Eaux usées à Rose-Hill: «Mo pou laba dan weekend», dit Bodha

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Les habitants de la localité sont devenus «prisonniers» dans leur propre maison.

Les habitants de la localité sont devenus «prisonniers» dans leur propre maison.  

Deux semaines après les cas d’inondation de maisons et de commerces à Rose-Hill, suite à un tuyau d’eaux usées endommagé, imputé aux travaux liés au Metro Express, et après une répétition des événements mardi, le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, compte effectuer une visite des lieux ce week-end. Face à la presse, hier, jeudi 15 novembre, le ministre s’est montré rassurant, arguant que ces inondations à Rose-Hill sont désormais choses du passé. Il a aussi annoncé que des travaux de déviation débutent lundi.

Concernant les cas d’inondation à la rue sir Virgil Naz, le ministre affirme qu’il suit la situation de près. «Mo bien sagrin ki finn ariv sa é mo pou pas laba dan weekend.» Il s’est dit satisfait de la façon dont les autorités ont géré le problème, notamment durant les événements de mardi. «Zot finn métriz li pli vit parski zot ti déza sir plas.» Par ailleurs, Nando Bodha a réitéré le fait que les commerçants affectés par ces incidents seront dûment compensés. La compagnie Larsen & Toubro a ouvert un bureau d’assistance, afin de compiler les doléances.

Travaux de Wastewater: des déviations prévues lundi

Des travaux seront entrepris pendant deux semaines pour remplacer le tuyau de tout-à-l’égout endommagé à la rue sir Virgil Naz, le 29 octobre. C’est la raison pour laquelle la route longeant le Central Electricity Board et la gare routière jusqu’au rond-point de Rose-Hill sera fermée à la circulation à partir de lundi, a déclaré une source proche du dossier.

Ainsi, le trafic à la rue sir Virgil Naz et une partie de Vandermeersch sera dévié. Pour se diriger vers la gare de Rose-Hill, les autobus doivent emprunter la route qui longe la MCB en direction de la Place Margéot et le showroom de Galaxy. De là, ils pourront entrer en gare.

Des habitants souffrent de divers maux

Ils sont devenus «prisonniers» dans leur propre maison. Avec la mauvaise odeur, les matières fécales, les moustiques, les maux de tête et d’estomac… les habitants de la rue sir Virgil Naz sont dépassés. À tel point qu’ils ont servi une mise en demeure à Larsen & Toubro, hier.

Eaux usées, matières fécales sur la route, odeur nauséabonde, insomnie… Les habitants de la rue sir Virgil Naz, à Rose-Hill, ont tout connu en l’espace de deux semaines. Malgré la présence d’une équipe médicale lors des premiers jours, cela n’a pas empêché les résidents de tomber malades.

En regardant ses jambes rougies par les piqûres des moustiques, cette habitante, âgée de 85 ans, trouve quand même le moyen de sourire. «Cela me fait mal. J’ai perdu le sommeil tellement cela me fait souffrir. Je n’arrête pas de me gratter.» Fataliste, elle confie qu’elle ne peut lutter contre la maladie. «Je suis prisonnière dans ma propre maison.» Elle habite avec sa sœur aînée âgée de 90 ans et son frère âgé, lui, de 81 ans. «Nous devons rester avec les fenêtres et portes fermées tous les jours.»

Un peu plus loin, autre cas de figure. «C’est surtout l’odeur nauséabonde qui nous a causé le plus de tort», confie cette femme d’une quarantaine d’années. Elle raconte qu’elle a souffert de maux de tête et d’estomac. «J’ai souvent eu envie de vomir. Et puis, j’ai dû jeter de la nourriture. Nous avons dû aller manger chez d’autres membres de notre famille

D’autres déplorent les conditions insalubres auxquelles ils ont dû faire face. L’un des habitants, Simon C., a dû faire admettre son épouse en clinique pendant deux jours. Cette dernière a eu une gastro.

Un peu plus loin, l’on rencontre Krishnee Gumbheer. Gérante d’un snack, elle s’est rendue à l’hôpital Victoria, à Candos, souffrant de la gorge. «Cette odeur était tellement désagréable que j’ai ressenti des douleurs à la tête et à la gorge. À l’hôpital, on m’a remis un flacon de sirop mais cela n’a pas aidé. J’ai dû avoir recours au service d’un médecin payant qui m’a également donné des sirops à prendre.» Ce n’est qu’après quelque temps que la douleur s’est estompée.

Moustiques et rats

Pour le Dr Nawfal Atchia, généraliste, des précautions auraient dû être prises. «Les habitants devaient éviter de boire l’eau de provenance douteuse. Il fallait en acheter au supermarché.» Autre problème : la présence de moustiques et de rats. «Il est très important que les autorités suivent cela de près. Cela peut engendrer la malaria, la dengue ou encore le choléra. Des situations d’humidité et d’insalubrité en sont la cause.»

Le médecin s’attarde aussi sur l’anxiété que ressentent les habitants. «Ils ne dorment pas à cause du bruit et de l’odeur. Le manque de sommeil peut engendrer des maladies.» Il craint qu’ils développent une forme de psychose à chaque fois qu’il pleut.

Interrogé sur les risques que courent les habitants de la région, le ministère de la Santé a souligné que le protocole d’urgence a été mis à contribution. Ce problème, considéré comme de grande envergure, a nécessité le déploiement de plusieurs officiers sur le terrain. Après une rapide inspection, les officiers ont pratiqué la fumigation et appliqué des produits pour éviter la propagation des maladies. De son côté, le National Disaster Risk Reduction and Management Committee dit suivre de près la situation.

Metro Express Ltd : «aucun problème de santé»

Metro Express Ltd (MEL), à hier, n’était au courant d’aucun problème de santé suite au débordement des eaux usées. Abhai Neermaull, Communication Manager de MEL, répondait à «l’express». Tous les tests effectués par les autorités concernées ont confirmé qu’il n’y avait eu aucune contamination ou aucun danger pour la santé publique. En ce qui concerne les requêtes de dédommagements, le porte-parole de MEL réplique que la compagnie est en communication régulière avec les habitants concernés.

À ce jour, toutes les mesures ont été prises et tout a été rétabli. Pour MEL, toutes les dispositions ont été prises en étroite collaboration avec les autorités concernées pour que des inconvénients de ce genre ne se reproduisent pas. La méthode de travail avec le consultant RITES a été revue.

Autre changement : des parkings alternatifs seront offerts à ceux qui ont des coupons de parking réservés à la Place Margéot, à côté de la MCB. L’on affirme que ces automobilistes se verront proposer des parkings un peu plus loin, soit en face du showroom de TFP.

La police sera sur place pour guider les automobilistes et fluidifier le trafic.

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