Accord de pêche avec les Japonais: «Il y a de quoi être inquiet», dit Von-Mally

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Nicolas Von-Mally, ancien ministre de la Pêche

Nicolas Von-Mally, ancien ministre de la Pêche

Le ministre Vishnu Lutchmeenaraidoo a annoncé qu’il souhaitait la signature d’un accord de pêche avec les Japonais. Ce qui pose plusieurs questions.

Quand vous étiez ministre de la Pêche, vous aviez commencé les discussions avec les Japonais pour une collaboration. Donnez-nous des détails.

D’abord, laissez-moi vous dire qu’il n’était pas question d’un accord de pêche. Nous voulions lancer l’économie bleue. S’il y a accord, je n’en connais pas le contenu.

Cependant, je trouve que c’est vraiment étrange que ce soit le ministre des Affaires étrangères qui négocie avec le Japon. C’est plutôt le rôle du ministère de la Pêche en raison du suivi à faire.

Quand j’étais ministre, il était plutôt question d’avoir l’aide du Japon pour la recherche. Nous voulions développer l’élevage des crustacés et des coquillages. La culture d’algues était aussi à l’agenda. Les discussions étaient également sur la bonne voie pour la création d’une université de la mer à Rodrigues. Nous voulions en outre ouvrir une annexe du centre de recherches d’Albion dans l’île.

C’est dommage qu’il n’y ait pas eu de suivi. S’il y a vraiment un accord de pêche avec le Japon, l’on se demande s’ils pêcheront nos baleines, nos dauphins et nos requins.

«Quand j’étais ministre, il était plutôt question d’avoir l’aide du Japon pour la recherche. Nous voulions développer l’élevage des crustacés et des coquillages (…) Les discussions étaient également sur la bonne voie pour la création d’une université de la mer à Rodrigues.»

Vous vous rangez donc du côté des écologistes qui ont exprimé leurs craintes ?

Tout à fait. Il y a de quoi être inquiet. Vishnu Lutchmeenaraidoo doit rendre public tout accord. Est-il au courant que nous sommes signataires des conventions pour protéger des espèces marines ?

C’est le ministère de la Pêche qui aurait dû s’occuper de ce dossier. Il a des techniciens qui connaissent les implications. Il faut aussi rouvrir les dossiers qui étaient en bonne voie d’aboutir. Si on ne le fait pas, ce sera dommage.

Mais des bateaux de pêche étrangers, notamment d’Europe et de Chine, exploitent déjà nos eaux

L’accord signé avec l’Union européenne est clair. Il y a eu de longues discussions à Bruxelles. Nous avons également travaillé avec l’Indian Ocean Tuna Commission pour réglementer la pêche au thon. Il y a un quota à respecter et les prises sont contrôlées.

Pour les Chinois, ils doivent respecter la loi mauricienne et les conventions dont nous sommes signataires. Avec le Japon, j’ai l’impression que c’est fait par morceau. Il faut prendre en considération plusieurs aspects. Il faudra des consultations avec les pêcheurs. D’ailleurs, des pêcheurs mauriciens m’ont appelé pour exprimer leurs craintes.

Plus tôt, vous parliez de l’aquaculture, c’est également contesté…

Pour ce type de projets, il faut des consultations avec tout le monde. On ne peut pas aménager des fermes n’importe où. Elles ne doivent pas affecter l’activité touristique, l’environnement et les pêcheurs.

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