Medgée Emilien: par amour pour ses fils, elle fait de sa passion son gagne-pain

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Medgée Émilien a fait de sa passion son gagne-pain, et c’est ce qu’elle veut léguer à ses trois fils dont le dernier, en bas âge, n’est pas encore scolarisé.

  Medgée Émilien a fait de sa passion son gagne-pain, et c’est ce qu’elle veut léguer à ses trois fils dont le dernier, en bas âge, n’est pas encore scolarisé.  

À l’entrée de Carré-d’As, tout près de Ruisseau-Créole, c’est une case en tôle qui attire aussi bien les habitants que les passants. Et lorsqu’on s’approche, dans la vitrine, on trouve crêpes, «gâteaux pomme de terre», «gato dipain» et autres minn frir

Medgée Émilien tient cette petite échoppe alimentaire depuis 2015. Cette Rodriguaise a quitté son île après son mariage pour venir à Maurice. «J’étais venue en vacances et c’est durant mon séjour que j’ai rencontré mon mari. Ensuite, je suis venue m’installer ici, à Carré-d’As», raconte la mère de famille.

La cuisine, dit-elle, est une passion. «J’ai toujours préparé des petites choses de mon île natale, comme la tourte ou les piments confits.» Medgée Émilien dit avoir voulu se lancer dans un projet plus ambitieux. «C’est pour cela que j’ai aménagé un petit restaurant-tabagie.»

«J’ai fait des efforts parce que j’avais envie de réussir. Je l’ai aussi fait pour mes trois fils, pour que je puisse les scolariser et leur laisser quelque chose.»

Depuis trois ans maintenant, Medgée Émilien a fait de son restaurant sa routine quotidienne. Ici, tous les gâteaux sont confectionnés le jour même et les «minn» sont apprêtées au moment de la commande. Sa routine commence à 4 heures du matin et prend fin en début d’après-midi. Parfois, dans la journée, elle reçoit l’aide de sa sœur. D’autres fois, c’est sur l’aide de son mari qu’elle peut compter, quand il ne se rend pas à son propre travail.

«Le matin, je vais chercher du pain et je prépare des sandwichs pour les skippers, qui ont passé commande.» Ensuite, elle prépare la pâte pour les gâteaux frits et m’occupe de ses deux fils qui vont à l’école ; le petit dernier, en bas âge n’est pas encore scolarisé. «Une fois qu’ils sont dans leur transport pour l’école, je prépare mes gâteaux parce que tout ce que je fais est frais. Une fois que tout est prêt, j’ouvre mon comptoir et les clients peuvent venir.»

Tout au long de la journée, les clients défilent. Si les principaux clients sont des habitants des environs et des habitués, elle peut aussi compter sur la curiosité du passant et de ceux qui ont un petit creux. «C’est vrai que ce sont en majorité des gens qui passent souvent par ici qui s’arrêtent ou ceux qui ne vivent pas loin qui viennent acheter mes gâteaux ou mes ‘minn frir’. Mais il y a aussi beaucoup de passagers d’autobus ou des conducteurs qui s’arrêtent pour s’acheter quelque chose à grignoter.» Pour elle, tous les jours c’est une nouvelle aventure avec les clients.

Medgée Émilien est heureuse de pouvoir enfin tenir son propre petit coin aujourd’hui et peut-être voir plus grand dans le futur. Elle a eu à faire des efforts et des économies pour en arriver là et tout dépendra de l’état de ses finances. «J’ai dû suivre des cours pour que je puisse obtenir les permissions requises pour ouvrir mon restaurant. Mais j’ai fait des efforts parce que j’avais envie de réussir. Je l’ai aussi fait pour mes trois fils, pour que je puisse les scolariser et leur laisser quelque chose», ajoute aussi Medgée Émilien. D’insister : «Je sais que je veux faire quelque chose de plus grand que ma petite case en tôle un jour. Je veux le faire pour mes enfants.»

Pour le moment, c’est à Carré-d’As qu’elle se trouve et qu’elle continuera à faire mijoter ses plats pour le plaisir des habitants et des passants.

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