Best Woodwork 2018: Jyotsna Tarachand Khurug, 10 ans, et son bijou de boîte en bois

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La petite Jyotsna Tarachand Khurug veut continuer à faire de la menuiserie.

La petite Jyotsna Tarachand Khurug veut continuer à faire de la menuiserie.  

Jyotsna Tarachand Khurug, que ses parents Chandnee et Sanjay couvent du regard, n’en revient pas d’avoir remporté ce trophée. Elle était persuadée que la première place allait se jouer entre deux autres élèves, même si elle était consciente de s’être particulièrement appliquée.

«Mo pa ti pé expect pou gagn sa konkour-la. Enn zélev ti fer enn plakar ek li ti pé met so bann tirwar ek so laglas tou. Mo ti pé pansé li ti pou gagné. Enn lot ti fer enn port boutey divin ki ti kouma enn espes bwat ek so létazer pou met divin enn koté ek bann ver lot koté. Mo ti sir ki enn ou lot ti pou gagné», raconte Jyotsna Tarachand Khurug, les yeux brillant de plaisir.

Même lorsque le maître de cérémonie annonce son nom comme la gagnante du Best Woodwork 2018, il estropie son prénom, si bien qu’elle ne réalise pas que c’est d’elle dont il est question. Ce n’est qu’au moment où elle entend prononcer son nom de famille qu’elle réagit. «Mo ti inpé soké.»

«Mo pa ti pé expect pou gagn sa konkour-la. Enn zélev ti fer enn plakar ek li ti pé met so bann tirwar ek so laglas tou. Mo ti pé pansé li ti pou gagné.»

Sa mère, qui est CSSD Assistant à l’hôpital Jeetoo, et son père, entrepreneur à son compte, l’étaient aussi. Lorsqu’ils ont vu la fameuse boîte à bijoux en bois vernis brun, le premier choc passé, l’émotion et la joie ont pris le dessus. L’ouvrage a été réalisé au cours de sa formation offerte par le Rotary Club de Port-Louis.

Mais Sanjay Khurug n’a pas l’air étonné que sa fille cadette ait maîtrisé les bases de la menuiserie en si peu de temps Car, dit-il, Jyotsna est curieuse de tout. Et lorsqu’elle ne sait pas faire quelque chose, elle demande des explications. «Elle est curieuse et créative.».

«Ler ou raboté, ou fer dibwa-la vinn iniform. Ler ou poli, ou bizin tir so lapousier, so lavenn. É parfwa, mem ou raboté, bann lavenn-la pa sorti. Ou bizin pas rabo trwa zour lor la.»

Jyotsna Tarachand Khurug est scolarisée à l’école Elsie Prele, établissement en zone d’éducation prioritaire. Elle est généralement parmi les meilleures élèves. Son bulletin indique qu’elle est sortie première de la classe aux derniers examens.

Lorsqu’elle apprend, en janvier, que son école et la Hurrypersad Ramnarain Government School ont été choisies pour bénéficier du programme Classes des Métiers du Rotary Club et que les élèves de Grades 5 et 6 sont invités à y participer, la petite fille se renseigne. Elle apprend alors que sont proposées la peinture, la gravure sur bois et la menuiserie. Elle penche plutôt pour la menuiserie, du fait que la peinture fait déjà partie de ses activités scolaires. Par contre, la menuiserie est une terre inconnue.

Elle s’en ouvre à son père, qui partage son avis. Elle se décide. Trois fois la semaine, après les heures de classe, elle reste à l’école jusqu’à 16 h 45 pour suivre les cours de menuiserie. M. Spéville anime la formation pour les 11 élèves de Grade 5 participant. Tous ne sont pas aussi assidus qu’elle. «Éna ki pa vinn kour é ki al promné dan lakour. Éna ki pran sa létan-la pou manzé. Éna lot ki pa vini ditou.»

De son côté, elle ne s’est absentée qu’une seule fois. C’était pour assister à une prière à domicile le jour de son anniversaire. Elle s’est rattrapée à partir des feuilles polycopiées distribuées. Jyotsna absorbe tout ce que dit M. Spéville à propos du choix du bois, qui doit être propre, bien poli et lisse. Elle trouve plus facile de raboter le bois que de le polir. «Ler ou raboté, ou fer dibwa-la vinn iniform. Ler ou poli, ou bizin tir so lapousier, so lavenn. É parfwa, mem ou raboté, bann lavenn-la pa sorti. Ou bizin pas rabo trwa zour lor la.»

«Mo pa koné si mo pou gagn létan kontinié fer ménwizri. Mé mo pou séyé.»

Elle sait, dès la fin du premier trimestre, qu’elle va réaliser une boîte à bijoux après avoir feuilleté le catalogue apporté par M. Spéville. Elle suit toutes les procédures méticuleusement pour que sa boîte soit lisse et qu’elle puisse la vernir afin qu’elle ait sa belle couleur sombre. M. Spéville lui conseille de mettre du velours rouge à l’intérieur. C’est ce qu’elle fait. Pour une néophyte, le résultat est surprenant. Sa boîte à bijoux est bien lisse et brillante, reposant sur un socle de bois. Sur son couvercle figure un tatouage de rose.

Le 30 octobre, Jyotsna a reçu son prix. Elle est consciente que sans l’encadrement et les encouragements de M. Spéville, elle n’aurait pas obtenu un tel résultat. Elle aurait voulu pouvoir continuer à faire de la menuiserie l’an prochain mais n’en est pas sûre, car ce sera l’année du Primary School Achievement Certicate. «Mo pa koné si mo pou gagn létan kontinié fer ménwizri. Mé mo pou séyé.» Elle s’est mis en tête de réaliser un placard pour sa mère. Et quand, du haut de ses dix ans, Jyotsna Tarachand Kurug a mis quelque chose dans sa tête, dure comme du bois, il est difficile de lui faire changer d’avis.

Un programme qui tient la route depuis huit ans

Le programme «Classes des Métiers» pour les écoles ZEP, organisé par le «Vocational Service Committee» du Rotary Club de Port-Louis, a été lancé il y a huit ans. Il ne s’est pas arrêté depuis.

Près d’un millier d’enfants des écoles ZEP de la capitale ont suivi ce programme. Son objectif est de freiner le taux d’absentéisme scolaire, de rehausser le taux de réussite académique, de développer la créativité des enfants pour qu’ils arrivent à mieux apprendre, s’instruire et s’auto-discipliner. En les occupant ainsi plusieurs après-midi par semaine, le Rotary Club de Port-Louis, présidé cette année par Ming Chen, estime qu’ils sont moins exposés à l’oisiveté et aux dérives de toutes sortes.

Ce programme a un budget annuel de Rs 200 000 par école. Le Rotary Club de Port-Louis est aidé par des parrains. Cette année, ils sont Elytis, Engen Petroleum Mauritius Ltd, Unicorn Trading, la SICOM Foundation et Schindler’s Trust Ltd.

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