Raj Aubeeluck: «J’ai sauvé la vie de deux PM»

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Raj Aubeeluck, qui a aidé SAJ à échapper à la mort mais qui a aussi aidé Navin Ramgoolam.

Raj Aubeeluck, qui a aidé SAJ à échapper à la mort mais qui a aussi aidé Navin Ramgoolam.

Sans lui, pas de deal «papapiti», pas de «Judicial and Legal Provisions Bill» ou autres joyeusetés. Mais n’allons pas faire comme Terminator et remonter dans le temps pour changer l’histoire. Contentonsnous d’écouter Raj Aubeeluck, qui a aidé SAJ à échapper à la mort mais qui a aussi aidé Navin Ramgoolam…

 
 

6 novembre 1988 – 6 novembre 2018. Trois décennies se sont écoulées depuis que ce fidèle du Parti travailliste (PTr) a sauvé la vie de sir Anerood Jugnauth (SAJ), alors Premier ministre (PM). Raj Aubeeluck n’est pas prêt à oublier ce jour où il s’est transformé en sauveur.

Mais d’emblée, celui que l’express a rencontré à son domicile, à Rose-Hill, fait une parenthèse. Il dit avoir «sauvé la vie de deux Premiers ministres». Le premier étant celui qui est maintenant le ministre mentor, alors que l’autre est le leader du parti auquel il a adhéré, Navin Ramgoolam.

L’ancien maire de BeauBassin–Rose-Hill fait un détour rapide par cet incident. «En 2000, lors de la proclamation des résultats des élections générales, j’étais avec Navin Ramgoolam à Pamplemousses. Boukou dimounn ti kit li ti alé. Il n’y avait même pas de renfort policier. Les gens commençaient à envoyer des projectiles en sa direction. C’est alors qu’un autre sympathisant et moi avons fait sortir le leader du PTr par la porte arrière pour prendre sa voiture», raconte Raj Aubeeluck, père de trois enfants âgés entre 16 et 29 ans.

Retour sur l’autre incident qu’il a dû raconter des centaines de fois à qui voulait l’entendre au fils des dernières 30 années. Dimanche 6 novembre 1988. «C’était aux alentours de 13 h 30 ou 14 heures. On était au siège de l’Arya Samaj, à Trèfles, Rose-Hill. Le chef du gouvernement d’alors, SAJ, était l’invité d’honneur à une prière. Son épouse, Lady Sarojini Jugnauth, y était aussi. Moi, je dirigeais les invités vers leur siège.» Il se trouvait devant le podium lorsqu’il a soudainement entendu une voix dire ceci: «Pa bouzé sinon mo tiré.» «En me retournant, j’ai vu un des prêtres attraper SAJ par le cou et tendre un fusil sur sa tempe. Sur le coup, je me suis demandé si c’était une blague. Ensuite, j’ai vu un autre fidèle, Sugrim Fowdar (NdlR, décédé depuis une dizaine d’années maintenant) foncer sur le prêtre. C’était une personne âgée, il avait du mal à s’y prendre. J’ai alors prêté main-forte. En me dépêchant, mo lipié inn tap ek Lady Sarojini Jugnauth. À deux, on a jeté le religieux par terre. Ce faisant, un coup de balle est parti dans l’air», relate Raj Aubeeluck.

 Ce n’est qu’après coup – sans jeu de mot – que ce dernier s’est dit qu’il aurait pu prendre cette balle. «Quoi qu’il en soit, je n’ai que fait mon devoir. Une autre personne à ma place aurait fait la même chose. À cet instant-là, il fallait agir vite et c’est ce que j’ai fait», déclare celui connu pour le port inconditionnel de la chemise rouge.

Un incident qui a été rapporté dans la presse locale mais aussi régionale. Raj Aubeeluck nous montre un magazine réunionnais sorti en mars 1989, retraçant cette attaque manquée sur le PM mauricien de l’époque. «À cette période de ma vie, je travaillais dans le tourisme. Donc, je me rendais souvent à l’île sœur. Les habitants me parlaient de cet incident», renchérit le quinquagénaire.

Même à Maurice, les gens l’abordaient à ce sujet-là où il passait. «Les ministres d’alors m’avaient passé des coups de fil. Auparavant, on n’avait pas de téléphone. Donc, les gens téléphonaient à la boutique d’à côté et on demandait à mon épouse de m’appeler pour répondre aux appels», se souvient encore cet ancien conseiller municipal.

A-t-il eu droit à une récompense quelconque pour son acte de bravoure ? «SAJ m’avait dit que je pouvais me tourner vers lui si jamais j’avais besoin de son service. Mais je ne l’ai jamais fait», répond Raj Aubeeluck. Par contre, il a eu l’occasion de rencontrer le ministre mentor à d’autres occasions. Lors de prestations de serment à la State House ou à la Garden Party. Il en conserve même, précieusement, une photo.

Même si le temps a passé, les gens, surtout ceux de la génération de Raj Aubeeluck, parlent toujours de cet acte d’héroïsme, affirme le principal concerné. Tout en avouant qu’il est fier d’avoir sauvé la vie d’une personne (et pas n’importe laquelle !). Il avance qu’«il est de notre devoir de venir en aide à toute personne en difficulté».

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