Rugby: Leicester, des Tigres de papier

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Battus le 9 décembre 2018 par le Racing 92 d'Olivier Klemenczak à Nanterre, Adam Thompstone et Leicester peuvent encore se qualifier.

Battus le 9 décembre 2018 par le Racing 92 d'Olivier Klemenczak à Nanterre, Adam Thompstone et Leicester peuvent encore se qualifier. 

Leicester, c’était mieux avant: puissance du rugby anglais et européen dans les années 1990 et 2000, les «Tigers» de Geordan Murphy, troisième entraîneur nommé à leur tête en moins de deux ans, ont perdu leurs crocs et leur jeu d’avants.

Dix fois champion d’Angleterre, vainqueur de deux Coupes d’Europe (2001 et 2002), le puissant club des Midlands n’a rien gagné depuis 2013 (championnat d’Angleterre) et se retrouve, avant d’affronter le Racing 92 dimanche, réduit à se battre pour le maintien en Premiership.

Avec trois points d’avance sur la lanterne rouge, sa situation est bien précaire après neuf journées.

C’est un peu mieux sur la scène européenne, où son succès contre les Scarlets lui permet d’espérer se qualifier, à condition d’obtenir un résultat dimanche. Mais là encore, la défaite en France le week-end dernier n’incite guère à l’optimisme (36-26).

Depuis le limogeage en janvier 2017 de Richard Cockerill, ancien talonneur international et figure du rugby local, après dix ans à leur tête, les Tigers patinent, plongés dans une spirale dont ils peinent à s’extraire.

Si l’ancien All Black, Aaron Mauger, a pris le relais pendant trois mois, il a ensuite été débarqué en mars pour faire place à un autre ancien du club, Matt O’Connor.

Sans plus de succès: l’Australien a tenu six mois avant de prendre la porte, une semaine après le début de la saison, en septembre.

Un constat d’échec pour tout le club. L’entraîneur, qui avait perdu son vestiaire, n’avait de toute façon été choisi que par défaut, comme le candidat du compromis parmi les onze décideurs du conseil d’administration.

Lui a succédé en intérim l’ancien arrière irlandais des belles années, Geordan Murphy. Pas forcément une réussite pour l’instant au vu du classement et des roustes régulièrement reçues par l’équipe (neuf défaites en 13 matches cette saison).

-Passoire-

«Nous avons beaucoup de problèmes à résoudre», a récemment reconnu Murphy à la BBC. «Nous avons eu un début de saison particulièrement difficile et à partir de là, nous avons essayé de colmater les fuites du bateau toutes les semaines.»

Pourtant, selon la presse, le toujours populaire Irlandais dispose du soutien des dirigeants, qui voudraient l’installer sur le long terme et trouver un peu de stabilité.

Beaucoup de questions ont besoin de réponses. Notamment celle posée par les observateurs: pourquoi le club, qui a construit ses succès sur des avants dominateurs (Martin Johnson, Back, Rowntree etc.), a-t-il tant dépensé sur des arrières vedettes comme l’Australien Matt Toomua ou l’Anglais George Ford?

Les Tigers doivent revenir à leur tradition estime le Telegraph, qui juge que le pack n’est désormais plus que «l’ombre de lui-même».

Paul Gustard pourrait bien être l’homme de la situation, au poste de directeur du rugby, opérant ainsi un cran plus haut que Murphy. Mais l’ancien troisième ligne de Leicester est actuellement en poste aux Harlequins, après avoir rejoint la formation londonienne en mai à la suite de son départ de l’encadrement du XV de la Rose.

Selon le journal spécialisé The Rugby Paper, les Tigers ont fait une offre importante aux «Quins», même si pour l’instant le transfert ne s’est pas concrétisé.

L’ancien spécialiste de la défense de l’équipe d’Angleterre pourrait avoir un impact immédiat: les Tigers encaissent plus de 32 points en moyenne en championnat.

En attendant sa possible nomination, les fuites sont bien là. Aux Racingmen d’en profiter.

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