Réforme électorale: le gouvernement devra-t-il revoir sa copie ?

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Le projet de loi sur la réforme ne sera pas adopté en l’absence des voix du MMM et de ceux du PMSD.

Le projet de loi sur la réforme ne sera pas adopté en l’absence des voix du MMM et de ceux du PMSD.

La réforme électorale est déjà rejetée par les principaux partis politiques. Au bureau du Premier ministre, l’on se dit déterminé à réformer le système électoral et cela, malgré l’incertitude autour de l’obtention d’un vote à la majorité des trois quarts à l’Assemblée nationale après le revirement du Mouvement militant mauricien (MMM).

Le gouvernement pourrait rendre public le rapport du comité interministériel sur la réforme demain, vendredi 21 septembre, à l’issue de la réunion du Conseil des ministres. Une conférence de presse du Premier ministre est prévue dans l’après-midi.

Pour l’heure, le gouvernement devrait proposer une Assemblée nationale composée de 81 élus. Il y aurait 60 + 3 (Rodrigues) issus du First Past the Post (FPTP), 12 de la représentation proportionnelle et un minimum de six sièges additionnels (post-Best Loser System) dont l’allocation serait effectuée par les chefs de parti à la suite de la proclamation des résultats.

Si le MMM avait initialement annoncé son intention de voter under protest, une phrase dans le document fait à présent bondir Paul Bérenger : «To restore the majority secured under FPTP.» En conférence de presse hier, le leader des Mauves a qualifié les propositions de «non-réforme» car elles ne corrigeraient pas les injustices du système actuel c’est-à-dire qu’elles ne réduiraient pas l’écart entre le pourcentage de voix et celui des sièges obtenus mais renforceraient l’avance du parti victorieux. En l’absence des voix du MMM, du Parti mauricien social-démocrate (PMSD), du Parti travailliste et du Mouvement patriotique et des députés indépendants, le projet de loi sur la réforme ne sera pas adopté.

Le gouvernement se retrouve dans une situation déjà compliquée compte tenu de l’impératif juridique lié au constitutional case de Rezistans ek Alternativ en Cour suprême. «Le gouvernement va de l’avant avec la réforme conformément à ses engagements pris en Cour suprême, mais nous n’avons pas de contrôle sur les trois quarts de voix nécessaires en ce qui concerne son adoption. En cas d’échec, le gouvernement pourrait en Cour suprême arguer sa “bonne foi” et rejeter la faute sur un manque de consensus concernant la réforme électorale», dit-on dans les milieux concernés.

Alternative

Deux solutions s’offriraient au gouvernement. Ouvrir les négociations avec les partis d’opposition pour tenter d’aplanir les différends et revoir sa copie pour une réforme à la satisfaction de tous.

Mais déjà, certaines positions s’annoncent inconciliables comme celle du PMSD. Les Bleus ont annoncé leur intention de ne pas voter le texte de loi si les bribes d’information sont confirmées surtout l’abolition du Best Loser System et le nombre d’élus sous la proportionnelle. «À ce stade, nous ne voterons pas», affirme Xavier-Luc Duval.

La perspective de voir aboutir la reforme s’éloigne et cela inquiète Rezistans ek Alternativ. «On s’attendait à un sursaut, à un peu plus de maturité de la part de nos politiciens traditionnels, fait valoir Ashok Subron. C’est du mauvais spectacle.» Que ce soit le gouvernement ou l’opposition, c’est la même surenchère, selon le parti de gauche.

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Maurice est bel et bien engagé pour réformer son système électoral, tout en introduisant la proportionelle. C’étaient les propos de SAJ en 2015. Trois ans plus tard, le gouvernement a soumis ses propositions. Elles devront être validées au Parlement par une majorité des trois-quarts.  Ce qui est loin d’être gagné car la quasi-totalité des partis d’opposition se sont déjà prononcés contre.

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