Fécondation in vitro: plus de 200 bébés nés à Maurice en 20 ans

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(De g. à dr.) Les Dr Ah Fat Wong Ten Yuen, Vandamme, Chavrimootoo, Verrougstraete et Ng Kuet Leong.

(De g. à dr.) Les Dr Ah Fat Wong Ten Yuen, Vandamme, Chavrimootoo, Verrougstraete et Ng Kuet Leong.

Les deux premiers bébés-éprouvette nés à Maurice ont fêté cette année leurs 20 ans. En effet, Bio-Life, le premier centre de procréation assistée pour couples infertiles, a ouvert ses portes à Maurice en 1997. Depuis, plus de 200 bébés mauriciens y ont été conçus grâce à une fécondation in vitro.

Parmi ceux-ci, les deux premiers bébés nés de cette pratique l’année suivant l’ouverture du centre. Sans compter les 280 autres Mauriciens conçus de la même manière au centre in vitro Jeanne d’Arc à La Réunion, référés par des gynécologues mauriciens. 

C’est au Domaine des Aubineaux, à Forest-Side, que les gynécologues Mario et Brigitte Ng Kuet Leong, fondateurs de la Clinique du St-Esprit et du centre Bio-Life, ont reçu leurs principaux collaborateurs et amis pour célébrer leurs 20 ans de pratique de la fécondation in vitro (FIV) dont ils sont les pionniers à Maurice. Le Dr Robert Fernando, psychologue clinicien et ami du couple Ng Kuet Leong, a rappelé que la Clinique du St-Esprit a été inaugurée par le cardinal Jean Margéot le 4 août 1996. 

Pour Mario Ng Kuet Leong, ancien élève du collège du St-Esprit, qui avait brillé au cours de sa scolarité, de même que lors de ses études universitaires à l’étranger, c’est un rêve devenu réalité. Il avait toujours voulu offrir aux Mauriciennes un centre moderne de gynécologie, doté d’équipements de pointe et accompagné d’une prise en charge humaine et le moins coûteux possible. Au bout d’un an, le couple Ng Kuet Leong a réussi à se forger une clientèle et à la fidéliser. 

Mais au fur et à mesure que Mario et Brigitte Ng Kuet Leong avançaient dans leur pratique, ils étaient confrontés à la souffrance de conjoints infertiles, rejetés bien souvent par leurs proches, justement en raison de cette incapacité à procréer. Ils savaient que la FIV avait fait ses preuves depuis 1978 en Europe et que les couples qui avaient les moyens l’essayaient à l’étranger. Notamment à La Réunion où le biologiste médical Jean Marie Verrougstraete et le gynécologue obstetrician Guy Baroche avaient ouvert un centre de procreation assistée à la clinique Jeanne d’Arc au Port dans les années 80. Mario et Brigitte Ng Kuet Leong ont d’abord référé les couples infertiles à ces spécialistes basés à La Réunion. 

En 1997, les Ng Kuet Leong ont mis sur pied dans leur clinique un laboratoire technologique d’assistance à la procréation, baptisée Bio-Life, dans l’optique d’offrir la FIV aux couples n’ayant pas les moyens de se rendre à La Réunion. Les Dr Verrougstraete et Baroche se déplaçaient régulièrement à Maurice pour pratiquer la FIV et coacher Mario Ng Kuet Leong, son épouse et leur équipe. 

«Un journal nous a qualifiés de Baby Makers. Ce n’est pas vrai. Nous sommes simplement des collaborateurs du Tout-Puissant.»

Mario Ng Kuet Leong a rappelé que le centre Bio-Life a toujours favorisé «un service de qualité avec une approche humaine et holistique, adaptée aux conditions locales». Ce centre a effectué ses quatre premières fécondations in vitro sur quatre patientes en juillet 1997. L’une des femmes concernées a pu mettre au monde des jumeaux par césarienne en février 1998. Soit, un garçon et une fille, aujourd’hui âgés de 20 ans. 

À partir de là, le centre Bio-Life était lancé et a effectué jusqu’ici plus de 200 FIV. En tenant compte de ces 200 enfants nés de la FIV pratiquée au centre Bio-Life et les couples de Mauriciens référés par le couple Ng Kuet Leong et d’autres gynécologues, dont le Dr Roy Chavrimootoo, au centre du Port à La Réunion avant que la FIV ne soit pratiquée à Maurice, cela fait plus de 480 enfants mauriciens nés à partir de la procréation assistée, a précisé le Dr Jean Marie Verrougstraete. 

Pour ce faire, ce biologiste médical a parcouru le monde pour «aller chercher les recettes des laboratoires». Il a travaillé entre autres avec le professeur belge Pierre Vanderzwalmen et ses équipes, qui ont mis au point l’injection cytoplasmique pour traiter l’infertilité masculine, de même que la vitrification des ovocytes, soit leur congélation ultrarapide pour leur assurer un taux de survie supérieure à 90 % et augmenter les chances d’une procréation médicalement assistée réussie. 

«Le souci est de faire profiter en permanence la Clinique du St-Esprit de toutes ces technologies de pointe avec l’équipe de La Réunion et se mettre à la disposition de couples aux revenus plus modestes.»

Ces techniques ont été introduites au centre Bio-Life respectivement en octobre 2000 et en mai 2014. La maîtrise de ces techniques par des spécialistes du monde entier a permis de faire le taux de réussite de la FIV au niveau mondial passer de 3 % en 1978 à 30 % en 2018, a souligné le Dr Verrougstraete. 

La collaboration du centre Jeanne d’Arc et le centre BioLife s’est enrichie avec l’arrivée de l’embryologiste belge Brigitte Vandamme. «Le souci est de faire profiter en permanence la Clinique du St-Esprit de toutes ces technologies de pointe avec l’équipe de La Réunion et se mettre à la disposition de couples aux revenus plus modestes.» 

Mario Ng Kuet Long a souligné que le centre Bio-Life fera tout pour rester à la pointe des nouvelles techniques et des nouveautés technologiques et contenir les coûts de la FIV pour que les couples infertiles aient droit au bonheur de tenir leur enfant dans les bras. «Un journal nous a qualifiés de Baby Makers. Ce n’est pas vrai. Nous sommes simplement des collaborateurs du Tout-Puissant», a fait ressortir le fondateur de la clinique du St Esprit.

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