Marché automobile: La police enquête sur la vente de voitures reconditionnées

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(Photo d’illustration) Il y aurait 101 voitures accidentées en circulation sur nos routes depuis le début de l’année

(Photo d’illustration) Il y aurait 101 voitures accidentées en circulation sur nos routes depuis le début de l’année

C’est la grogne chez les concessionnaires. Certains importateurs leur feraient concurrence en vendant des voitures achetées à des prix compétitifs aux enchères japonaises, dont le kilométrage est de plus de 80 000 km, entre autres, déplorent-ils.

Odomètre trafiqué. Limite d’âge autorisée dépassée. Des voitures japonaises importées par certains suscitent la colère des autres. Une dizaine de concessionnaires ont alerté les autorités concernant les problèmes qu’ils ont rencontrés durant la semaine écoulée. Depuis le début de l’année, il y aurait 101 voitures accidentées en circulation sur nos routes. Interrogée par l’express, une source autorisée du ministère du Commerce affirme qu’une enquête policière est en cours. «Il y a eu plusieurs cas où il y a eu un soupçon de fraude. Ils ont été référés à la police», indique-t-elle.

Selon les concessionnaires, des véhicules avec un kilométrage de plus de 80 000 km sont vendus à bas prix aux enchères japonaises. Selon eux, après que tous les certificats ont été obtenus des autorités nippones, l’odomètre (NdlR, instrument servant à mesurer un trajet parcouru par une voiture) est manipulé, soit par les fournisseurs de voitures soit par les importateurs euxmêmes. Ils recommandent que tous les certificats délivrés par la Japan Used Motor Vehicles Exporters Association soient visibles sur tous les véhicules mis en vente.

Pratiques frauduleuses

Autre irrégularité alléguée : des voitures de plus de quatre ans seraient importées alors que la limite maximale prescrite par la loi est de 48 mois. Les concessionnaires recom- mandent que les compagnies maritimes délivrent une lettre aux transitaires représentant ceux du Japon pour certifier la date exacte de la cargaison. «Une copie nous sera remise lorsque nous allons récupérer l’ordre de livraison avec le tran- sitaire local», préconisent-ils.

Comment ces voitures accidentées pénètrentelles le marché mauricien ? Cette pratique daterait de 2015-2016, selon Salim Krumtally, le directeur de Salim Auto. Il avance qu’il y a quelque 8 000 voitures accidentées sur nos routes à ce jour. Plusieurs Auction Sheets falsifiées auraient été soumises au ministère du Commerce pour l’obten- tion d’un permis d’importation. «C’est une copie du document qui est exposée au ministère du Commerce. Pas l’original», soutient-il. Ce qui ouvrirait la voie à des pratiques frauduleuses.

Salim Krumtally avance qu’une centaine de ces véhicules sont arrivés à Maurice entre 2015 et 2016. Selon lui, ce sont des compagnies pakistanaises qui sont à l’origine de l’importation de véhicules accidentés. «Éna inport tou loto ségonn-min anba 2-3 an», lance-t-il. Selon le concessionnaire, chaque importateur de voitures seconde-main a une garantie bancaire de Rs 10 millions qu’il donne au ministère du Commerce.

«Si démin éna enn claim, gouvernman servi sa larzan-la pou dédomaz propriyéter lotola. Ziska zordi, gouverman pa finn pourswiv inportater», fait valoir Salim Krumtally.

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