Liverpool-PSG: Klopp contre Tuchel, la furie et la tactique

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L'entraîneur de Liverpool Jurgen Klopp (g) serre la main de celui de Thomas Tuchel alors entraîneur de Dortmund lors des quarts de finale de l'Europa League le 14 avril 2016.

L'entraîneur de Liverpool Jurgen Klopp (g) serre la main de celui de Thomas Tuchel alors entraîneur de Dortmund lors des quarts de finale de l'Europa League le 14 avril 2016.

L’un est aussi bouillant et entraînant que le public de Liverpool, l’autre est une «tronche» de la tactique à l’élégance toute parisienne: Jürgen Klopp et Thomas Tuchel, opposés mardi en Ligue des champions, sont très différents malgré une même nationalité et un parcours un peu similaire.

. Mayence, Dortmund, puis l’étranger

Des débuts comme entraîneur sur le banc de Mayence, la renommée internationale sur celui du Borussia Dortmund, puis un grand challenge à l’étranger: le parcours de Thomas Tuchel, qui vient de fêter ses 45 ans, suit à quelques années d’intervalles celui de son prédécesseur sur le banc du BVB, Jürgen Klopp (51 ans ans).

«Contrairement à Tuchel, Klopp a évolué quelque temps chez les pros en tant que joueur. Il connaît donc un peu mieux le terrain», nuance toutefois dans Le Parisien Erich Rutemöller, leur formateur au diplôme d’entraîneur en 2006. Car il y a plus de différences que de points communs entre Klopp, né à Stuttgart, et Tuchel, l’enfant de Krumbach.

. Maître et élève

Le passif, d’abord: Klopp entraîne depuis plus longtemps, lui qui a commencé comme entraîneur-joueur à Mayence, qui avait fait appel à lui au début des années 2000 un peu en dernier recours. Il a quitté le club - en héros - huit saisons plus tard pour briller au Borussia Dortmund (2008-15), devenant le seul à pouvoir contester l’hégémonie du tout puissant Bayern Munich.

Tuchel a lui coaché Mayence de 2009 à 2014, sans laisser les mêmes bons souvenirs que le charismatique 'Kloppo'. Et n’est resté que deux saisons à Dortmund (2015-2017), où il a gagné son seul titre à cette date, une Coupe d’Allemagne (2017).

C’est une autre différence avec son prédécesseur, car si Klopp s’est forgé au gré des saisons un embarrassant blason de «loser» de finales (6 sur 7, dont la dernière en Ligue des champions contre le Real Madrid), il a quand même un palmarès enviable au pays du Bayern: deux championnats d’Allemagne (2011, 2012) et une Coupe d’Allemagne (2012).

. Deux types de charisme

Est-ce là ce qui le rend très populaire dans son pays - il apparaît régulièrement dans des spots publicitaires - et en fait un candidat récurrent à la succession de Joachim Low à la tête de la Mannschaft? Pas seulement.

Jurgen Klopp sait aussi se faire apprécier, grâce à sa voix de basse, son oeil rieur, son humour mordant. «Il est très généreux avec ceux avec qui il travaille, et toujours très attentif à son environnement», note aussi son biographe Raphael Honigstein. Et son football fait de pressing agressif et de contres supersoniques électrise ses joueurs comme le public en général.

Thomas Tuchel n’est pas moins charmeur, quoique plus cérébral: ce fin tacticien à la très longue envergure, s’exprime avec naturel, le plus souvent dans un Français de qualité, et a su convaincre, jusqu’à présent, le susceptible vestiaire parisien.

Gros bosseur - comme Klopp -, il a impulsé de grands changements au centre d’entraîneur du PSG et entend surveiller l’alimentation de ses troupes. Toutefois, sa franchise et son intransigeance lui ont valu quelques solides inimitiés en Allemagne et il est parti de Dortmund en mauvais termes avec son état-major.

. Marge de manoeuvre

Il y a enfin une différence de taille entre les deux hommes: Tuchel vient de débarquer à Paris, alors que Klopp est à Liverpool depuis 2015.

La «grande gueule», qui reste incontesté en Angleterre, a eu le temps de façonner l’équipe qui lui convenait, et «cet été sa liste de souhaits a été satisfaite» avec le gardien Alisson Becker, les milieux Naby Keita et Fabinho, l’attaquant Xherdan Shaqiri, a exposé au magazine Four Four Two Matt Ladson, ancien défenseur du club.

L’effectif du PSG n’est pas mal non plus, avec notamment en son sein les deux joueurs les plus chers du monde, Neymar et Kylian Mbappé.

Mais si Paris a enrôlé trois anciens joueurs de Bundesliga cet été (Thilo Kehrer, Juan Bernat, Eric Maxim Choupo-Moting), Thomas Tuchel n’a pas eu le droit au milieu défensif qu’il n’a cessé de réclamer. Faute de temps, mais aussi parce que son club est sous la surveillance de l’UEFA dans le cadre du fair-play financier.

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