Task Force: convocations et inculpations d’ici fin septembre ?

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Aucune indication n’a filtré sur l’approche des membres de la Task Force concernant Roubina Jadoo-Jaunboccus, Sanjeev Teeluckdharry, et l’avocat Raouf Gulbul.

  Aucune indication n’a filtré sur l’approche des membres de la Task Force concernant Roubina Jadoo-Jaunboccus, Sanjeev Teeluckdharry, et l’avocat Raouf Gulbul.  

La Task Force instituée par le Premier ministre à la suite de la publication du rapport de la commission d’enquête sur le trafic de drogue pourrait enclencher des convocations et des interpellations d’ici fin septembre. C’est ce qui ressort des recoupements provenant des Casernes centrales. La Task Force s’est réunie cet après-midi au siège de l’ICAC et compte un nouveau membre. Soit le commissaire des prisons Vinod Appadoo.

Presque une semaine après la première réunion de la Task Force avec les responsables de la force policière, ceux de l’Independent Commission against Corruption, de la Financial Intelligence Unit (FIU), de l’Integrity Reporting Services Agency et la Mauritius Revenue Authority, l’on indique que le rythme de travaux devrait s’accélérer avec l’élaboration d’un calendrier en marge des prochaines séances d’interrogatoire.

S’il est encore trop tôt pour parler d’arrestation, une source proche du dossier fait ressortir que dans plusieurs cas, il y a déjà des éléments incriminant certaines personnes. Le rapport, et surtout les annexes produits par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen et ses assesseurs, déblaient considérablement le terrain pour les membres de la Task Force.

L’on parle de «detailed prima facie evidence» de l’implication de certains dans le trafic de drogue. Hormis les conclusions «damning» de la commission d’enquête qui ont déjà entraîné la démission de deux membres du gouvernement, la FIU disposerait également d’informations à propos des individus incriminés. «Certaines connexions ont déjà été établies avec les parrains de la drogue.»

Matière à poursuites

En revanche, dans plusieurs cas où il y a un manque de «concrete ou corroborative evidence», les recommandations de la commission d’enquête ne seront pas appliquées de facto, explique un enquêteur. «Il y aura interpellation ou inculpation si la Task Force trouve matière à poursuites.»

Ainsi, la Task Force pourrait avoir beaucoup de mal à avancer sur le terrain politique avec les trois VIPs, à savoir l’ex-ministre Roubina Jadoo-Jaunboccus, l’ancien Deputy Speaker Sanjeev Teeluckdharry, et l’avocat Raouf Gulbul. Les trois membres du MSM seront-ils convoqués au même titre que les autres personnes dont les noms ont été cités dans le rapport ?

À ce stade, aucune indication officielle sur l’approche des membres de la Task Force sur cette partie «sensible» de leur enquête approfondie. Dans les milieux concernés, l’on affirme qu’il se pourrait que les trois obtiennent un répit en attendant que la Cour suprême rende sa décision. La question se pose aussi quant au sort des 17 avocats qui ont été cités dans le rapport.

Le directeur de la commission anticorruption, Navin Beekarry, déjà sous le feu des critiques à peine sa nomination annoncée en tant que président de la Task Force, avait déjà averti que «les enquêtes prendront beaucoup de temps et seront très complexes». Il dit s’appuyer sur son expérience pour soutenir ses propos. L’autre crainte se situe également au niveau de la coordination entre les différentes agences.

Cette coopération, notamment au sujet du partage d’informations, a souvent été problématique dans le passé. Une situation attribuée à un problème d’ego, selon l’ancien juge Lam Shang Leen dans son rapport.

Mystère des 16 kilos d’héroïne: une enquête au point mort

Plus de six semaines après l’annonce d’une enquête sur la disparition de 16 kilos d’héroïne de la cargaison saisie au port, en mars 2017, rien n’a encore été fait. Les travaux devaient démarrer à la fin du mois d’août. Le Premier ministre avait déclaré, lors d’une conférence de presse le 27 juillet, qu’il avait désigné l’ex-juge Paul Lam Shang Leen pour mener une enquête indépendante sur cette mystérieuse disparition. Pourtant, selon les informations recueillies, Paul Lam Shang Leen se montre réticent à accepter cette nouvelle responsabilité, surtout après les récentes critiques faites à son égard.

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Le rapport de la commission d’enquête sur la drogue a été rendu public vendredi 27 juillet. Et les répercussions sont nombreuses. Le barreau notamment y est mis à mal ; les noms de plusieurs avocats, dont Me Raouf Gulbul, sont cités, la commission Lam Shang Leen recommandant des enquêtes approfondies. Le gouvernement n’est pas non plus sorti indemne. Cités dans le rapport, la ministre Roubina Jadoo-Jaunbocus et le Deputy Speaker Sanjeev Teeluckdharry ont dû «step down». Diverses institutions sont également montrées du doigt.

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