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Pourquoi les investissements privés chutent

18 octobre 2018, 12:48

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Pourquoi les investissements privés chutent

Aucune croissance réelle au niveau de l’investissement privé. C’est ce que démontrent les statistiques des comptes nationaux de septembre 2018. En revanche, les investissements publics sont appelés à rebondir à 23,2 % après une contraction de 12,9 % l’année dernière. 

Ainsi, comme les années précédentes, c’est l’État qui prend l’initiative d’investir en vue de doper la croissance plafonnée aujourd’hui à moins de 4 %. La question est donc posée : jusqu’où l’État peut-il intervenir pour soutenir la croissance en l’absence d’investissements privés substantiels ? 

L’économiste Azad Jeetun affirme qu’il y a une limite car, à terme, l’État ne pourra indéfiniment maintenir ce rythme d’investissements, même si ceux-ci sont dirigés vers le développement d’infrastructures routières et publiques, donc nécessaires pour attirer des investisseurs. 

Cette année, même si les investissements privés vont augmenter de 3 % pour atteindre Rs 62,4 milliards contre Rs 60,6 milliards en 2017, en termes réels, ils ne croîtront pas suivant la forte reprise, près de 7,3 %, de l’année dernière. Du coup, les économistes et autres observateurs se demandent pourquoi les investissements peinent à décoller dans certains secteurs, plus particulièrement ceux considérés productifs, comme la manufacture. 

Effets limités sur la croissance économique

Éric Ng, économiste, note qu’il n’est un secret pour personne que depuis longtemps les secteurs productifs n’attirent plus de nouveaux investissements locaux, les opérateurs limitant principalement leurs investissements dans l’immobilier en raison des «quick returns», favorisant dans la foulée la spéculation foncière. Sans compter les exemptions fiscales liées au secteur. Azad Jeetun de renchérir : «Ce sont des investissements qui ont des effets limités sur la croissance économique et qui ne génèrent généralement pas d’emplois productifs.» 

Alors que d’autres relativisent cette concentration d’investissements locaux et étrangers vers l’immobilier, affirmant que celle-ci relève d’un contexte particulier lié au projet gouvernemental de lancer l’ex-IRS (Integrated Resort Scheme) en 2002. Est-ce l’échec du Board of Investment, aujourd’hui Economic Development Board (EDB), dans sa mission d’attirer des Foreign Direct Investments (FDI) dans l’immobilier ? 

Chez l’EDB, on s’en défend, précisant qu’à l’époque, il y avait urgence à attirer des FDI pour permettre au pays de renouer avec une croissance suffisamment forte et durable pour pouvoir créer des emplois. Dès lors, il a fallu attirer des investissements d’où qu’ils viennent. Tout en sachant que des investissements dans l’immobilier rapportent moins en gain de productivité et en expertise technique comparés aux investissements dans des opérations à forte valeur ajoutée. 

Revirement de situation?

Toujours est-il que c’est la composition des FDI depuis ces cinq dernières années qui inquiète les observateurs. En effet, une analyse détaillée des différents secteurs qui attirent les investisseurs montre que c’est l’immobilier qui a attiré plus de 51 % des investissements étrangers sur la période 2012 à 2017. Les dernières statistiques compilées par la Banque de Maurice démontrent que le secteur immobilier a attiré des investissements directs étrangers de Rs 8,7 milliards sur un total de Rs 14,2 milliards. 

Ces mêmes statistiques confirment également qu’hormis l’immobilier, les secteurs économiques générateurs d’emplois n’attirent même pas 5 % de la totalité des FDI. Par exemple, en 2017, le montant des investissements étrangers dans le secteur manufacturier n’a été que de Rs 108 millions, soit 0,5 % sur un total de Rs 14,2 milliards. Les TIC n’ont attiré que 0,5 % des FDI et la construction 7 %. 

Peut-on s’attendre à un revirement de la situation pour que le privé prenne le relais et investisse davantage pour doper la croissance ? Une problématique à laquelle les autorités et les institutions s’attaquent pour trouver une solution.

 

4 000 propriétés immobilières 

<p style="text-align: justify;">La capacité de vente se situe entre 400 et 450 unités annuellement. Alors que le pays compte 4 000 propriétés immobilières. À ce rythme, il faudra une dizaine d&rsquo;années pour assurer la vente de la totalité de ces biens. D&rsquo;où la nécessité d&rsquo;accroître la demande en élaborant une stratégie &nbsp;de marketing.</p>