Secteur bancaire: La Banque centrale populaire du Maroc s’installe à Maurice

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Kamal Mokdad est le directeur général de la BCP du Maroc.

Kamal Mokdad est le directeur général de la BCP du Maroc.

Après l’obtention de toutes les autorisations nécessaires, la Banque centrale populaire du Maroc a finalisé l’achat de la Banque des Mascareignes auprès du groupe BPCE. Acquisition qui fait partie de la stratégie africaine de cette institution.

Rien ne sera plus comme avant dans le secteur bancaire local et au niveau de la stratégie Afrique. La raison, la décision du seul et unique groupe bancaire présent tant en Afrique du Nord qu’en Afrique de l’Ouest, la Banque centrale populaire (BCP) du Maroc, de s’implanter à Maurice. Une installation rendue possible après l’acquisition, auprès du groupe Banque populaire et caisse d’épargne (BPCE), de la Banque des Mascareignes. Grâce à la BCP, celle-ci proposera des solutions innovantes dans les domaines de la monétique et de la Trade Finance.

La décision du groupe BPCE de se concentrer sur le marché européen a fourni à la BCP du Maroc l’opportunité idéale pour renforcer et accélérer le développement de sa vision africaine. «Il y a eu une convergence d’intérêt. Ce qui fait qu’on s’est positionné pour le rachat de différentes filiales bancaires du groupe BPCE en Afrique», confirme Kamal Mokdad, directeur général du groupe BCP.

«Maurice est un pont incontournable entre l’Asie et l’Afrique.»

D’ajouter que l’acquisition de la Banque des Mascareignes «est un maillon fort et central de notre stratégie africaine». Étant le seul groupe bancaire de l’Afrique du Nord et de l’Afrique de l’Ouest sur le marché mauricien, la BCP du Maroc a «une belle carte à jouer. Il s’agit de connecter les deux rives que sont l’Afrique francophone et l’Afrique anglophone, de faciliter les mises en relation des investisseurs qui sont déjà basés à Maurice et de leurs partenaires qui sont établis dans les différents pays où opère déjà la BCP», souligne Kamal Mokdad.

Les raisons susceptibles de pousser les opérateurs du secteur bancaire local à revoir leur stratégie avec l’entrée en scène de la BCP du Maroc sont multiples. L’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest n’ont, en effet, plus de secret pour la BCP. Celle-ci s’est longtemps préparée à gérer les effets de l’avènement de l’ouverture du continent africain au reste du monde. Le groupe s’est positionné en Afrique de l’Ouest par sa présence en Centrafrique et à la République de Guinée depuis les années 90.

L’objectif de la BCP consiste à saisir les opportunités d’affaires au niveau des arrivées d’investissements à destination du continent africain. Si elle s’est déjà positionnée dans les corridors d’orientation des investissements vers le continent africain que sont le Maroc et Dubaï, il ne lui restait que la conquête du troisième couloir, à savoir celui de Maurice. C’est désormais chose faite.

«Maurice est un pont incontournable entre l’Asie et l’Afrique», soutient Kamal Mokdad. L’occasion était trop belle pour la rater. «On sait très bien qu’une réflexion en profondeur du business model de la place financière de Maurice a été engagée, fait-il valoir. Un palier a déjà été franchi en vue de préparer la nouvelle dynamique pour la prochaine décennie et pour chercher à élargir le territoire géographique couvert. Il y a un intérêt grandissant de Maurice pour l’Afrique francophone

Autre élément pouvant permettre à la BCP de s’imposer à Maurice est sa force tant financière que sur le marché bancaire lui-même. Cette banque est présente dans 28 pays, dont 14 en Afrique, aux États-Unis, au Danemark et au Canada. C’est la banque no 1 du Maroc en termes de traitement des affaires des Marocains vivant à l’étranger. Elle revendique 52 % de la clientèle au Maroc.

Elle opère non seulement par le biais d’établissements bancaires, mais également à travers des compagnies d’assurances, une banque d’affaires, une société de gestion d’actifs, une société spécialisée dans le domaine technologique. En plus, elle est présente en Europe grâce à la Chaabi Bank, qui dispose d’un passeport pour opérer dans sept pays européens.

En outre, la BCP a une vision africaine bien ficelée. Un des piliers de celle-ci consiste à mettre en place une stratégie qui lui permet de contribuer à l’inclusion sociale de financement de la population. L’autre axe de cette vision africaine consiste à décliner une force de financement qui lui permettra de concrétiser la réalisation des projets de différents gouvernements en assurant le financement des grands chantiers lancés par les États du continent africain et en finançant les États eux-mêmes.

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