Uber à Maurice: «Nous ne négocierons pas avec un nominé politique», dit Atma Shanto

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Les Chauffeurs de taxi ne comptent pas baisser la garde malgré les déclarations du conseiller de Pravind Jugnauth. 

Les Chauffeurs de taxi ne comptent pas baisser la garde malgré les déclarations du conseiller de Pravind Jugnauth. 

Ils ne font pas confiance à Ken Arian. Et réclament une rencontre directement avec le Premier ministre pour avoir la confirmation qu’Uber ne vient pas. C’est ce qu’a fait savoir Atma Shanto, représentant de la Federation of Hotel Taxi Association (FHTA) ce jeudi 18 octobre lors d’une manifestation.

«Nous dénonçons une campagne orchestrée par Ken Arian pour démobiliser les camarades chauffeurs de taxi. Mais la FHTA ne négociera jamais avec un Advisor, qui est un nominé politique», a fait savoir Atma Shanto. Il a reçu une réponse à la lettre qu’il a déposée lundi, au bureau du Premier ministre. Il n’est cependant pas satisfait. 

Atma Shanto estime que l’annonce faite par le conseiller de Pravind Jugnauth à la General Taxi Owners Union et la Taxi Proprietors Union hier a pour but de démobiliser le mouvement des chauffeurs de taxi. Lors de la rencontre avec Ken Arian, le président de la Taxi Proprietors Union, Rafick Bahadoor, a, en effet, eu l’assurance qu’il n’y aura aucun amendement à la loi permettant à Uber d’opérer à Maurice. D’ailleurs, la Road Traffic Act ne le permet pas actuellement. Pour Atma Shanto, l’affaire ne sera pas close tant qu’une déclaration à cet effet ne sera pas faite au Parlement.

 
 

Le syndicaliste rappelle que ce n’est pas la première fois que le gouvernement essaie de démobiliser les chauffeurs de taxi. De faire valoir que lorsqu’il avait annoncé la manifestation d’aujourd’hui, la National Transport Authority avait émis un communiqué pour confirmer que le cadre juridique ne permet pas à Uber de s’implanter à Maurice. «Ça aussi, c’était pour nous démobiliser.» 

De leur côté, les représentants de la Taxi Proprietors Union et la General Taxi Owners Union ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Les syndicats prévoient à présent de s’attaquer aux applications mobiles qui proposent des services avec chauffeurs de taxi.

Conséquences politiques

Au niveau du PMO, il n’y a pas eu de réaction officielle jusqu’ici. Des sources proches du gouvernement affirment que c’est la meilleure décision à prendre afin d’«apaiser» la colère des chauffeurs de taxi. Ces derniers auraient proféré des menaces à peine voilées qu’en cas de décision favorable de l’arrivée d’Uber à Maurice, le gouvernement paierait les frais lors des prochaines élections générales. 

«L’affaire a pris une coloration politique dès lors que Rama Valayden a pris ce dossier en main», explique notre source. Le gouvernement a ainsi cédé face à la pression. 

Du côté de la compagnie Uber Technologies Systems (Mauritius Ltd), représentée à Maurice par Me Nitish Hurnaum et Alan Todd Hamblet, Deputy Secretary au sein de Uber Technologies, Inc., l’on refuse de commenter l’affaire à ce stade.

Selon nos informations, les discussions avec les autorités mauriciennes semblent avoir progressé ces derniers mois. Des représentants d’Uber en Afrique du Sud étaient récemment à Maurice pour des consultations de haut niveau. Notamment avec Yogida Sawmynaden, ministre de la Technologie, de la communication et de l’innovation. Au niveau de la Mauritius Commercial Bank, on tient à préciser qu’il ne s’agissait pas d’un partenariat : Uber avait pris contact avec la banque pour des services, avance-t-on.

Entre-temps, la décision du gouvernement est diversement commentée. Ils sont nombreux à ne pas comprendre le refus catégorique aux opérations du géant des services de transport à Maurice. «L’arrivée d’Uber aurait été une bonne chose pour la population», affirme le député mauve Veda Baloomoody. «Mais cette libéralisation aurait dû se faire en concertation avec les chauffeurs de taxi.» Pour beaucoup, cela aurait aussi permis de régulariser les «taxis marrons». 

Ce que dit la loi

Le communiqué de la NTA de vendredi dernier est on ne peut plus clair. Il n’y a aucune disposition juridique dans la Road Traffic Act pour l’octroi d’une licence pour opérer une plateforme de booking de taxi contre paiement. Le dudit communiqué mentionne les critères pour devenir chauffeur de taxi. Ces derniers ont le statut d’autoentrepreneurs. La licence leur appartient et ils peuvent faire leurs trajets selon leur base d’opération. Selon l’article 76 de la Road Traffic Act, les chauffeurs doivent résider dans la région de leur base d’opération.

Toutefois, comme l’indique un homme de loi, rien n’empêche une tierce personne de mettre en relation un client et un chauffeur de taxi. Selon Me Kushal Lobine, la compagnie tierce agit en tant qu’agent ou intermédiaire, contre paiement d’une commission. 

Or, indique ce dernier, la NTA doit préciser les procédures avec l’évolution de la technologie. Elle doit également pouvoir combler les lacunes au niveau des règlementations vu l’émergence des applications mobiles.

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