Disque de l’année: des artistes veulent une reconnaissance nationale

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Jason Heerah affirme que remporter le concours est une fierté, mais n’apporte rien aux artistes.

Jason Heerah affirme que remporter le concours est une fierté, mais n’apporte rien aux artistes.

Les votes prendront fin le 31 décembre. Jusque-là, les auditeurs choisiront leur tube préféré et éliront le disque de l’année 2018. Prophecy, Sky to Be, Big Franki, Warren Permal, Jason Heerah ou Jerry and the Resistance… Ce sont là quelques-uns des artistes dont les titres sont sur les classements des radios privées. Une compétition qui ramène des cadeaux aux auditeurs mais que gagnent les artistes ? Rien, si ce n’est qu’une certaine popularité dont ils peuvent se passer. C’est en tout cas l’avis de plusieurs chanteurs interrogés par l’express.

«En 2017, je m’étais investi à fond. J’étais sur les réseaux sociaux. Je voulais jouer le jeu. C’était dans le cadre de la sortie de mon premier album. Mais cette année, je suis en retrait. Non pas que le titre ne m’intéresse pas. Il reste une fierté pour l’artiste mais il ne nous apporte rien.» Propos de Jason Heerah, artiste qui a sorti l’album Chasing Love en 2017. Cette année, la chanson d’Elijah, Coco, dont le producteur est Jason Heerah, est dans le classement des disques de l’année. Mais le producteur recherche plus.

«Pour moi, les disques de l’année, sont l’occasion pour les radios privées de faire de l’argent. Je ne le dis pas méchamment. Elles sont dans leur rôle. C’est normal. Ce que je veux dire c’est qu’il nous faut une vraie reconnaissance de la part du gouvernement», plaide Jason Heerah. Il affirme que si le gouvernement venait à vraiment s’investir, cela pourrait encourager les jeunes à se lancer dans la musique.

Une première !

En parlant de jeune justement, nous avons interrogé Franco Georgin qui répond au nom d’artiste de Bigg Franki. Son titre «One in a million» figure aussi dans la liste des disques de l’année. S’il remporte le titre cette année, ce sera une première pour lui. Mais il est conscient que cela ne changera rien à sa vie d’artiste qui vient tout juste de percer. «Je serai le même. Les artistes entre eux ne se sentent pas du tout en compétition. C’est important peut-être parce que cela nous fait un peu de pub. Mais rien de plus», souligne l’artiste. À ses côtés, d’autres jeunes artistes tels que Murvin Clélie, de Prophecy, tenteront pour la première fois de décrocher le titre.

Dans le milieu de la musique locale, nous avons aussi interrogé un jeune manager qui, par prudence, parle sous l’anonymat. Pour lui, il serait temps que Maurice fasse comme à l’étranger dans le domaine de la musique. Il citera les NRJ Music Awards ou les Billboard Music Awards. «Ce serait une reconnaissance nationale. Les disques de l’année sont une fierté pour l’artiste, c’est sûr. Mais ça s’arrête là. Il faudrait qu’enfin les politiciens réalisent l’importance des artistes», soutient-il.

Du côté du gouvernement, l’on se souvient de la première édition des National Awards qui s’est tenue en mai de cette année. C’est Serge Lebrasse qui a raflé le trophée dans la catégorie musique. La cérémonie a aussi récompensé les talents du cinéma, du théâtre ou encore de la littérature. Pour les artistes de l’univers musical, l’initiative est fort louable. Mais ils rêvent d’un jour où il existera un seul disque de l’année. Le même qui sera joué sur toutes les radios et qui aura donc une portée nationale.

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