Descente policière musclée chez les Goodur: que s’est-il réellement passé?

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Siddick Goodur soutient avoir été vandalisé. Des vitres de son domicile ont été brisées lors de la descente policière jeudi 6 septembre.

  Siddick Goodur soutient avoir été vandalisé. Des vitres de son domicile ont été brisées lors de la descente policière jeudi 6 septembre.  

Il a retenu les services d’un avocat. Et compte entamer des poursuites contre les policiers qui ont fait une descente musclée à son domicile, à la rue Sir Abdool Raman Osman, à Camp La Hache, L’Escalier, jeudi 6 septembre. Siddick Goodur, 58 ans, ne décolère pas et parle de brutalité policière.

Pourtant, les Goodur sont dans le collimateur de la police depuis assez longtemps. Les forces de l’ordre ont, en effet, reçu des plaintes à l’effet que cette famille s’adonnerait au trafic de drogue. Ce «business» se déroulerait en début de soirée, d’où la descente de la police vers 18 h 30.

«Si mo pa diman zot kalmé ek les lapolis pasé, ti pou pli grav. Dé polisié inn blésé, mo pa responsab parski mo ti andan mo pa koné ki’nn arivé.»

Descente policière qui a mobilisé les éléments de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), le Groupement d’intervention de la police mauricienne, le MARCOS, la Special Supporting Unit (SSU) et l’Emergency Response Service. Sauf que les choses ne se sont pas passées tout à fait comme prévu. 

Une foule hostile s’est amassée devant le domicile des Goodur pour faire obstruction à l’opération de la police. Des pierres ont été lancées en leur direction, endommageant le véhicule du MARCOS. Deux policiers, soit un membre de l’ADSU et de la SSU, ont également été blessés.  

Siddick Goodur affirme qu’il n’est nullement responsable de ce qui s’est passé. «Si mo pa diman zot kalmé ek les lapolis pasé, ti pou pli grav. Dé polisié inn blésé, mo pa responsab parski mo ti andan mo pa koné ki’nn arivé.»

Cet employé de la poste de Mahébourg soutient que c’est vers 19 heures que tout a commencé. «On a entendu du bruit. J’avance le rideau et j’aperçois plusieurs hommes encagoulés devant la porte, difficile de savoir si ce sont des policiers.»

Tout à coup, les vitres volent en éclats. Et la porte est forcée. «Il faisait noir, je les voyais à peine. J’ai demandé ‘ki’nn arivé’. J’ai reçu un coup de matraque à la tête. J’ai commencé à saigner abondamment. Mo rédiman li ki mo’nn fer, li rétap mwa, j’ai tenté d’esquiver le coup mais je l’ai reçu sur mon épaule… S’en est suivi un troisième coup.» 

Siddick Goodur avance que son fils Javed, qui vient de rentrer de La Réunion, n’a également pas été épargné. Les policiers l’auraient menotté et jeté au sol avant de le frapper. 

Siddick Goodur soutient que les officiers de l’ADSU sont entrés à l’intérieur de la maison. «Ils ne m’ont pas montré leur mandat de perquisition.» La maison est fouillée. «Ils ont tous mis sens dessus dessous. Ils n’ont rien trouvé.» Le père de famille déclare que les policiers lui ont dit qu’ils ne faisaient que leur travail. 

Or, il s’insurge contre le fait que les officiers ont utilisé du gaz lacrymogène. Des enfants, âgés de 1 an et 2 ans, affirme-t-il, auraient été affectés. Plusieurs membres de sa famille, poursuit le quinquagénaire, ont dû recevoir des soins à l’hôpital. 

Siddick Goodur est bien décidé à ne pas en rester là. Il réclame une rencontre avec le commissaire de police, Mario Nobin.

Procédures respectées

Du côté de la cellule de communication de la police, on maintient que toutes les procédures ont été respectées et que les officiers étaient en possession d’un mandat dûment signé. Selon la loi, ajoute-t-on, la police peut faire usage de la force si l’accès à un lieu lui est refusé bien qu’elle soit munie d’un mandat de perquisition.

 
 
 
 
 
 
 
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