PSAC Grade 5: le mode de préparation des questionnaires taclé

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Le niveau du papier de science de Grade 5, mardi, ramène le sujet de la préparation des examens sur le tapis.

Le niveau du papier de science de Grade 5, mardi, ramène le sujet de la préparation des examens sur le tapis.

«Ambigu, incompréhensible et Injuste.» Après l’examen de science pour la Grade 5, du Primary School Achievement Certificate (PSAC), mardi, les enseignants n’y sont pas allés de main morte envers le Mauritius Examinations Syndicate (MES). L’institution est responsable, entre autres, de la préparation des papiers d’examens. Hier, Vinod Seegum, président de la Government Teachers Union (GTU), a envoyé une correspondance au MES, pour exprimer ses inquiétudes.

Ce que veut la GTU : repenser l’équipe qui prépare les questionnaires. Selon les enseignants du primaire, ces examinateurs sont en déphasage complet avec la réalité d’une salle de classe. Mais qui est en charge de cet exercice, au juste ? Mystère et boule de gomme.

«Le papier d’examen était presque un examen d’anglais. Beaucoup de “littérature”, beaucoup d’écrit. Le problème, c’est que tout le monde n’a pas les mêmes aptitudes cognitives dans nos salles de classe», explique Vinod Seegum.

Plusieurs enseignants se plaignent en effet du niveau d’anglais utilisé dans la préparation de ce papier de science. Ce qui serait un désavantage pour un élève qui n’a pas une bonne maîtrise de cette langue mais qui aurait néanmoins pu s’en sortir en science. «À cet âge, les élèves sont de différents niveaux. On doit cependant s’assurer qu’ils ont tous les mêmes chances», lance un enseignant.

Pour Vinod Seegum, le problème vient de la préparation de l’épreuve. «Qui préparent ce papier ? Qui donnent l’autorisation finale ? Ces personnes n’ont certainement pas été dans une salle de classe depuis 25 ans. Ils n’ont aucun contact avec les élèves !» fustige-t-il.

Ces propos rejoignent la position de l’ex-ministre de l’Éducation, Vasant Bunwaree. Si ce dernier conçoit que l’expérience de ceux qui sont dans le métier depuis longtemps est plus qu’essentiel, il faut aussi comprendre, ditil, que les temps changent. «Ces gens-là ne voient donc pas comment la pédagogie des élèves évolue constamment ?»

Mais qui sont ceux qui préparent ces questionnaires ? Au MES, l’on explique qu’il y a une équipe dédiée à ce travail mais l’on ne veut pas en dire plus. Le ministère de l’Éducation rassure que l’équipe est pourtant formée pour rédiger ces questionnaires. «Mais nous ne pouvons en dire plus parce qu’il y a la confidentialité à respecter.»

Selon le président de la GTU, cependant, il s’agirait d’anciens inspecteurs des écoles ou, même, d’inspecteurs en poste actuellement, qui font cela, «à côté». «Avant que le MES ne prenne charge de l’organisation de ces examens, c’était des inspecteurs qui le faisaient. Mais nous avions contesté cela parce que ces inspecteurs sont en déphasage avec la réalité d’une salle de classe. Donc, c’est maintenant le MES qui le fait. Mais ce sont toujours des inspecteurs, et aussi d’anciens inspecteurs, qui sont responsables de la rédaction des papiers», soutient-il.

Quelle serait donc la solution ? Pour Vasant Bunwaree, le recours aux inspecteurs des écoles et autres professionnels est important. «Mais il faut aussi utiliser les compétences des enseignants qui ont vraiment une compréhension des salles de classe et de la pédagogie de l’enfant. Il y a des problèmes de confidentialité qu’il faut aussi aborder.»

Poursuivant sa réflexion, l’ancien ministre affirme que l’inspecteur veille à ce que le curriculum soit suivi comme il se doit. Vasant Bunwaree concède que l’inspecteur est un pédagogue avant tout. «Cependant, quand il rejoint l’inspectorat et, donc, n’enseigne plus directement, il commence à avoir un décalage avec un système qui bouge constamment, lui», conclut-il.

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