Les Chagossiens se posent toujours des questions quant à leur retour sur l'archipel

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Les Chagossiens Isabelle Charlot et Jean Paul France, originaires de Crawley, n’ont pu suivre les auditions à l’intérieur de la CIJ.

Les Chagossiens Isabelle Charlot et Jean Paul France, originaires de Crawley, n’ont pu suivre les auditions à l’intérieur de la CIJ.

«Le gouvernement n’a jamais joué cartes sur table…» Pour la présidente du Chagos Islanders Movement, Isabelle Charlot, même si la CIJ donne un avis consultatif favorable à Maurice, le combat va durer encore des décennies.

Dans six mois, la Cour internationale de justice (CIJ) donnera sa décision sur l’avis consultatif que Maurice sollicite d’elle sur les Chagos. Mais la position de notre pays ne fait pas l’unanimité. Certains Chagossiens, que ce soit ceux de la première génération ou leurs descendants, estiment que la position de Port-Louis est toujours floue. Et demandent des précisions…

La présidente du Chagos Islanders Movement, Isabelle Charlot, 39 ans et habitante de Crawley, en Angleterre, a essayé d’assister aux audiences devant la CIJ, mais n’a pas pu le faire. «Je voulais savoir ce qui se passe car il s’agit de notre avenir. De toute façon, le gouvernement n’a jamais joué cartes sur table dans ce combat», estime-t-elle. De faire ressortir que le combat va durer encore des décennies. Et ce, même si la CIJ donne un avis consultatif favorable à Maurice.

Pour Isabelle Charlot, et plusieurs descendants des Chagossiens, le droit de retour sur l’archipel n’est pas acquis. Maurice, dit-elle, a une position qui ressemble fort à un compromis : la base militaire peut rester même si l’île est retournée à Maurice. «Dans ce cas, quelles sont les conditions pour le resettlement ? Est-ce que c’est écrit quelque part ?» demande-t-elle.

La jeune femme a l’impression que la communauté chagosienne n’est qu’un pion dans cette affaire. Pour elle, le gouvernement utilise les drames humains fain d’entrer en possession de l’archipel et de percevoir des rentes directement des États-Unis.

«De toute façon, est-ce que le gouvernement nous a déjà considérés comme des citoyens comme les autres ? À l’école, on n’enseigne pas notre histoire. Nous sommes victimes de discrimination tous les jours», fait ressortir Isabelle Charlot.

Même son de cloche du côté de Jean Paul France. Il est hors de question pour ce Chagossien de faire confiance aux déclarations. Tant qu’il n’y aura pas un accord écrit pour le retour des Chagossiens sur leur île natale, il ne se bercera pas d’illusion. «Les auditions sont terminées, mais je ne suis pas plus confiant qu’avant. Nous avons tellement été menés en bateau», lâche-t-il. D’ajouter qu’il a demandé, à plusieurs reprises, des explications sur l’utilisation de l’argent que les Chagossiens ont reçu en compensation et qu’il attend toujours une réponse.

Est-ce que la crainte de cette nouvelle génération est fondée ? Non, à en croire le Premier ministre, Pravind Jugnauth. Questionné sur le droit de retour des Chagossiens, il affirme que c’est un point majeur du combat. «Nous allons mettre en place un programme qui facilitera le retour des Chagossiens qui souhaiteraient retourner chez eux», a-t-il avancé.

Le Premier ministre précise cependant qu’il ne faut pas spéculer sur ce que la cour décidera de faire. Quant à sir Anerood Jugnauth, il affirme que le droit de retour n’est même pas négociable. «Péna Anglé ek Amérikin pé rest laba ? Chagosien-la pa pou kapav resté li ?» a soutenu le ministre mentor.

Mais les déclarations ne suffisent plus pour avoir la confiance d’un peuple déraciné…

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Maurice a remporté une première bataille avec le vote de la résolution sur les Chagos à l’Assemblée des Nations unies le jeudi 22 juin. Une résolution adoptée avec 94 voix en faveur de la résolution, 15 voix contre et 65 abstentions. Prochaine étape : la Cour internationale de justice…

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