Transparency Mauritius: un nouveau code d’éthique pour la police

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Les policiers recevront à partir de mercredi un nouveau code d’éthique.

Les policiers recevront à partir de mercredi un nouveau code d’éthique.  

Les policiers devront envisager d’accomplir leur travail différemment. Transparency Mauritius lancera, mercredi, un code d’éthique à l’intention de la force policière. La cérémonie aura lieu à 11 h 30 à l’hôtel Le Méridien, à Pointe-aux-Piments.

Le livret compte 24 pages dont la teneur a fait l’objet d’une étude pendant deux ans. L’idée a germé dans l’esprit de Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparency Mauritius, lors de ses cours dispensés sur la bonne gouvernance et l’éthique à la force policière depuis deux ans.

Toutefois, les policiers ont des avis partagés sur ce nouveau code d’éthique. Pour Ranjit Jokhoo, ancien inspecteur de la Major Crime Investigation Team, la société a évolué et la police n’est plus la même. «C’est un problème de fond. Les policiers ne travaillent pas de manière ordonnée. Et pourtant, ils savent ce que recommandent le Police Instruction Book et les Police Standing Orders. Mais rien n’est respecté.» Selon lui, ce nouveau code d’éthique ne va rien apporter de nouveau. «Kouma dir pé réinvant larou.»

Les policiers avancent pour leur part que le code d’éthique déjà existant n’est pas suivi ni respecté par les institutions. «Ce n’est pas uniquement dans la force policière qu’il n’est pas suivi. Je pense qu’il faudrait que l’on envoie un message fort afin de mettre de l’ordre dans toute cette affaire», soutient un haut gradé. Pour lui, il faudrait que les policiers reçoivent une reconnaissance internationale.

Justement pour le député et avocat Shakeel Mohamed, à la place d’un code d’éthique, il fallait plutôt faire confiance aux policiers et faire en sorte que la population ait confiance en eux. «Il ne faut pas qu’il y ait des protections occultes, comme des promotions de bodyguards triés sur le volet. Il faut aussi plus de méritocratie et il faut revoir leurs conditions de service. Pourquoi ne bénéficient-ils pas de voiture hors taxes comme les autres fonctionnaires ?» fait ressortir l’avocat. Il confie également que les policiers ne sont pas obligés de suivre le code d’éthique, celui-ci n’ayant pas force de loi.

Ce que contient le code

  • Manger en public : cela est interdit aux policiers. Certains aimeraient bien avoir l’occasion de pouvoir agir comme n’importe quel citoyen. Mais d’autres pensent que le policier se doit de se montrer sous un autre angle et ne pas se mélanger avec les citoyens.
  • Se tenir en public : un officier ne peut pas maintenir l’ordre en gardant ses mains dans les poches. Cela ne fait pas professionnel. Il se doit de rester smart.
  • Parler au téléphone : un fait qui a été reproché aux agents de l’ordre. Ils sont souvent scotchés sur leurs portables et ne s’occupent pas de ce qui se passe autour d’eux. Ils perdent le respect des autres.
  • Ne pas soumettre de rapport sur les problèmes d’infrastructures : autrefois dès qu’un lampadaire tombait en panne ou qu’un tuyau éclatait, le policier était le premier à en informer les autorités concernées. Mais cette pratique s’est perdue au fil du temps.
  • Pas le droit de jouer aux courses : les policiers ne sont pas autorisés à jouer. Ni même à suivre les courses. Ils doivent surveiller les membres du public. Requête non observée.
  • Changer les uniformes : les policiers ressemblent trop à des employés de la poste ou encore aux travailleurs de la Compagnie nationale de transport.
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