Shameem Korimbocus censuré: l’immigration dubaïote renvoie la balle à la police

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«L’express» a envoyé un courriel au «General Directorate of Residency & Foreigners Affairs». Le récipiendaire a répondu que notre requête est hors de leur juridiction.

«L’express» a envoyé un courriel au «General Directorate of Residency & Foreigners Affairs». Le récipiendaire a répondu que notre requête est hors de leur juridiction.

«L’express» est remonté jusqu’à la source de la convocation de l’internaute Shameem Korimbocus à Dubaï. Nous avons appelé sur les deux numéros de téléphone qui ont pris contact avec le Mauricien mercredi dernier. Un seul a décroché. À l’autre bout du fil, une voix masculine. Après lui avoir fait part de notre requête, la personne nous a demandé de patienter avant de passer le téléphone à quelqu’un d’autre. Ce dernier devait répliquer ne pas connaître Shameem Korimbocus. «I don’t know this guy. Maybe it’s a mistake. A lot of people use this number.»

Par contre, notre interlocuteur nie travailler pour les services de l’immigration. Il dira simplement : «You’re calling at a company.» Avant de nous demander de ne plus rappeler sur le numéro en question. Par ailleurs, nous avons aussi adressé un courriel au General Directorate of Residency & Foreigners Affairs, où l’internaute mauricien a été convoqué jeudi dernier. Le récipiendaire du courriel nous a répondu que notre requête est hors de leur juridiction et que nous pouvons contacter la police de Dubaï à ce sujet.

Confronté à cela, hier, lundi 12 novembre, Shameem Korimbocus aura cela comme réplique : «Ils ne diront rien. Il s’agit de la High Security. Nous sommes à Dubaï ici.» Ajoutant que désormais il se tient prêt à tout. «Beaucoup de personnes dont des membres de l’opposition m’ont contacté pour me soutenir. Sauf le gouvernement mauricien, qui m’a délaissé», fait-il valoir. De rappeler que c’est au poste de police de Deira qu’on lui a demandé de se rendre lorsqu’il avait reçu un premier appel deux semaines de cela. Comme il ne s’y est pas rendu croyant que c’était une blague, c’est là qu’il a été convoqué jeudi à l’immigration, où deux représentants de la High Security l’ont alors interrogé.

Soodhun absent à la réunion parlementaire

Ses collègues ministres et députés, dont ceux du Mouvement socialiste militant, l’attendaient au tournant. Lui, qui lors du bureau politique du MSM, au Sun Trust, samedi, a déclaré n’avoir rien à voir avec l’affaire Shameem Korimbocus, comme certains veulent le faire croire. Avant qu’une bande sonore diffusée plus tard le même jour ne vienne révéler le contraire. Sauf que Showkutally Soodhun a tout bonnement brillé par son absence à la réunion parlementaire qui a duré 15 minutes chrono hier, de 14 h 10 à 14 h 25.

Aucune mention de l’affaire Shameem Korimbocus n’a été faite lors de ce rendez-vous hebdomadaire de la majorité à la veille de chaque séance de l’Assemblée nationale. Motus et bouche cousue toujours du côté du bureau du Premier ministre, à qui nous avons fait parvenir nos questions sur les incohérences de deux membres du gouvernement, dont le Premier ministre, dans cette affaire. Par contre, selon nos recoupements à l’Hôtel du gouvernement, Pravind Jugnauth est remonté suite à la tournure qu’a prise cette affaire avec la diffusion de la bande sonore.

Rappelons que Nazeer Abdoola, l’un des deux interlocuteurs de l’enregistrement, a confirmé à «l’express dimanche» que l’autre personne avec qui il s’entretient au bout du fil est le député du n°15, La Caverne-Phoenix. Showkutally Soodhun y déclare, entre autres, être intervenu auprès d’un bon ami à lui à Dubaï pour que l’internaute Shameem Korimbocus, plus connu comme Shameem Onenonly sur Facebook, ne soit pas expulsé de ce pays où il est installé depuis huit ans. Et que c’est une enquête d’Interpol qui serait à l’origine des trois heures d’interrogatoire de Shameem Korimbocus par les services d’immigration dubaïotes jeudi dernier. Ce, alors que le chef du gouvernement a, lui, affirmé à Montagne-Blanche, vendredi, que ni son bureau, ni la police, ni aucune autre autorité mauricienne n’a donné de directive en ce sens.

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