Gulbul contre Gulbul

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Riaz Gulbul à passé plus de deux heures au CCID, hier.

Riaz Gulbul à passé plus de deux heures au CCID, hier.  

L’étau se resserre autour de Raouf Gulbul. Dans les milieux bien informés, l’on évoque déjà de sérieux éléments qui pourraient établir un prima faciecase contre l’avocat du MSM. Riaz Gulbul aura passé plus de deux heures au Central Criminal Investigation Department (CCID), hier.

Le neveu de Raouf Gulbul, qui est arrivé aux Casernes centrales vers 12 h 30, a confirmé les allégations faites contre son oncle devant la Commission d’enquête sur la drogue, en novembre 2017. L’ancien clerc de Raouf Gulbul a ainsi maintenu sa version de faits sur les pratiques douteuses du Senior Counsel, qui compte parmi ses clients plusieurs trafiquants de drogue, dont Peroomal Veeren, considéré comme «le parrain des parrains» dans le milieu de la mafia.

Lors de sa déposition hier, Riaz Gulbul a notamment abordé le cas de Parwiza Jeeva, qui purge une peine de 16 ans de prison pour importation d’héroïne. Il est revenu à la charge, «preuves» à l’appui, pour démontrer que c’est à la demande de l’homme de loi qu’il a rendu visite à Parwiza Jeeva pour lui dire ne pas incriminer le caïd Peroomal Veeren auprès des enquêteurs de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) suivant son arrestation en 2005. Ce qui avait permis de disculper Peroomal Veeren, qu’elle avait dit être son «fiancé», lors de son audi- tion devant la Commission.

Riaz Gulbul a aussi remis aux autorités une copie de l’enregistrement sur la proposition de Rs 300 000 pour «parler en faveur de Raouf Gulbul». L’ancien secrétaire de l’avocat devra retourner au CCID demain.

Le neveu de Raouf Gulbul s’est également rendu à la Commission anticorruption (ICAC), qui enquête sur l’aspect de blanchiment d’argent. Les limiers sont d’ailleurs en attente de Disclosure Orders. Riaz Gulbul, qui gérait les affaires de l’ancien président de la Gambling Regulatory Authority a, de nouveau, confirmé les accusations faites contre l’avocat concernant ses transactions financières. Il a évoqué les rémunérations provenant du trafic et les échanges de devises sans que les autorités en soient averties.

Le neveu de Raouf Gulbul devait aussi raconter les circonstances dans lesquelles il avait refusé de réapprovisionner le compte en banque de l’Indien Faizal Hussein pour une somme de Rs 5 000. Et ce, malgré les instructions de Me Raouf Gulbul.

À ce stade, au niveau de l’ICAC, l’on évite de se prononcer sur la convocation de Raouf Gulbul. «Ce sera fait en temps et lieu», affirme une source à l’express.

Outre une charge provisoire de «money laundering», le candidat malheureux du MSM dans la circonscrip- tion n°3, Port-Louis-Est–PortLouis Maritime, aux dernières élections générales, pourrait être inquiété pour conspiracy to pervert the course of justice. Riaz Gulbul sera de retour au siege de l’ICAC ce matin.

L’enquête est menée par l’équipe de la Task Force du CCID, menée par le surintendant de police Vishwamitra Rugbur.

Samad Golamaully et Ashley Hurhangee, des anciens amis de Raouf Gulbul, sont attendus aujourd’hui au quartier général de la police. Les anciens Deputy Campaign Manager et Campaign Manager de Raouf Gulbul avaient notamment déclaré devant la Commission présidée par l’ancien juge Paul Lam Shan Leen que Raouf Gulbul leur avait demandé de mentir lors de leur audition sur le déroulement de la soirée du 20 novembre 2014.

Ils seront appelés à fournir des détails sur le «big black bag» rempli d’argent, placé dans le coffre de Samad Golamaully. Ce qui avait fait dire aux deux avocats que la campagne électorale de Raouf Gulbul avait été financée par l’argent provenant du trafic de drogue.

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Le rapport de la commission d’enquête sur la drogue a été rendu public vendredi 27 juillet. Et les répercussions sont nombreuses. Le barreau notamment y est mis à mal ; les noms de plusieurs avocats, dont Me Raouf Gulbul, sont cités, la commission Lam Shang Leen recommandant des enquêtes approfondies. Le gouvernement n’est pas non plus sorti indemne. Cités dans le rapport, la ministre Roubina Jadoo-Jaunbocus et le Deputy Speaker Sanjeev Teeluckdharry ont dû «step down». Diverses institutions sont également montrées du doigt.

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