À cause de Rs 80 M: un directeur de compagnie «séquestré» pendant 76 jours

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La victime a, elle-même, été appréhendée sous une accusation d’escroquerie pour Rs 50 millions par la police de Rose-Belle.

La victime a, elle-même, été appréhendée sous une accusation d’escroquerie pour Rs 50 millions par la police de Rose-Belle.

C’est une affaire que les enquêteurs prennent avec des pincettes. Un directeur de compagnie, âgé de 56 ans, engagé dans la construction, allègue que sa compagne et lui ont été séquestrés pendant 76 jours. Leurs «ravisseurs» voulaient s’approprier une somme de Rs 80 millions. Mais, peu après, cet habitant de Cluny, qui n’était pas inconnu des services de polices, a été appréhendé sous une accusation d’escroquerie pour Rs 50 millions par la police de Rose-Belle.

La déposition du directeur est digne d’un scénario d’un film policier. Il raconte que tout a commencé par sa rencontre avec un couple en février et avec qui il devait lancer deux compagnies.

Mais un mois après, dit-il, il a appris que de gros bras l’attendaient sur les sites de construction où il devait se rendre. Ainsi pendant trois mois, il n’aurait pas pu y aller.

Le directeur avance que le calvaire a commencé le 9 juin. Sa compagne, âgée de 50 ans et habitant Rivière-Noire, et lui étaient dans une voiture garée dans la cour du bureau de poste de Case-Noyale lorsqu’ils en ont été tirés de force par dix personnes. Selon le quinquagénaire, le couple en faisait partie ainsi que quatre individus qu’il peut reconnaître.

Le plaignant et sa compagne auraient été roués de coups avant d’être placés dans deux voitures différentes. Celles-ci se seraient dirigées vers un champ de cannes, dans la région de Médine. Les «ravisseurs» les auraient brutalisés. Ils les auraient menacés tout en exigeant que le quinquagénaire leur donne Rs 80 millions. Cette somme avait été remise à ce dernier pour des travaux en cours à Rose-Hill et Port-Louis dans le cadre du projet Metro Express.

Un individu l’aurait même menacé avec un revolver placé sur sa tempe. Mais le quinquagénaire aurait refusé. Les deux victimes auraient aussi été conduites à Albion. Le calvaire de l’habitant de Cluny était loin d’être terminé. Sa compagne et lui auraient été emmenés dans un bungalow à Flic-en-Flac. Et sur un matelas posé à même le sol dans le salon, quatre hommes auraient violé sa concubine à tour de rôle.

Chèques sans provision

Le lendemain après-midi, ils auraient tenté de faire subir au quinquagénaire des sévices sexuels. Mais l’un des «ravisseurs» s’y serait opposé.

Le jour suivant, les deux victimes ont été conduites à Quartier-Militaire et Roches-Brunes. Pendant le temps de la séquestration, l’homme avec qui il devait s’associer aurait menacé de lui injecter du poison à travers une seringue s’il ne lui donnait pas cette somme d’argent. Sans plus de succès.

Une semaine plus tard, le couple a été transféré dans une villa à Ville-Noire, Mahébourg. La concubine du quinquagénaire aurait été libérée.

Enfin, le 23 août, le directeur a réussi à s’échapper avec la complicité d’un homme. Il aurait passé cinq jours à Rivière-des-Créoles avant de se rendre au Central Criminal Investigation Department, aux Casernes centrales. Il y a fait une déposition le 28 août.

Mais l’affaire ne se termine pas là. Peu après, le directeur a été arrêté pour escroquerie dès qu’il s’est présenté au poste de police de Rose-Belle. Il est soupçonné d’avoir effectué des achats dans plusieurs quincailleries et d’avoir payé avec des chèques sans provision.

Quant à sa concubine, elle est introuvable. Elle n’a pas non plus donné de déposition.

Par ailleurs, dans un communiqué en date du 29 mai, la compagnie Larsen & Toubro Ltd avait informé le public qu’elle ne travaille plus avec la compagnie que dirigent cet homme et ses associés.

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