Bilan 2018: la one-stop-shop des PME refait surface

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Les petits et moyens entrepreneurs ont souvent des difficultés à avoir accès aux services d’accompagnement.

Les petits et moyens entrepreneurs ont souvent des difficultés à avoir accès aux services d’accompagnement.

C’est l’une des annonces-phares de Sunil Bholah. Alors qu’il dressait le bilan de son ministère pour 2018, mardi, le ministre des Entreprises et des coopératives, a annoncé la conversion de la succursale de la Mau-Bank, à la rue Pope-Hennessy, en branche spécialisée pour les petites et moyennes entreprises (PME). Celle-ci s’apparente donc à une one stop-shop pour les PME.

Selon le ministre, cette initiative vient de la banque elle-même et a pour objectif de faciliter les démarches de ces entrepreneurs afin qu’ils puissent effectuer toutes leurs transactions dans un même endroit. En ce qui concerne le SME Development Scheme Certificate, par exemple, toutes les démarches seront centralisées au sein du bureau de SME Mauritius, qui se trouve dans le même bâtiment que la MauBank, à la rue Pope Hennessy, à Port-Louis. Mais pour récupérer leurs certificats, les entrepreneurs doivent se rendre au siège social de la banque, à Ébène. «En créant une branche exclusivement dédiée aux PME, à côté de SME Mauritius, les entrepreneurs n’auront plus à se déplacer à différents endroits pour obtenir leurs certificats», explique le ministre. Ce projet s’apparente donc à un guichet unique pour les PME, souligne-t-il.

Si la forme est différente, l’idée de créer une one-stop shop est loin d’être nouvelle. Elle a été évoquée pour la première fois lors du discours budgétaire de 2015. Il était alors question de créer une SME Bank qui abriterait, dans ses locaux, tous les services relatifs aux PME sous un même toit. Le bâtiment avait même été identifié, soit la SICOM Tower, à Ébène.

Mais le projet n’a finalement pas abouti. À la place, les entrepreneurs ont eu droit à la MauBank, dont l’un des quatre piliers se trouve être le SME Banking. La MauBank s’est vu confier la responsabilité d’octroyer des facilités de crédits sous le SME Development Scheme, un programme de financement qui offre un prêt sans garantie à moins de 3 % d’intérêt, entre autres. Quant aux autres services relatifs aux PME, comme l’obtention de divers permis, ceux-ci ont été confiés à la Small and Medium Enterprises Development Authority (SMEDA), à travers MyBiz. Ces deux entités ont fermé pour faire place à SME Mauritius depuis janvier de cette année.

«Du neuf avec du vieux»

Que pensent les opérateurs de cette nouvelle initiative ? Bien qu’il ne se dise pas contre le principe, Amar Deerpalsing, président de la fédération des PME, estime que cette formule de onestop-shop ne suffit pas pour apporter un nouveau souffle au secteur. «Le ministère a choisi une liste d’objectifs à atteindre pour les PME, comme augmenter la part du secteur dans le PIB qui est actuellement de 40 %, faire grimper la contribution du secteur dans l’emploi ou encore à l’export. Or, quatre ans plus tard, rien n’a changé !», lance-t-il.

Amar Deerpalsing déplore également une sousutilisation du grand bâtiment de l’ex-SMEDA à Coromandel. Celui-ci comprend pourtant toutes les infrastructures nécessaires pour abriter un guichet unique pour les PME.

Pour Marie-Noëlle Elissac-Foy, co-fondatrice de la plateforme Smart Moves for Entrepreneurs, remettre sur le tapis l’idée de one-stop shop équivaut à «faire du neuf avec du vieux». «On parle une nouvelle fois de logistique et de bâtiment, mais qu’en est-il des problèmes de fond auxquels font face les PME ? Que fait-on pour les aider dans le concret ? Que fait-on pour les entrepreneurs du secteur des services qui sont les grands oubliés des différents Budgets et réformes ?», se demande- t-elle. D’ajouter que la communauté des entrepreneurs est toujours à attendre les résultats de SME Mauritius, qui selon elle, aurait dû avoir été créée plus tôt.

«Une one-stop-shop peut être virtuelle. Elle peut exister sous forme d’application mobile, par exemple. Ce sont les problèmes de fond, tels que l’accès au financement ainsi que d’autres services d’accompagnement qui auraient dû être la priorité», avance-t-elle.

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