Bose Soonarane: «l’espoir pour les patients qui attendent une transplantation s’amenuise»

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Bose Soonarane, secrétaire de la Renal Disease Patients Association.

Bose Soonarane, secrétaire de la Renal Disease Patients Association.

Cela fait plusieurs mois que la Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Act a été votée. Et vous attenez toujours que les transplantations soient possibles…
En effet, l’espoir s’amenuise pour tous les patients. Rien n’a encore été fait. Même un comité n’a pas encore vu le jour. Le gouvernement a fait comprendre que l’hôpital Jawaharlal Nehru de Rose-Belle devait être mis à jour pour accueillir ceux qui allaient subir des transplantations. On nous a aussi promis que les médecins mauriciens allaient être formés à Marseille ou ailleurs. Ils devaient par la suite effectuer les opérations ici.

Plusieurs autres promesses ont été faites. On nous a promis que des campagnes de sensibilisation vont être organisées afin d’informer le public sur le sujet qui est la transplantation des reins. En 2006, le projet était déjà mort-né mais cette fois-ci, on ne voit rien venir. Et c’est inquiétant.

Plusieurs autres problèmes surgissent face à l’insuffisance rénale. Pouvez-vous nous en parler ?
Il n’y a pas assez de machines de dialyse pour les patients. En 2013, nous avions 141 machines pour 826 patients. Or en 2018, nous avons 144 machines pour 981 patients. Je ne vous parle que de ceux qui suivent des traitements dans les hôpitaux.

En somme, une machine est faite pour aider six patients. Il faudrait avoir 160 machines pour le nombre de malades que nous avons. Le ministère a fait comprendre qu’il va introduire 60 nouvelles machines. Mais la majorité vient remplacer celles qui sont vieilles et obsolètes. Après dix ans, il faut bien renouveler le stock. Surtout que les machines de dialyse ne coûtent pas autant. Le coût devrait tourner autour de Rs 250 000 à Rs 300 000.

Est-ce qu’il y a une différence entre ceux qui suivent des traitements dans le secteur privé et dans le public ?
On peut même dire que ceux du public sont mieux traités. Ils n’ont pas à stresser pour avoir leur dose d’érythropoïétine, qui permet de contrôler le taux d’hémoglobine du patient. Au cas où ils n’auraient pas cette injection, ils pourraient être amenés à avoir des pintes de sang. Pour éviter la transfusion, il faut leur administrer cette érythropoïétine.

Mais les patients de la clinique doivent aller chercher cette injection dans l’hôpital qui se trouve le plus proche de leur maison. En fait, cette injection peut être utilisée pour se doper. C’est pour cette raison qu’elle n’est pas en vente libre.

Un autre fait à souligner est le coût que les patients payent pour les services en clinique. Par mois, le gouvernement débourse entre Rs 1 500 et Rs 1 600 par patient dans les hôpitaux. Par contre, en clinique, le patient paye entre Rs 3 800 et Rs 4 000. Mais quand un étranger vient à Maurice, peut-être pour ses vacances, il doit verser Rs 12 000 à Rs 14 000 à la clinique. Il faudrait que le gouvernement mette un peu d’ordre dans cette affaire.

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