la trompette. C’est durant son passage à l’orchestre de la police que le musicien Claudio Cassimally se construit. Parallèlement, avec ses frères, il joue de la musique moderne, on disait de la pop. Puis, Philippe Oh San constitue avec le Police Pop Group, les frères Cassimally, Claudio et Michael tous deux policiers en font partie. Après c’est sous le nom de Young Ones que le groupe se produit en public.

À 25 ans, Claudio Cassimally quitte la fanfare policière pour tenter l’aventure en Afrique. Avec des amis musiciens et chanteurs dont Édouard Planche, Yvon Émile et Gérard Bergicourt, le fonctionnaire s’envole pour la Zambie.

Toutefois, peu de temps après, il rentre au pays et réintègre l’orchestre de la police à la demande du maestro Philippe Oh San. Ce dernier et son successeur permettent au musicien Cassimally de faire valoir ses talents dans l’industrie touristique naissante après les heures de travail.

Mais plus tard, un autre Bandmaster ne l’entendra pas de cette oreille. Claudio Cassimally est contraint de quitter définitivement la fanfare policière. Finalement, cela s’est révélé bénéfique. Le talentueux musicien s’affirme. Il se produit chaque soir dans les différents hôtels de l’île et fait partie des troupes en tournée dans des capitales étrangères pour promouvoir le pays comme destination touristique.

Parallèlement, Claudio gère son studio, produit cassettes et CD tout en assurant la formation de jeunes musiciens. Parmi ses élèves l’excellent trompettiste Philippe Thomas, parti se perfectionner aux États- Unis après son initiation à Coromandel.

Claudio Cassimally a récemment connu un moment de grande satisfaction. Le 12 mars 2018, la présidence de la République lui a octroyé une décoration. «C’est la reconnaissance d’une contribution discrète mais combien significative à l’éclosion des talents mauriciens», fait remarquer son épouse.

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