Faut-il bannir le téléphone portable au collège ?

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L'Utilisation du portable se fait au détriment de la lecture, dit-on.

L'Utilisation du portable se fait au détriment de la lecture, dit-on.

L’appareil déconcentre les élèves, clament certains. D’autres, au contraire, trouvent que c’est un outil pédagogique. Les avis divergent ainsi sur la nécessité de légiférer quant à sa place à l’école.

Un texte de loi relatif à l’interdiction de l’usage du téléphone portable dans les écoles et les collèges a été définitivement adopté en France, ce moisci. Maurice devrait-elle aussi s’engager pour appliquer une loi similaire afin d’atténuer, un tant soit peu, l’impact des cas d’indiscipline dans les cycles primaire et secondaire ?

«Le mauvais usage des téléphones portables ne passe pas inaperçu dans les établissements du secondaire», déclare Rafick Soobadar, président de la Managers of Private Secondary Schools’ Union. C’est pour cette raison qu’il collecte les téléphones portables des élèves avant que les classes débutent et cela, avec le consentement des parents. D’ailleurs, il utilise un appareil pour détecter les téléphones portables. Ceux-ci sont retournés aux élèves après les heures de cours.

«Les enfants peuvent avoir accès à toutes sortes de choses insensées pendant les heures de classe. Cela peut les inciter à faire des choses inappropriées, comme la diffusion de photos et vidéos déraisonnables», indique Rafick Soobadar. En 2009, il a eu un cas où un élève s’était mis à partager une vidéo à caractère pornographique avec ses camarades.

Depuis cet incident, le syndicaliste est farouchement contre les téléphones portables. Il est catégorique. «Les élèves sont moins concentrés en classe quand ils sont en possession de leur téléphone portable.»

Pour sa part, Lysie Ribot, présidente de la Secondary and Preparatory School Teachers and Other Staff Union, soutient sans réserve l’introduction d’une loi contre les téléphones portables dans les écoles. Selon elle, l’utilisation de téléphones portables pendant les heures de classe est inadmissible.

«Un vrai casse-tête pour les enseignants », renchérit Munsoo Kurrimbaccus. Le secrétaire général de l’Union of Private Secondary Education Employers fait valoir que la présence des téléphones mobiles déconcentre non seulement les élèves mais également les enseignants.

Vinod Seegum, secrétaire général de la Government Teachers Union, avance, lui, qu’aucun écran tactile ne pourra remplacer les livres. «Un travail effectif n’est possible que par l’interaction enseignant-élève. Nos jeunes ne valorisent plus la culture de lecture. Les téléphones mobiles ne doivent pas avoir leur place dans les salles de classe», martèle-t-il.

«Je ne suis pas d’accord»

«Pourquoi prendre des mesures répressives ?» s’interroge, de son côté, Soondress Sawmynaden, président de l’Association des recteurs. Il affirme que le téléphone portable est un outil qui peut être utilisé pour l’encadrement pédagogique des élèves. Vasant Bunwaree, ancien ministre de l’Éducation, abonde dans le même sens. «Je ne suis pas d’accord avec un tel projet de loi. Les téléphones portables ont leur place», soutient-il. Du reste, Rafick Soobadar reconnaît que dans certaines matières comme l’Art ou Design and Communication, les collégiens utilisent leurs téléphones portables pour des besoins pédagogiques. «Je suis ni pour ni contre ce projet de loi», confie Preety Ramjutton, présidente de la Government Secondary School Teachers’ Union. Si une loi similaire à celle votée en France entrait en vigueur à Maurice, il «faudrait d’abord que les parents soient d’accord que la direction des écoles décide de ramasser les téléphones portables», prévient Rafick Soobadar. Mais surtout les écoles devront consentir à prendre la responsabilité de la garde des téléphones portables, ajoute-t-il.

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