Deutsche Bank toujours freinée par l’hémorragie de ses recettes

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La première banque allemande Deutsche Bank a vu nettement reculer son bénéfice net au troisième trimestre, une nouvelle fois inférieur aux attentes, son récent recentrage stratégique venant freiner la remontée des recettes.

De juillet à septembre, le groupe de Francfort a dégagé un bénéfice net en recul de 66% sur un an, à 211 millions d’euros, les analystes interrogés par Factset tablant sur 240 millions d’euros.

La banque dirigée depuis avril par l’Allemand Christian Sewing inquiète surtout par l’atonie persistante de ses recettes. Le groupe a engrangé sur le trimestre écoulé 6,18 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit un recul annuel de 9%.

«Le rebond des recettes se laisse attendre», a reconnu M. Sewing dans une lettre adressée jeudi aux 94 000 salariés du groupe, un «réalisme» salué par JP Morgan dans une note de commentaire.

Sur 2018, l’établissement s’attend désormais à une «légère baisse des recettes», alors qu’elles devaient rester «pour l’essentiel inchangées» à l’issue du deuxième trimestre.

- Recentrage sur l’Europe -

La banque de Francfort avait annoncé en avril des coupes dans la banque d’investissement, faute de pouvoir rivaliser avec les géants américains de Wall Street, pour se recentrer sur l’Europe. Cette inflexion stratégique, qui se traduira par 7 000 départs programmés d’ici fin 2019, lui a causé un manque de recettes plus important que prévu.

L’environnement peu porteur sur les marchés et la frilosité des clients n’a rien arrangé à ses affaires, ajoute l’établissement.

Dans la banque d’investissement, qui se remet d’une litanie d’affaires judiciaires, les recettes ont reculé de 13% sur un an, et de 15% par rapport au deuxième trimestre de 2018. Les activités de marché ont particulièrement souffert, là où la banque a effectué ses plus importantes coupes en personnel, avec un quart en moins dans le négoce des actions.

Même l’activité des paiements à l’international, vache à lait sur laquelle la banque entend continuer à investir, a vu ses recettes flancher de 5% sur un an à trimestre comparable.

Le chiffre d’affaires dans la gestion d’actifs, avec l’enseigne DWS, a lui reculé de près de 10% sur un an, tandis que celui dans la banque de détail et des petites entreprises, qui est en train de fusionner avec Postbank, a baissé de 3%.

- Discipline des coûts -

Cela se passe mieux du côté des charges qui sont en recul d’1% sur un an, à 5,6 milliards d’euros, en comprenant 103 millions d’euros de dépenses liées au départ de 1450 personnes sur le trimestre écoulé.

La banque comptait à fin septembre 2.800 salariés de moins qu’en janvier. Comme annoncé en juin, ses effectifs seront portés à moins de 93 000 d’ici décembre et sous la barre des 90 000 d’ici fin 2019.

Contrainte à une discipline de fer sur les coûts, pour compenser la chute des recettes, la banque a pu dégager un bénéfice imposable de 506 millions d’euros sur le trimestre écoulé, une performance perçue comme «une étape importante en chemin vers une banque durablement profitable», selon M.Sewing.

La banque se voit bien partie pour dégager un bénéfice net sur l’année en cours, le premier depuis 2014. En Bourse, à 09H40 GMT, le titre perdait néanmoins 3,33% à 9,0 euros, dans un Dax en hausse de 0,24%.

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