Mama Africa dialogue avec «mama Moris»

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Tissus et accessoires en «wax», proposés par la société Africkin.

Tissus et accessoires en «wax», proposés par la société Africkin.

L’Association de la diaspora africaine à Maurice a été lancée le samedi 6 octobre. Outre la liste de projets, Théophile Sossou, son président, y voit une occasion de partage, afin de mettre fin aux préjugés liés à une profonde méconnaissance de l’Afrique.

Ces préjugés qui blessent 

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans l’adaptation à Maurice ? Théophile Sossou, du Togo (NdlR : pays francophone d’Afrique de l’Ouest), installé à Maurice depuis 2003, commence par dire : «Ça peut paraître bizarre.» Petite précaution avant d’expliquer : «C’est quand vous adressez un “bonjour” à quelqu’un et qu’il ne vous répond pas. Peut-être que les gens ici n’ont pas cette habitude. Chez nous, c’est inadmissible de croiser quelqu’un et de ne pas le saluer. Même si je ne connais pas sa famille, la première chose que je lui dis c’est, “bonjour, comment vont les enfants ?”»

Théophile Sossou, président de l’Association de la diaspora africaine à Maurice, évoque aussi le «problème des questions qui vous marquent». Lui-même avoue avoir «appris à faire avec». Par exemple, quand on lui lance : «Chez vous, c’est la misère, non ? C’est la famine ?»

Ironique, il poursuit : «Quand on me demande comment on dit telle chose en africain, c’est comme si je demandais à un Français comment on dit telle chose en européen. L’Afrique ce n’est pas un mais 54 pays.» Avec philosophie, il affirme : «Quand il y a quelque chose qui vous touche, il ne faut pas se focaliser dessus, mais se demander pourquoi l’autre agit de la sorte.»

Des tissus «wax» qui attirent

Des tissus «wax» aux motifs colorés. Le tout décliné en vêtements, bijoux, sacs, chaussures et même des abat-jour. C’est ce que propose la société Africkin, qui a démarré ses activités à La Tour Kœnig, fin 2017. 

Théophile Sossou, le chef d’entreprise, confie : «Je suis informaticien de profession.» Quand il s’est retrouvé au chômage, il s’est recyclé, en constatant qu’il y a de plus en plus de demande pour des tenues et des accessoires africains, «surtout avec le boom musical, tout ce qui passe à la télé». Il s’inscrit à un cours de couture, avant de se lancer dans la confection. 

Les tissus sont importés du Togo. On peut trouver par exemple, des bracelets à Rs 50 et des robes à Rs 800, de longues jupes à Rs 1 000.

Promouvoir l’intégration des Africains

L’Association de la diaspora africaine à Maurice existe depuis mars de cette année. Elle a été officiellement lancée au centre Nelson Mandela pour la culture africaine samedi. Elle s’adresse à tous les Africains vivant à Maurice, leur conjoint, mais aussi, «tous ceux qui se sentent préoccupés par la cause africaine», indique Théophile Sossou. Il souligne : «Nous exigeons des adhérents que leurs papiers soient en règle.» Parmi les projets, l’Association de la diaspora africaine à Maurice compte créer une amicale Maurice-continent africain, pour la promotion des investissements. Mais aussi organiser une semaine africaine à l’occasion de la journée de l’Afrique (le 25 mai), être une plateforme d’information, ou encore, «établir une base de données des noms africains avec l’origine, la langue et la signification des noms».

Quelques chiffres

Alec Awudu est mandaté par le haut-commissaire du Ghana à Pretoria.

«À ma connaissance, il y a six Togolais à Maurice», estime Théophile Sossou. Oudorao Apajee, consul honoraire de la Côte d’Ivoire à Maurice, chiffre à «environ une vingtaine» les ressortissants de ce pays francophone d’Afrique de l’Ouest, à Maurice. «La plupart sont des étudiants, d’autres sont dans la finance.» 

Alec Awudu est, lui, mandaté par le haut-commissaire du Ghana à Pretoria. Cela dans le cadre de la «diaspora policy» de ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest. Il est à Maurice depuis 1995. «Il y a environ 200 Ghanéens à Maurice», indique-t-il. La plupart sont des étudiants à l’African Leadership College, la Middlesex University ou encore l’Amity University. 

Lui-même a découvert notre pays sous les traits d’une Mauricienne qui était «domestique à Beyrouth, au Liban». S’il affirme être un consultant en informatique, il est actuellement employé comme chauffeur à Mauritius Multisports Infrastructure Ltd.

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