Réforme électorale: voter contre le projet de loi ou voter avec des réserves ?

Avec le soutien de
Même avec le soutien des Mauves, le gouvernement aura besoin d’une ou deux voix additionnelles pour que la loi soit adoptée.

Même avec le soutien des Mauves, le gouvernement aura besoin d’une ou deux voix additionnelles pour que la loi soit adoptée.

Jour décisif aujourd’hui, mardi 4 décembre. Le Constitution (Electoral Reform) (Amendment) Bill qui sera présenté à l’Assemblée nationale, aujourd’hui, par Pravind Jugnauth a toutes les chances de ne pas aboutir. Sans le soutien du Mouvement militant mauricien (MMM), la majorité de trois quarts ne sera pas atteinte.

À hier soir, le MMM qui compte six députés n’avait pas donné son soutien formel quant à un vote en faveur du projet de loi. Pour le leader des Mauves, Paul Bérenger, qui avait évoqué, en octobre, la possibilité de voter under protest, le texte est beaucoup plus nuancé, avait-il dit samedi, lors de sa conférence de presse. Il a renvoyé la question au bureau politique du parti tenu hier.

«Un non catégorique»

Voter contre ou voter avec des réserves ? La décision sera prise ce soir. C’est à la lumière de ce développement que se décidera l’avenir de la réforme électorale. À noter que même avec le soutien des Mauves, le gouvernement aura besoin d’une ou deux voix additionnelles pour que la loi soit adoptée.

Déjà, le Parti mauricien social-démocrate, avec ses neuf membres à l’Assemblée nationale, maintient sa position et ne compte pas soutenir le gouvernement. «Qu’on nous épargne cette aberration. S’il y avait deux projets de loi distincts sur le quota d’un tiers de femmes au Parlement et sur le transfugisme, on aurait certainement voté pour, en dépit de certaines lacunes. Mais dans l’état actuel des choses, c’est un non catégorique», soutient le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval. Idem pour les cinq députés du Parti travailliste (PTr).

Quant au Mouvement patriotique, il se prononcera résolument contre s’il n’y a pas d’amendements.

Ces nons éloignent la perspective d’atteindre les 52 voix nécessaires à l’adoption du projet de loi. D’autant que des députés et ministres de la majorité pourraient ne pas voter pour. En effet, ils sont plusieurs, comme le ministre de la Santé, Anwar Husnoo, et le député Bashir Jahangeer, à se positionner contre l’abolition du Best Loser System (BLS).

Le gouvernement pourrait blâmer l’opposition de cet éventuel échec. Or, celle-ci avance qu’il n’y a pas eu assez d’efforts de la part du Premier ministre (PM) pour les rassurer et aborder les faiblesses du projet de loi.

D’ailleurs, malgré les indications émanant du bureau du PM, il n’y a pas eu de concertation avec l’opposition afin de recueillir un consensus. Le chef du gouvernement, pour qui la présentation du Constitution (Electoral Reform) (Amendment) Bill est un impératif politique et juridique, n’a pas revu sa copie. Il espère toutefois que «chacun prendra ses responsabilités».

Seul le Deputy Prime Minister, Ivan Collendavelloo, qui, dans un esprit de consensus, avait demandé à l’opposition, notamment le MMM, de suivre l’exemple du Muvman Liberater en acceptant la réforme. Quitte à suggérer des changements acceptables à la proposition du gouvernement.

D’autre part, Rezistans ek Alternativ, qui se met à l’avant-plan de ce combat, est catégorique. Pour lui, le PM «pé fer sanblan amenn enn réform».

«C’est un gaspillage de fonds publics»

Actuellement, les points litigieux demeurent entiers. Si le chef de l’opposition se prononce contre le remplacement du BLS, qu’il qualifie de garantie constitutionnelle pour les «minorités», Xavier-Luc Duval dénonce aussi l’augmentation par 15 du nombre de députés. «C’est un gaspillage de fonds publics», dit-il.

De son côté, le leader du PTr, Navin Ramgoolam, n’accepte pas que l’attribution des additional seats soit confiée aux chefs de partis. Le MMM avait, lui, déploré que le nouveau système ne vient pas corriger les défauts du First Past the Post (FPTP). En effet, la majorité obtenue par le vainqueur des élections demeure intacte après l’attribution de sièges à la proportionnelle. Ce qui ne vient pas rétablir l’équilibre entre le pourcentage de votes et le nombre de sièges obtenus.

Les nouveaux amendements proposent d’augmenter le nombre de sièges de 62 à 63 sous le FPTP. Douze membres seront désignés sous le Proportional Representation Seats System, avec au minimum dix sièges additionnels pour remplacer le repêchage du BLS.

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Maurice est bel et bien engagé pour réformer son système électoral, tout en introduisant la proportionelle. C’étaient les propos de SAJ en 2015. Trois ans plus tard, le gouvernement a soumis ses propositions. Elles devront être validées au Parlement par une majorité des trois-quarts.  Ce qui est loin d’être gagné car la quasi-totalité des partis d’opposition se sont déjà prononcés contre.

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