Facettes cachées de… Ruben Bacha, les chiffres les voitures et les motos

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Ruben Bacha, directeur de Ruben Racing.

Ruben Bacha, directeur de Ruben Racing.

Ruben Bacha, directeur de Ruben Racing, représentant des luxueuses marques de motos Kawasaki, Ducati et Indian et de voitures Ssangyoung, élargit son offre en y ajoutant la prestigieuse marque de voiture de sport anglaise, Lotus. Expert-comptable de formation, son autre point fort est qu’il parle le langage auto-moto. 

Comment un expert-comptable finit par être le représentant de marques de motos de luxe ?
Après mes études de comptabilité, je travaillais six jours sur sept comme expert-comptable à Londres et au bout de dix ans, j’ai réalisé qu’à part le travail, je n’avais pas de vie. Le salaire était très bon mais c’était un cadeau empoisonné. J’ai demandé à mon manager combien de temps cela me prendrait pour passer à l’étape supérieure sur l’échelle hiérarchique, il a répliqué qu’il fallait compter cinq ans. Je ne me voyais pas continuer à vivre une vie aussi monotone. J’ai donc décidé de rentrer. Quand j’en ai parlé à ma mère au téléphone, elle était ravie car elle pensait que j’allais intégrer la compagnie de mon père, Bacha and Bacha. Mon père le croyait aussi. Je les ai détrompés. Je voulais faire quelque chose de stimulant et c’est ainsi que Ruben Racing a pris forme. Je suis le porteur d’affaires et mon père Anil est le financier. 

Vous êtes à la base un passionné de moto ?
Oui, depuis l’adolescence. J’ai eu ma première grosse moto à 17 ans et c’était la troisième moto que j’avais eue. Et j’ai continué à piloter des motos pendant mes études. Depuis 2009, je participe assez régulièrement aux courses sur circuit de vitesse à Dubaï et Bahrein. La moto, c’est ma passion.

Vous êtes parmi les derniers arrivés sur ce marché auto-moto. Comment faites-vous la différence ?
Les débuts de Ruben Racing il y a 12 ans ont été extrêmement durs car nos compétiteurs étaient installés depuis plus de 30 ans pour certains. Ce qui a joué en ma faveur, c’est le fait que les compétiteurs vendaient la grosse et la petite moto avec le prix comme principal argument de vente. Ils ne parlent pas le langage de la moto et des motards. Les motards ont l’amour de la mécanique, aiment les lignes de la moto elle-même ou encore la liberté que la moto leur procure. Il y aussi ceux qui aiment les sensations fortes. Les deux facteurs qui ont joué en notre faveur, c’est que j’ai été négocier sur place avec les fabricants. Il n’y a pas comme ce contact en face à face.  Et je fais des campagnes agressives de marketing en organisant des expositions dans les shoppings malls, en faisant appel à des hôtesses – j’ai été le premier à le faire - , en organisant des soirées exhibitions dans des hôtels comme Le Suffren ou Hennessy Park. Ce qui nous a sauvés lorsque le gouvernement a taxé les grosses motos en 2012, c’est que j’ai été négocier directement avec Kawasaki pour obtenir la Kawa Ninja 300 qui est une moto grand public. Cela a relancé le business. 

Pourquoi avoir choisi de diversifier votre offre et d’y ajouter les voitures Lotus ?
La voiture fait partie de mon plan initial depuis 2005. Nous avons commencé à représenter la marque coréenne Ssangyoung que nous avions repris d’Iframac quand cette entreprise a fermé ses portes. Dès 2012, j’avais contacté Lotus mais je n’avais pas eu de réponse. Lotus c’est la voiture de James Bond à l’époque de Roger Moore, de Richard Gere dans le film Pretty Woman, de Sharon Stone dans Basic Instinct. Lotus c’est une voiture de pilote de courses, championne de Formule 1 à six reprises. C’est en juillet 2016 qu’un directeur de cette usine de Norwich m’a contacté après avoir réalisé que les voitures de luxe sont un marché qui explose à Maurice. Il faudra aller démarcher le client et être très patient. 

