Interdiction bancaire: la nomination d’Anoop Nilamber retardée

Avec le soutien de
(Photo d'archives) Anoop Nilamber a été choisi pour succéder à Sridhar Nagarajan à la tête de la MauBank.

(Photo d'archives) Anoop Nilamber a été choisi pour succéder à Sridhar Nagarajan à la tête de la MauBank.

La nomination d’Anoop Nilamber au poste de Chief Executive Officer (CEO) de la MauBank est-elle fortement compromise ? L’annonce faite en exclusivité par l’express hier de l’interdiction faite à son encontre d’émettre des chèques jusqu’en 2020 par la Banque de France, après la découverte d’un chèque sans provision émis par lui en mars 2015, pourrait remettre en question ce choix avalisé par le board le 31 août.

Cette révélation embarrasse singulièrement le principal concerné qui s’apprêtait à prendre son poste lundi, succédant à Sridhar Nagarajan dont le contrat pour un nouveau mandat de trois ans n’a pas été renouvelé par le gouvernement. Alors que dans un premier temps, Anoop Nilamber disait à notre journaliste qu’il ignorait cette interdiction, il a été contraint de mettre le cap hier soir sur Paris en vue de récupérer le document auprès de la Banque de France qui pourrait éventuellement suspendre l’interdiction bancaire qui pèse sur lui. Une démarche entreprise même si dans les colonnes de l’express il déclarait que le montant du chèque en question, soit 1 000 euros, «n’est pas dramatique».

Cette affaire soulève de sérieuses interrogations sur les procédures suivies par la Banque de Maurice pour déclarer «fit & proper» le conseiller économique de Pravind Jugnauth au poste de CEO. «Comment se fait-il que la Banque centrale n’a pu réussir à découvrir cet interdit bancaire alors que la presse y est parvenue ?» lance un ex-gouverneur de la Banque de Maurice. Il ajoute que la Banque en tant qu’organisme régulateur du secteur bancaire aurait dû demander la suspension immédiate de cette nomination, en attendant la fin de l’enquête que la Banque centrale a initiée hier.

Réputation

Dans les milieux bancaires, on se demande si la candidature d’Anoop Nilamber n’a pas été entérinée comme une simple routine. «La MauBank en tant qu’employeur et la Banque centrale en tant qu’organisme régulateur du secteur bancaire ont-elles réalisé un examen rigoureux du parcours professionnel d’Anoop Nilamber par rapport à l’importance de la fonction qu’il est appelé à occuper ?»

Quant à Eric Ng, économiste, il estime que la réputation du secteur bancaire est tellement fragile que «le cas allégué de l’émission d’un chèque sans provision de la part d’un Chief Executive Officer d’une institution bancaire arrive à un très mauvais moment». Et d’ajouter comme d’autres que la Banque centrale ne peut être mise hors de cause dans ce qui s’est passé. «L’application rigoureuse des règles fondamentales associées au principe de ‘due diligence’ a-t-elle été effectuée ?» se demande-t-il.

Pour sa part, le bâtiment du Trésor suit cette affaire de près et s’attend qu’Anoop Nilamber vienne avec des documents officiels pour prouver que son nom a été effectivement enlevé du Fichier central des chèques afin d’occuper son poste.

Comme on pouvait s’y attendre, les tracasseries du nouveau patron de la MauBank ont été au cœur d’échanges informels des participants à la conférence sur le Global Business à Balaclava.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires