MCB Focus s’inquiète de la baisse des exportations

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La part de l’exportation devrait compter pour 16,8% du PIB, contre 24 % il y a une dizaine d’années.

La part de l’exportation devrait compter pour 16,8% du PIB, contre 24 % il y a une dizaine d’années.

Le taux de croissance cette année devrait être le même que celui de 2017, soit 3,7 % selon les dernières prévisions de MCB Focus paru jeudi 1er novembre. Cette nouvelle prévision représente une baisse de 10 points de base comparativement aux projections de la banque en juin.

La principale raison : le recul du secteur de l’exportation, explique Gilbert Gnany, Chief Strategy Officer de la banque et auteur de cette analyse économique trimestrielle de la Mauritius Commercial Bank (MCB). «Nos faibles perspectives pour le secteur sucrier se sont davantage dégradées face aux conditions climatiques défavorables et à des prix à l’exportation encore plus faibles que prévu sur le marché mondial», avance-t-il.

Le secteur textile devrait suivre la même tendance après une évolution modeste de ses exportations, couplée à une forte pression sur ses marges. Conséquence : la contribution des exportations de biens au produit intérieur brut (PIB) «devrait descendre de 1 %, pour atteindre 16,8 % du PIB cette année, contre un ratio de 24 % du PIB il y a une décennie», prévoit le dernier MCB Focus. Élément qui a contribué à faire chuter les prévisions de croissance cette année. La MCB s’inquiète d’ailleurs de l’impact de la baisse des exportations sur la balance commerciale, dont le déficit s’est davantage creusé durant les premiers huit mois de l’année.

Performance appréciable du tourisme

S’agissant de la performance du secteur manufacturier dans son ensemble (à la fois les entreprises exportatrices et celles centrées sur le marché local), la MCB s’attend à une croissance pour le moins mitigée de sa valeur ajoutée, hormis le segment du seafood qui devrait connaître une importante expansion cette année grâce à des dynamiques favorables du marché.

La croissance sera, en revanche, soutenue par le secteur des services, surtout les finances et les technologies de l’information et de la communication. Quid du secteur touristique ? «Face à une concurrence accrue, l’industrie du tourisme devrait maintenir une performance appréciable cette année, tout en enregistrant un plus faible taux de croissance réelle de sa valeur ajoutée», indique le Chief Strategy Officer de la MCB.

Le principal moteur de croissance sera, comme prévu lors de la dernière édition de MCB Focus en juin, le secteur de la construction. Celui-ci sera dopé principalement par les gros travaux d’infrastructures publiques en cours, comme le Metro Express et le Road Decongestion Programme.

L’année 2019 devrait toutefois apporter des jours meilleurs avec un taux de croissance estimé à 4 %, prévoit la MCB. La croissance sera surtout tirée par l’investissement public dont la contribution au PIB augmentera de 80 points de base pour atteindre 5,7 %.

Outre la mise en opération des projets d’infrastructures de manière cohérente avec une viabilité commerciale, Maurice a grand besoin d’une réforme structurelle profonde pour «restructurer et re-balancer l’économie», soutient la MCB. Des réformes qui permettraient au pays de dépasser le taux de croissance de 4 % pour atteindre 5 % sur le moyen terme.

Diversification des marchés extérieurs

La clé de cette réussite réside dans l’élargissement de notre base d’exportation, couplée à une importante diversification de nos marchés extérieurs tout en promouvant dans la foulée la production locale. Une stratégie de diversification «judicieuse» devrait comprendre une diversification de produits, de partenaires commerciaux et du secteur des services.

Le pays devrait également améliorer son offre en matière de produits et services existants. «Davantage d’efforts devraient être mis sur la compétitivité des produits agricoles et manufacturiers», souligne MCB Focus. De plus, par rapport à l’exportation des services, Maurice devrait mettre l’accent sur des marchés niches où le pays a développé des compétences, en particulier dans le tourisme, le secteur bancaire et non bancaire et les technologies de l’information et de la communication.

Quid de la productivité ? À ce sujet, la MCB préconise une amélioration de la connectivité Internet tout en réduisant le coût. Il s’agit également de promouvoir l’innovation.

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