Que faites-vous durant le week-end ?
Le week-end commence le samedi à 15 heures car avant ça, je travaille encore. Je regagne la maison où m’attend ma fiancée Karen Foo Kune – qui a rejoint le business Ruben Racing depuis peu - et là, nous décompressons. Nous allons dîner dehors ou Karen cuisine. Avec les nouveaux règlements par rapport au code de la route, nous avons abandonné l’habitude d’aller prendre un verre quelque part ou d’aller en boîte de nuit. Le dimanche, on chill out aussi. Si on ne fait pas un barbecue, on va dîner chez les parents de Karen ou chez les miens. 

Parlez-moi de votre famille ?
Ma mère se nomme Anita. Cette ancienne présidente du National Adoption Council s’est mise à l’écriture. Mon père Anil est expert-comptable. J’ai trois frères : Yogen, l’aîné, Toshlen, le troisième et Krsna, le benjamin, qui sont aussi experts-comptables. 

Cuisinez-vous ?
Je sais faire des pâtes au thon, un couscous merguez, des salades, un steak. Mais comme Karen est une pro de la cuisine, je préfère m’incliner. Je suis quelqu’un qui n’aime pas perdre une compétition. Et dans ce domaine, contre Karen, je pars perdant, je préfère me retirer. Karen fait de la cuisine santé. Elle aime être au top tout le temps. Moi je fonctionne autrement. Hors compétition, je me lâche et je peux manger n’importe quoi et prendre 10 kilos. Mais dès qu’il y a une compétition, je vais faire de la bicyclette en salle de façon intense et je me mets au régime. Sans motivation, je n’avance pas. 

Gourmand ou gourmet ?
Gourmet plutôt. J’aime bien un biryani bien fait, un bon canard laqué. Mais the ultimate pour moi est un couscous marocain. 

Pratiquez-vous du sport ?
Je vais à la gym quand il le faut, c’est-à-dire quand je dois perdre des kilos pour pouvoir tenir sur ma moto de courses. 

Quel livre lisez-vous actuellement ?
Le succès de Ruben Racing reposant sur les analyses des marchés et sur la façon de prévoir l’avenir, je lis donc beaucoup la presse auto-moto en ligne pour voir ce que les concurrents vont introduire et comment caler ma stratégie de vente en conséquence. 

Qu’écoutez-vous comme musique ?
Autrefois, j’écoutais beaucoup d’électro, de trans-techno en sortant du boulot ou en allant travailler. Depuis plusieurs mois, je n’écoute rien. J’ai besoin du silence pour continuer à réfléchir.

Qu’écoutez-vous à la radio ?
Les informations pour savoir ce qui se passe dans le pays.

Que regardez-vous à la télé ?
Rien à part les courses de moto. Quand je rentre, si la télé est éteinte, elle reste éteinte.  J’adore le cinéma mais comme les films en version originale sont programmés à 18 heures et que je ne quitte pas le bureau avant 19h30, c’est uniquement quand je suis à l’étranger que je vais au cinéma. Le dernier film que j’ai vu, c’était Young Pablo, film basé sur la vie du trafiquant de drogue Pablo Escobar. 

Pour vous, c’est quoi le bonheur ?
C’est réussir. Je déteste la défaite. C’est gagner dans la compétition, dans le business, dans la course de moto. Le bonheur, c’est aussi être bien entouré de ma fiancée, de mes parents, de mes frères et de leurs épouses et des vrais amis dénombrés à trois. Avec eux, je suis moi-même. 

Qu’auriez-vous souhaité réaliser avant de quitter ce monde ?
J’aurais souhaité que mes enfants un jour ou ceux de mes frères parlent de moi comme de quelqu’un qui a eu la vision et qui a révolutionné le business de la moto à Maurice. 

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