Code pénal: «vendre ou acheter un service sexuel» pas un délit

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Parapli Rouz milite pour les droits des travailleuses du sexe.

Parapli Rouz milite pour les droits des travailleuses du sexe.

Session de travail enrichissante que celle organisée mercredi 28 novembre à l’intention des journalistes par l’organisation Parapli Rouz. Sophie Ganachaud, la coordonnatrice de cette organisation, a démoli les clichés pouvant être associés à ce métier. 

Le travail du sexe doit être considéré «comme un échange de services sexuels contre de l’argent/des produits/aliments/promotion entre deux adultes consentants». Des femmes font ce métier «pour nourrir leurs enfants, faire tourner leur cuisine et parce que c’est de l’argent qu’elles peuvent gagner immédiatement et pas toutes les quinzaines ou tous les mois. C’est un choix par rapport aux conditions de travail et aux aspirations d’une personne. Pour le faire, la personne doit être à l’aise avec sa sexualité. Mais cela ne veut pas dire qu’elle est une nymphomane. Elle exerce simplement un métier qu’elle peut arrêter et reprendre quand bon lui semble». 

Sont-elles toutes sous l’emprise de proxénètes ? Certaines travaillent seules alors que «d’autres ont des business partners comme un proxénète/une amie/ un chauffeur de taxi, qui veille sur leur sécurité». Les femmes qui font ce métier n’ont pas toutes été sexuellement abusées dans leur enfance. Les travailleuses du sexe détestent qu’on parle d’elles en termes de prostituées car elles estiment ce mot péjoratif et à lourdes connotations morales.

Nulle part dans le Code pénal, il n’est écrit que «vendre ou acheter un service sexuel est un délit». Sous la section «Importuning», il est question d’importuner quelqu’un en public pour une raison immorale, «ce qui n’a rien à voir avec un échange entre deux adultes consentants». 

Il y est aussi question de «comportement séditieux ou indécent d’un common prostitute» sous la section «Idle and Disorderly». Le proxénète tombe sous la section «Procuring, enticing and exploiting prostitute» et quand il s’agit d’un mineur, la section qui s’applique est «Debauching Youth».

«Le travail du sexe doit être considéré ‘comme un échange de services sexuels contre de l’argent/des produits/aliments/promotion entre deux adultes consentants’.»

Parapli Rouz déplore que les policiers appréhendent les travailleuses du sexe sous des prétextes fallacieux comme il est interdit de faire le trottoir ou trop de préservatifs sur elles. «Au poste lorsqu’il faut rédiger la déposition, c’est une autre histoire qui est écrite. Là, cela devient généralement ‘Importuning’. Elles signent pour avoir la paix. Les vrais crimes, comme le viol collectif qu’elles peuvent parfois subir, ne sont pas considérés. Le policier dira : ‘Dir fran, bann kliyan pa finn pey asé.’» 

Pour Parapli Rouz, «cette banalisation de la violence à leur égard fait que les gens les voient comme des criminelles, des voleuses de mari à qui il ne faut pas donner du travail, ni louer une maison». D’insister : «Elles ont les mêmes droits que tout le monde.» 

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