Christopher Corneille entre ciel et mer

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 Le jeune homme de 28 ans porte plusieurs casquettes.

   Le jeune homme de 28 ans porte plusieurs casquettes.

Il ne faut pas juger Christopher Corneille, qui a épousé la culture rasta, à son look. À 28 ans, l’habitant de Coteau-Raffin porte différentes casquettes depuis qu’il a rejoint la population active.

En dix ans, il a tour à tour été skipper, musicien, sauveteur en mer, moniteur de kitesurf et guide pour l’escalade de la montagne du Morne. Depuis 2014, le projet qui l’absorbe est l’enseignement de la voile aux jeunes afin qu’ils puissent naviguer. 

Christopher Corneille n’est pas originaire de la région. Il est né à Roche-Bois, mais sa famille est venue s’installer à Coteau-Raffin lorsqu’il était encore enfant. Depuis, il n’a pas bougé de là. «Aussi longtemps que je m’en souvienne, je n’ai connu que le village de Coteau-Raffin. J’ai grandi entre ce village et celui du Morne. C’est à Coteau-Raffin que j’ai appris à vivre et où j’ai été scolarisé», raconte-t-il. 
 

Il a étudié jusqu’au Grade 11 (ex-Form 5). «Ensuite, j’ai cherché du travail pour pouvoir survivre.» Armé d’une volonté de fer, il a commencé par apprendre le métier de pêcheur car c’était dans cette voie qu’il voulait s’engager. Christopher Corneille ne se doutait pas à l’époque qu’au gré de ses rencontres, ses désirs changeraient et qu’il jonglerait avec plusieurs choses et parfois pendant des années. 

De pêcheur, il s’est reconverti en skipper et s’est mis à découvrir d’autres activités sportives praticables au Morne. «Lorsque j’ai quitté l’école pour chercher du travail, c’était l’époque où la planche à voile était le sport-roi dans la région. Comme pour tout ce que j’avais appris jusque-là, j’ai eu la chance d’essayer de manier la planche à voile et j’ai réussi.» Christopher Corneille d’ajouter qu’«à un moment, c’était le kitesurf qui suscitait l’engouement et avec un ami kite-surfeur, je me suis mis à en faire».
 

Il finit par se passionner pour cette nouvelle discipline au point de décider de devenir instructeur de kitesurf. «Cela m’a pris du temps pour économiser et acheter mon propre matériel. J’ai dû tout faire pour être au top et me lancer comme instructeur de kitesurf. Mon ami et moi avons commencé à enseigner cette discipline avec l’aide d’un bateau. Nous étions les premiers à le faire dans la région»,  dit-il fièrement. 

 «Lorsque j’ai quitté l’école pour chercher du travail, c’était l’époque où la planche à voile était le sport-roi dans la région. J’ai eu la chance d’essayer de manier la planche à voile et j’ai réussi.»

À l’époque, Christopher Corneille cumulait emploi et enseignement. Il suit aussi une formation sur les métiers de la mer à la Mauritius Maritime Training Academy.  Celle-ci porte notamment sur le sauvetage en mer. «À l’époque où le kitesurf était devenu à la mode, il y avait pas mal d’accidents dans le lagon et des novices prenaient des risques. C’était pour leur venir en aide que nous avons mis en place une aide au sauvetage à laquelle j’ai participé.»

Mais ce sont les deux derniers projets dans lesquels Christopher Corneille s’est engagé qui comptent davantage à ses yeux. D’une part, il y a son implication avec Ti Régate qu’il a fondée. C’est une organisation qui propose des cours aux enfants souhaitant à apprendre à manier une pirogue à voile. «Je voulais donner aux enfants quelque chose qui pourrait leur servir, surtout s’ils vivent sur le littoral. Puis, c’est une façon traditionnelle de s’engager en mer et les traditions locales sont importantes à ce titre.»

 «C’est fou comme depuis que la montagne du Morne est ouverte aux gens, ces derniers lui manquent de plus en plus de respect. Ils polluent et ne respectent pas le paysage culturel. Ce qui est dommage.»

Le deuxième projet, qui a pris de l’importance dans sa vie, c’est l’ascension de la montagne du Morne. Christopher Corneille s’est pris de passion pour ce sommet et a suivi un cours animé par la Tourism Authority afin de devenir guide officiel et aider les intéressés à faire l’ascension de cette montagne. 

Mais l’attitude de certaines personnes envers ce sommet l’exaspère. «C’est fou comme depuis que la montagne est ouverte aux gens, ces derniers lui manquent de plus en plus de respect. Ils polluent et ne respectent pas le paysage culturel. Ce qui est dommage.» Il insiste : «Il faut que le gens comprennent que la montagne, comme le lagon et le village du Morne, font partie du paysage culturel.» 

Christopher Corneille ne manque pas de volonté et est toujours partant pour une nouvelle expérience, tant qu’elle est bénéfique au Morne.

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