Il y a 49 ans: Amendements constitutionnels pour faciliter la coalition PTr-PMSD

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Raymond Rivet, l'un des deux députés du PMSD à voter contre les amendements constitutionnels.

Raymond Rivet, l'un des deux députés du PMSD à voter contre les amendements constitutionnels.

Le 19 novembre  1969

La presse du 19 novembre 1969 rapporte les débats qui ont eu lieu la veille à l’Assemblée législative avant le vote pour amender la Constitution. C’est la première fois que la loi fondamentale du pays est modifiée depuis l’indépendance, le 12 mars 1968.

L’objectif des amendements constitutionnels est de faciliter l’entrée au gouvernement du Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD). C’est ainsi que des articles de la constitution sont amendés pour permettre entre autres l’augmentation du nombre de ministres de 18 à 21 et la création de 10 postes de secrétaires parlementaires. Les élections générales qui devaient avoir lieu au plus tard en 1972 sont renvoyées à 1976.

Dans un premier temps, des députés du PMSD s’opposent à ces propositions d’amendements constitutionnels. Cependant le jour du vote plusieurs d’entre eux, dont Guy Ollivry, Gaëtan de Chazal, Jocelyn Maingard, Reynald Olivier, Yvon St Guillaume et Clément Roussety rallient la direction de leur parti. Maurice Lesage et Raymond Rivet se retrouvent seuls dans la dissidence.

Lesage et Rivet joignent leurs voix à celles des parlementaires de l’Independent Forward Block de Sookdeo Bissoondoyal, pour dire non aux amendements constitutionnels. Dans son argumentation, Maurice Lesage fait ressortir que l’augmentation du nombre de ministres et la création des postes de secrétaires parlementaires donneront une position dominante à l’exécutif par rapport au législatif. Ce qui est le cas aujourd’hui encore. Le leader de l’IFB s’oppose également au projet de loi. A un moment, Il se sent indisposé et met fin à son intervention.

Après le vote favorable au projet de loi, Sir Seewoosagur Ramgoolam, Premier ministre et leader du Parti Travailliste (PTr) rejoint Gaëtan Duval, le leader de l’opposition et du PMSD pour une accolade.

La constitution de la coalition donna lieu à un vide politique qui favorisa l’émergence du Mouvement Militant Mauricien (MMM). Le gouvernement de coalition conduisit une politique anti-démocratique avec arrestation de leaders politiques et censure de la presse jusqu’aux élections de 1976.

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