Geet gawai: deux ans au sommet

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Cela fait deux ans depuis que le geet gawai – les chants et danses folkloriques bhojpuri – est inscrit sur la liste du patrimoine intangible mondial. Deux ans d’un épanouissement sans faille.

Ouvrir 25 écoles de geet gawai d’un coup. Tour de force de la Bhojpuri Speaking Union. La présidente, Sarita Boodhoo, souligne que le but était d’arriver à un total de 50 écoles de geet gawai, pour les 50 ans de l’indépendance. C’est chose faite depuis hier, à l’issue de la cérémonie marquant les deux ans depuis que le geet gawai est inscrit sur la liste du patrimoine mondial.

Depuis 2013, date de l’ouverture de la première école à Petit-Raffray, 25 institutions de ce type avaient vu le jour à travers l’île, dans les centres sociaux et les sièges des conseils de village. Depuis hier, ce sont 25 nouvelles écoles qui ont été inaugurées. Leur particularité, souligne Sarita Boodhoo : elles font désormais une percée en région urbaine, notamment à Vacoas, Quatre-Bornes et Port-Louis.

«Le geet gawai se porte très bien», affirme-t-elle. «Il y a vraiment beaucoup de demandes pour l’ouverture des écoles.» L’engouement, dit-elle, a eu pour déclic l’ouverture de la première école de ce genre, à Petit-Raffray, en 2013. Les grandes célébrations, comme le mahotsav et l’utsav ont aussi contribué à ce rayonnement. «Le geet gawai a gagné en respectabilité», assure-t-elle. Le geet gawai est un art pratiqué par les femmes. Il était à l’origine réservé aux intimes, lors des veillées de mariage. Les manifestations publiques ont fait sortir le geet gawai du cadre familial pour monter sur scène. «Aujourd’hui, ces femmes qui ne jouissaient pas d’une grande considération ont gagné en estime de soi. Il y a eu un changement de mentalités, non seulement des pratiquantes elles-mêmes, mais de leur famille et de la société». D’autant plus que «ce n’était pas simple pour elles de monter sur scène».

Valeurs d’unité

Cette évolution s’est faite en douceur, estime la présidente de la Bhojpuri Speaking Union. Elle avait commencé au temps du Mauritius Bhojpuri Institute dans les années 1980. «Ouvrir des écoles de geet gawai donne une autre dimension à ces traditions». Si au début les élèves écrivent dans un cahier, au moment de se produire, il faut remiser les cahiers et laisser place à l’émotion. Car qui dit geet gawai dit les sentiments associés au mariage, aux liens qui vont unir deux êtres mais aussi deux familles. «Le geet gawai véhicule des valeurs d’unité», souligne Sarita Boodhoo.

«Nous ne leur apprenons pas seulement une façon de chanter, mais pourquoi il faut le faire. L’école donne aussi un cours sur ce que c’est que le patrimoine et comment le gérer.» Chaque école permet aussi l’apprentissage du bhojpuri, la langue qui véhicule les traditions du geet gawai.

Un gagne-pain

«Ce n’est pas qu’un fun», souligne la présidente de la Bhojpuri Speaking Union. Il existe des groupes qui gagnent désormais des salaires grâce au geet gawai, notamment les formations qui se produisent dans des établissements hôteliers. «Il existe désormais des centaines de groupes. Certains doivent être contactés des mois à l’avance parce que leur agenda est rempli.»

Geet gawai au conservatoire

Le conservatoire de musique François-Mitterand a un projet de Heritage Museum (musée du patrimoine). C’est dans ce contexte que les instruments du geet gawai vont figurer dans un musée. Il s’agit d’instruments rudimentaires : le lotha (pot en cuivre) et de la cuillère, le dholak, le chimta (des

clochettes sur un support), le lakri tal (morceau de bois), le tambourin et d’une «collection de capsules enfilées sur du fil de fer».

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