Chagos: les Mauriciens en Australie divisés

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Mardi 4 septembre, Bill Campbell, Queen’s Counsel, a affirmé qu’un avis consultatif sur les Chagos était hors de la juridiction de la Cour internationale de justice.

Mardi 4 septembre, Bill Campbell, Queen’s Counsel, a affirmé qu’un avis consultatif sur les Chagos était hors de la juridiction de la Cour internationale de justice.

Ils connaissent le déracinement pour l’avoir vécu. Mais les Mauriciens qui vivent en Australie sont-ils sur la même longueur d’onde que les Chagossiens ? D’autant que, mardi 4 septembre, leur pays d’adoption, par le biais de Bill Campbell, Queen’s Counsel, a affirmé qu’un avis consultatif sur les Chagos était hors de la juridiction de la Cour internationale de justice.

Interrogé, Régis Jasmin, ancien président du National Council of Mauritian Clubs & Associations of Australia, estime qu’il y a une zone d’ombre sur ce qui s’est passé lors des tractations à l’époque. «D’un côté, le ministre mentor, sir Anerood Jugnauth, dit que Maurice n’a jamais donné son accord pour la cession de l’archipel des Chagos au Royaume-Uni, alors que les autorités britanniques disent le contraire. Il est le seul membre survivant de la délégation qui a négocié avec les Anglais en 1965. Qui dit vrai ?»

Régis Jasmin, qui détient la double nationalité, poursuit : «Y a-t-il eu des arrangements ou des accords secrets dont on ignore les tenants et les aboutissants ?» Parlant des Chagossiens, il se demande qui sera responsable de cette partie du territoire si les Britanniques la restituent à Maurice et quel sera le statut de ceux qui détiennent la double nationalité.

«D’un côté, le ministre mentor, sir Anerood Jugnauth, dit que Maurice n’a jamais donné son accord pour la cession de l’archipel des Chagos au Royaume-Uni, alors que les autorités britanniques disent le contraire. Il est le seul membre survivant de la délégation qui a négocié avec les Anglais en 1965. Qui dit vrai ?»

L’ex-président du National Council of Mauritian Clubs & Associations of Australia avance que l’Australie ne peut voter contre l’Angleterre en raisonde son statut de monarchie constitutionnelle. Selon la Constitution de l’Australie, le gouverneur général représente la reine d’Angleterre.

De son côté, Yannick Periatamby, un Lightning Consultant qui vit à Perth depuis mai 2011, dit «définitivement soutenir les Chagossiens en tant que citoyen mauricien pour qu’ils retrouvent leur terre natale». Les politiciens du pays, à l’époque, auraient dû trouver une meilleure solution et éviter l’«échange» de l’archipel des Chagos avec les Britanniques pour obtenir l’indépendance.

Un autre Mauricien, qui a émigré à Melbourne, trouve choquante la manière de faire de Maurice. «Le pays est en partie responsable du déracinement des Chagossiens. Il n’a même pas mis sur pied un système pour les soutenir.»

L’attitude de l’Australie ne le surprend pas. Les aborigènes n’ont pas eu un meilleur traitement de la part du gouvernement australien. «Les Australiens ont la même attitude que les Anglais et l’Australie a de bonnes relations avec les États-Unis. Je n’ai pas été choqué quand ce pays a voté contre Maurice car il a pris les terres des aborigènes et voulait même éradiquer leur culture.»

Brunot Berthelot, qui a quitté Maurice en 2003 avec sa famille, condamne les Britanniques pour ce qu’ils ont fait aux Chagossiens. Il qualifie le déracinement de la population de l’archipel de «traitement inhumain». Il est d’avis qu’il y a eu un deal secret pour que Maurice obtienne son indépendance.

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Maurice a remporté une première bataille avec le vote de la résolution sur les Chagos à l’Assemblée des Nations unies le jeudi 22 juin. Une résolution adoptée avec 94 voix en faveur de la résolution, 15 voix contre et 65 abstentions. Prochaine étape : la Cour internationale de justice…

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