Déclaré mort par l’état civil, il lutte pour son identité

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Deoduth Madhup se retrouve avec un acte de décès au lieu d’une pièce d’identité.

Deoduth Madhup se retrouve avec un acte de décès au lieu d’une pièce d’identité.

Il ne touche plus sa pension depuis trois mois. La raison : il est mort aux yeux de l’État. Malgré plusieurs procédures enclenchées auprès de la Sécurité sociale, la situation de Deoduth Madhup n’a pas évolué.

Pour l’état, Deoduth Madhup est mort depuis 2013. Il a même son acte de décès, qu’il garde soigneusement. Sauf que cet homme de 73 ans est toujours en vie. Mais il n’a pas de nouvelle carte d’identité et ne touche pas de pension depuis trois mois. Au cours des quatre dernières années, il a entamé toutes les procédures possibles pour que l’État répare l’erreur commise, mais le vieil homme est fatigué d’attendre. Il doit se rendre en cour le mois prochain pour une comparution.

Deoduth Madhup nous accueille dans sa demeure, à Flacq. C’est en 2004, à l’âge de 60 ans, que ce retraité de la Fonction publique a su que quelqu’un d’autre a le même nom, le même âge, la même date de naissance, le même parent, la même pièce d’identité avec les mêmes numéros et le même acte de naissance que lui. Sauf que c’est lui le vrai Deoduth Madhup.

«À l’âge de 60 ans, quand je me suis rendu à la Sécurité sociale pour toucher ma pension, les fonctionnaires m’ont dit qu’il y avait quelqu’un d’autre avec le même nom qui est venu. Par la suite, ma pension a été coupée. On m’a dit qu’ils ne pouvaient pas donner une pension à deux personnes portant le même nom», relate le vieil homme.

Deoduth Madhup entame pour la première fois des démarches pour que son dû lui soit remboursé. «Après quelques mois, ils ont recommencé à me donner ma pension, mais elle a été une nouvelle fois coupée au profit de l’autre Deoduth Madhup.»

En 2006, il intente un procès en cour, l’autre Deoduth Madhup accepte dans un premier temps de changer son nom de famille pour Mandhup. Mais il s’absente lors des autres comparutions et le changement n’a pas lieu.

Depuis sa retraite, le septuagénaire enchaîne les galères. Il avait entamé des démarches pour obtenir un passeport afin de se rendre en Inde. Mais, le document lui est refusé. La raison est que deux personnes ne peuvent avoir le même passeport. En 2013, l’autre Deoduth décède. L’État déclare mort les deux hommes. Lorsqu’il se rend au bureau de l’état civil pour avoir son acte de naissance, afin d’obtenir une pièce d’identité, il reçoit à la place un acte de décès. «Je ne savais pas quoi faire. J’étais désemparé» explique le vieil homme.

Alerter la Commission des droits de l’homme

En 2014, son épouse décède. Depuis, le vieil homme se retrouve seul. Il craint que pour sa mort, ses enfants se retrouvent avec un fardeau. «Si j’ai déjà un acte de décès à mon nom, comment vont-ils me déclarer mort? Que va-t-on faire avec mon cadavre ? Légalement je suis mort. L’État ne me reconnaît pas.» En attendant, l’ami de Deoduth Madhub, Seeneevassen Jaganathen, compte alerter la Commission des droits de l’homme, en France, et le Conseil de l’Europe si la situation de Deoduth Madhub n’est pas rétablie rapidement.

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