Growfish vs AHRIM: Jocelyn Kwok insiste sur les risques d’attaques de requins

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L’AHRIM conteste le permis Environment Impact Assessment octroyé à la compagnie aquacole Growfish.

  L’AHRIM conteste le permis Environment Impact Assessment octroyé à la compagnie aquacole Growfish.  

L’affaire opposant l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM) et Growfish International a été appelée devant le Tribunal de l’Environnement, ce lundi 10 septembre. L’AHRIM conteste le permis Environment Impact Assessment (EIA) octroyé à la compagnie aquacole.

Le Chief Executive Officer (CEO) de l’AHRIM, Jocelyn Kwok, a été contre-interrogé par Me Robin Ramburn, SC, qui représente Growfish International. Jocelyn Kwok a fait ressortir qu’un projet de ferme aquacole d’une telle envergure comporte des risques qui ne sont pas complètement maîtrisés.

L’avocat de Growfish International a rappelé au CEO de l’AHRIM que la compagnie avait initialement lorgné deux sites au Morne. Une idée abandonnée par la suite. «En tant que personnes responsables, mes clients ont considéré le fait que le site est à la fois touristique en raison des hôtels qui y sont présents et culturel pour son ‘Heritage Site’. Ne voyez-vous pas que c’est une attitude responsable de leur part?»

Réponse de Jocelyn Kwok : il ne peut… répondre. Il n’empêche qu’il est catégorique concernant la production de 100 000 tonnes de poissons qui risque d’attirer les requins. Me Robin Ramburn a alors voulu savoir d’où il sort ce chiffre.  

«C’est dans le document de demande de l’EIA», a répondu Jocelyn Kwok.

«Forte impression»

Me Robin Ramburn a également voulu savoir si ces 100 000 tonnes seront produites à court terme. Jocelyn Kwok devait indiquer que dans un premier temps, la production tournerait autour de 30 000 tonnes. Ajoutant que celle-ci devrait atteindre les 100 000 tonnes sur une période de 8 à 10 ans.

L’avocat a alors rétorqué que le CEO de l’AHRIM ne devrait pas utiliser ce chiffre de 100 000 tonnes juste pour faire «forte impression». Il devait, dans la foulée, faire remarquer qu’en Norvège, la production tourne autour de 450 000 tonnes et il n’y a, pourtant, jamais eu d’attaque de requins.

L’avocat a, par ailleurs, déclaré que les membres de l’AHRIM participent activement à la régénération du récif corallien à proximité de la ligne côtière de Maurice, ce qui attire les poissons. «Les poissons viennent, ainsi que leurs prédateurs.»

Alors que Jocelyn Kwok tentait d’expliquer que le nombre de poissons n’était pas aussi important, l’avocat lui a lancé : «You are not expert in fish behaviour to know the amount.» Et de laisser entendre que la quantité de poissons pourrait être plus élevée que la production qu’envisage Growfish International.

Aucune attaque de requins

Me Odile Ombrasine, qui représente le ministère de l’Économie océanique et la pêche, a aussi contre-interrogé le CEO de l’AHRIM. Elle s’est notamment attardée sur les articles de presse, en 2017 et cette année, qui parlent de capture de requins. «Il n’y a pas eu d’attaque de requins», a-t-elle avancé.

Et de lancer à Jocelyn Kwok : «Are you aware that the ocean with a natural eco-system with zero-risk of sharks is irrational?» Le CEO de l’AHRIM a répondu par l’affirmative. Mais il devait insister sur le fait qu’une ferme aquacole de la taille qu’envisage Growfish International pose un risque potentiel d’attaques de requins.

Les travaux, qui ont été entendus par Vedalini Bhadain, ont été ajournés à demain, mardi le 11 septembre. L’AHRIM est représentée par Me Maxime Sauzier, SC, et Me Valentine Mayer, alors que Growfish International a retenu les services de Me Robin Ramburn et Anwar Moollan.

Dans cette affaire, la Sea Users Association conteste aussi l’octroi du permis EIA à Growfish International. Elle est représentée par Me Anne-Sophie Julienne.

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