La réforme électorale que veulent les Mauriciens

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Une Mauricienne déposant son bulletin de vote dans l’urne.

Une Mauricienne déposant son bulletin de vote dans l’urne.

Le gouvernement compte présenter le rapport sur la réforme électorale après le Conseil des ministres, aujourd’hui. «L’express» s’est intéressé à ces apolitiques et ces anciens de la politique active, qui se sont penchés sur la question de savoir ce que veulent les Mauriciens en la matière.

«Nous avons trop souvent voté pour des fantômes…» Cette phrase est signée par le gérant de la librairie Le Cygne, Ming Chen. Selon lui, le système électoral actuel ne permet pas aux Mauriciens de bien connaître les gens qui se portent candidats aux élections générales.

«Parfois, il s’agit de parfaits inconnus qui se portent candidats sous la bannière d’un parti connu. Nous découvrons les personnages une fois qu’ils accèdent au poste de député. Il faudrait commencer par bien présenter ceux qui postulent pour être candidats. Cela ne se fait pas sur une estrade lors d’un meeting», soutient-il. Ming Chen insiste sur le fait que ces candidats doivent être dotés de bon sens et qu’ils ne doivent pas être «à risque». «Pour le moment, je vois que l’accent est mis sur les minorités. Or, il y a beaucoup de gens très valables à Maurice mais qui ne sont pas en avant. Cette réforme devrait aider ces gens-là à percer.»

Interrogé, Faizal Jeeroburkhan, de la plateforme Think Mauritius, est d’avis que les Mauriciens ont compris que le First Past The Post (FPTP) a fait son temps. Il cite comme exemple les dernières législatives qui ont «quelque peu déformé la démocratie». Une vraie réforme électorale devrait également viser à éliminer le «favoritisme, communalisme, transfugisme ou encore le castéisme». Comment ?

Faizal Jeeroburkhan estime qu’il faudrait constituer un panel composé d’experts en élections apolitiques pour trouver la bonne formule pour le pays. Toutefois, certaines mesures coulent de source, comme revoir à la baisse le nombre de parlementaires. «Le peuple est d’avis que nous avons trop de ministres et de députés. Si une seule personne peut cumuler le poste de Premier ministre et celui de ministre des Finances, pourquoi ne pas regrouper différents ministères ? Cela nous coûtera moins cher.»

Sanjit Teelock, ancien Deputy Speaker à l’Assemblée nationale, est également contre l’idée d’augmenter le nombre de députés. Il condamne aussi l’introduction de n’importe quelle dose de proportionnelle. «C’est un danger pour Maurice. Je vous cite l’exemple de l’Italie, de l’Allemagne et d’Israël où règnent souvent l’instabilité politique. Je suis contre l’augmentation du nombre de députés, sur- tout si le choix des députés à la proportionnelle est entre les mains des leaders des partis politiques.»

Au chapitre de la concentration de pouvoir, Think Mauritius estime que le Premier ministre en détient déjà trop. Trop de pouvoir accordé à une seule personne ne peut qu’être néfaste. Il cite comme exemple le fait que ce soit ce dernier qui décide de la durée des sessions parlementaires et des vacances. En d’autres mots, le chef du gouvernement décide quand le Parlement siège et quand il est fermé. «Les citoyens sont agacés de toutes les manœuvres immorales qui se passent au niveau de l’Assemblée nationale.»

En ce qui concerne le Best Loser System (BLS), Faizal Jeeroburkhan explique qu’il bafoue le «mauricianisme» et encourage le «transfugisme qui est une aberration de la démocratie». Il avance que la population ne veut plus du BLS. Mais qu’il faut, au contraire, accorder plus de pouvoirs à l’Electoral Supervisory Commission (ESC). «C’est cette instance qui aurait dû décider de la fermeture du Parlement ou de la date des élections.» L’ESC devrait également être plus indépendante. Alors que dans la réalité, c’est le PM qui choisit les membres qui y siègent, donc, des nominés politiques.

Nous avons également sollicité le dramaturge Gaston Valayden. D’emblée, il affirme que le découpage des circonscriptions est à la source de la plupart des problèmes qui existent à Maurice. «La solution est simple. Il faut éliminer les circonscriptions, organiser un vote national et présenter tous les candidats. Cela éliminerait de facto toutes les considérations religieuses, ethniques et communautaires.»

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