Nicolas Ritter: «50 % des séropositifs admis à l'hôpital meurent»

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Selon le directeur exécutif de PILS, Nicolas Ritter, les chiffres sont alarmants.

Selon le directeur exécutif de PILS, Nicolas Ritter, les chiffres sont alarmants.

Les chiffres inquiètent. Face à la presse ce jeudi 27 septembre, le directeur exécutif de PILS, a confié que les statistiques perturbent ses officiers, ceux d’AILES et autres ONGs engagées dans le combat contre le VIH. Nicolas Ritter a soutenu qu’une personne séropositive sur deux admise à l’hôpital en phase finale meurt de cette maladie. C’était lors du lancement de trois rapports, notamment le Legal Environment Assessment (LEA), le Stigma Index et l’Integrated Biological and Behavioural Survey Transgender (IBBS) produits par PILS et d’autres parties prenantes.

«De janvier à juin de cette année, 191 nouveaux cas ont été répertoriés. Ce qui représente le plus fort taux depuis 2012»,  explique Nicolas Ritter. Ce qui, dit-il, représente une forte hausse pour une population de 1, 2 millions d’habitants. Il a pris pour exemple le Quebec où habitent 7 millions de personnes et environ 300 cas sont détectés par an. «Ce chiffre est peut-être plus élevé car il y a des personnes qui ne savent pas qu’elles sont atteintes de ce virus car elles ne viennent pas faire de dépistage.» Une situation qui, poursuit-il, inquiète les parties prenantes.

Quid des solutions pour remédier à ce problème ? «Non seulement faut-il une meilleure prise en charge, mais il faudrait revoir les soins offerts à ces patients», confie le directeur de PILS. D’ailleurs, c’est ce que devraient démontrer ces trois rapports publiés ce jeudi.

En ce qui concerne le rapport LEA, c’est la première fois qu’une étude de ce genre est menée à Maurice. «Le rapport analyse les aspects légaux et juridiques pour créer un environnement favorable pour une riposte adéquate», explique Nicolas Ritter.

Toutefois, précise le directeur de PILS, si l’aspect légal est bien présent, c’est la politique et la pratique qui doivent être revues. «Par exemple, si quelqu’un va en cour après avoir subi des discriminations à cause de son statut il devra décliner sa séropositivité publiquement», a fait ressortir Dhiren Moher. Lors de la conférence de presse, Nicolas Ritter a, d’ailleurs, fait une demande à l’Attorney General, Maneesh Gobin, qui était présent pour l’amendement du Public Health Act, afin de permettre aux personnes atteintes de VIH de garder l’anonymat. Nicolas Ritter a aussi fait ressortir qu’il était temps d’abroger la loi interdisant aux non-mauriciens séropositif de s’installer à Maurice. «Cette situation nous fait honte sur le plan international.»

Autre rapport présenté : l’IBBS dont l’étude a été menée pour la première fois à Maurice sur les personnes transgenres. «Le rapport quantifie cette population à 680 personnes. Mais le rapport indique également que les transgenres sont les plus vulnérables au VIH, sont les plus stigmatisés et qu’une prise en charge psycho-médicale est parfois compliquée dans ces cas-là», explique Nicolas Ritter. Une solution proposée dans le rapport ; avoir une approche intégrée sur la santé sexuelle de cette population et lui donner des soins appropriés.

Finalement, le Stigma Index qui a été mené la dernière fois en 2013, n’a pas, lui, pas beaucoup évolué, selon PILS. «Le stigma perdure. Celui du personnel soignant et de la société. Dans les hôpitaux, il y a beaucoup de discrimination», confie Nicolas Ritter. Ce dernier relève aussi la précarité à laquelle, selon le Stigma Index, est sujette la population atteinte du VIH. «La majorité de ces personnes ne gagnent pas plus de Rs 5 000 par mois», déplore-t-il.

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