Zahid Husnoo, 52 ans: l’âme du cimetière

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Zahid Husnoo, 52 ans

Zahid Husnoo, 52 ans

Vendredi, la Fête des morts redonne vie au cimetière. Les bouquets fleurissent aux quatre coins, les vivants rendent visite aux êtres chers qui habitent à jamais dans leur cœur. Zahid, lui, entretien leur dernière demeure.

Il a 52 ans, est tombé dans le métier un peu par hasard, c’est le destin qui l’y a poussé. «Mo ti éna enn fami inn désédé, souvan ti pé vinn rann li vizit. Lerla monn gagn travay isi mem.» Les circonstances ont fait qu’il a atterri au cimetière de Circonstance, à St.-Pierre.

Il n’a pas encore les clés du paradis, mais ce qui fait son bonheur, c’est de voir pousser les fleurs qu’il plante avec amour sur les tombes. L’homme a la main verte. Zahid n’est pas du genre à broyer du noir même s’il côtoie la mort chaque jour. Il a un sourire angélique gravé en permanence sur le visage. «Lamor fer parti lavi sa. Nou tou bizin alé enn zour.»

En attendant son tour, il tente de profiter de la vie. «Mo bien kontan kan mo trouv bann tom-la prop, bien fléri, mo léker kontan.» Des histoires de cœur, il en a connus. Mais des problèmes familiaux ont entraîné le décès de son mariage. «Mo pa lé ankor problem, mo korek la.» Des enfants, il n’en a pas, «mais ce n’est pas grave».

Il est 8 h 30, les gens affluent. Pas muet comme une tombe pour un sou, Zahid connaît les noms et prénoms de ceux qui arrivent, il les dirige vers ceux qui sont partis, tel un GPS avec Google Maps intégré. «Mo konn zot tou isi.» Le fossoyeur-peintre-planteur-fleuriste se fait un devoir également de consoler ceux qui sont tristes. Il les abreuve de ses bons mots tout en arrosant les roses ici et là.

Ses journées démarrent à 9 heures, voire avant, se terminent à 17 heures environ. Avec son salaire, «wi, kav viv bien». Quand il n’est pas en train de bosser, pendant le temps mort, il passe du temps avec ses proches, avec sa maman, ses amis.

Le futur, il n’y pense pas vraiment, on ne sait pas de quoi demain sera fait, dit Zahid. Tout ce qu’il espère, c’est de pouvoir rester en bonne santé, passer un maximum de temps sur terre, sous le soleil. Avant de rejoindre, lui aussi, la lune et les étoiles.

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