Services financiers: «Les Mauriciens extrêmement compétents il en existe, mais ailleurs»

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Sherry Singh (4e à partir de la g.) de MT, Benjamin Yablon (5e) de Salt Lending Holdings et Anthony Leung Shing de PwC (6e) sont intervenus à l’hôtel Intercontinental, jeudi 20 septembre.

  Sherry Singh (4e à partir de la g.) de MT, Benjamin Yablon (5e) de Salt Lending Holdings et Anthony Leung Shing de PwC (6e) sont intervenus à l’hôtel Intercontinental, jeudi 20 septembre.  

Le constat est unanime: Maurice dispose de peu de talents capables d’utiliser des technologies innovantes, telles la fintech, l’intelligence artificielle ou encore la technologie blockchain. Un défi auquel sont confrontés le secteur des services financiers et, dans une moindre mesure, le secteur bancaire, afin d’amorcer la prochaine étape de leur évolution.

Cette problématique a dominé tous les échanges lors de la première session du deuxième et dernier jour d’une conférence organisée par la Financial Services Commission (FSC) et intitulée «Mauritius IFC-Forward looking». Il s’agissait, pour la FSC, de démontrer qu’avec l’appui des services financiers, Maurice peut accéder au statut de pays à haut revenu.

«Nous sommes limités en termes de talents», a expliqué Anthony Leung Shing, Country Senior Partner du cabinet d’audit PwC Mauritius. S’appuyant sur les résultats d’une recherche sur les caractéristiques des centres financiers étrangers dont les activités sont animées par la Fintech, il a voulu démontrer qu’outre une juridiction bien planifiée et orchestrée, d’autres éléments sont indispensables pour faire décoller un tel centre financier.

«Si nous voulons faire du centre mauricien des services financiers un hub, l’apport des talents est indispensable. «Nous avons besoin d’attirer des talents dans ce pays.»

En sus des talents, Anthony Leung Shing a évoqué la capacité du pays à attirer l’expertise dont il ne dispose pas, à lever les capitaux pour un secteur des services financiers relooké. Ainsi que la capacité à mettre en place de nouveaux services pour lesquels il y a une véritable demande tant sur le marché local qu’étranger.

Sur le plan des infrastructures que nécessite le recours à l’apport des technologies innovantes, Mauritius Telecom est prêt à honorer ses engagements. En revanche, devait noter Sherry Singh, son Chief Executive Officer, le défi se situe au niveau des talents. Éléments indispensables pour comprendre, manipuler, gérer et assurer un service de maintenance des activités assistées par les technologies innovantes.

«Si nous voulons faire du centre mauricien des services financiers un hub, l’apport des talents est indispensable», a-t-il insisté. «Nous avons besoin d’attirer des talents dans ce pays. C’est bien sur la base des talents dont dispose le pays que le démarrage d’un secteur basé sur le recours à une technologie innovante spécifique peut être enclenché et accéléré», a ajouté Sherry Singh.

Umar Bagus, Associate Partner, Mc Kinsey & Cie, est allé plus loin. Soulignant que la matrice même d’une industrie qui veut utiliser une technologie innovante pour avancer, doit avoir comme éléments de base les talents. 

Les propositions en vue de combler le manque de talents ont été nombreuses. Citons, entre autres, la sensibilisation des enfants dès les premières classes à l’importance des technologies innovantes ; la mise en place d’un mécanisme devant permettre au pays de disposer des talents dont il a besoin pour promouvoir les secteurs d’activité où les technologies innovantes sont incontournables ; la constitution d’un ensemble d’incitations afin d’attirer sur le territoire mauricien les talents étrangers ; la chasse aux talents émergents ; la transformation des compétences existantes en talents ; l’appel à la fibre patriotique afin que les talents mauriciens à l’étrangers puissent revenir au pays.

«C’est dommage», a fait valoir Umar Bagus que le pays ne parvienne à faire revenir ses talents à Maurice. «Les talents mauriciens extrêmement compétents, il en existe. Mais ailleurs. Il faut tenter de les faire revenir au pays.»

Dans la foulée, Umar Bagus a fait ressortir que les facilités que le pays offre pour attirer ses talents doivent être du même niveau que ce dont ils bénéficient à l’étranger. Et d’ajouter que les changements manifestés dans les instances décisionnelles du pays doivent être reproduits dans toute la chaîne des prestations de services publics du pays. 

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