Rixe à Orly: un an avec sursis requis contre les rappeurs Booba et Kaaris

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Coups de pieds, insultes, bouteilles de parfums qui volent... Après leur sortie de prison, les rappeurs ennemis Booba et Kaaris se retrouvent jeudi devant la justice pour s'expliquer sur leur rixe en plein aéroport d'Orly début août

Coups de pieds, insultes, bouteilles de parfums qui volent... Après leur sortie de prison, les rappeurs ennemis Booba et Kaaris se retrouvent jeudi devant la justice pour s'expliquer sur leur rixe en plein aéroport d'Orly début août

Un mois après la bataille rangée entre Booba et Kaaris à l’aéroport d’Orly, le procureur a requis jeudi douze mois d’emprisonnement avec sursis contre les deux rappeurs ennemis, et réclamé des peines allant jusqu’à huit mois ferme pour les membres de leurs clans respectifs.

Ils sont «tous deux responsables» de la rixe du 1er août, où ils ont «perdu toute lucidité», a estimé le procureur. Ce sont eux qui ont échangé les premiers coups et ils ont «entraîné leurs gardes rapprochées» dans la bagarre, a dénoncé le magistrat devant le tribunal correctionnel de Créteil.

Le procureur a réclamé la relaxe d’un membre du clan Booba, qui s’est tenu à l’écart de la rixe. Pour les huit prévenus, il a requis entre six mois de prison avec sursis et huit mois ferme, selon la gravité des violences et les antécédents judiciaires de chacun.

Les principaux responsables de la bagarre restent les deux rappeurs, selon le procureur. Booba «porte le premier coup de pied», a noté le procureur, mais c’est Kaaris «qui se lève et va au contact».

L’audience-marathon se déroulait dans une salle comble. Dehors, derrière un important cordon de police, des dizaines de fans affichaient «team Booba» ou «team Kaaris».

Passé quelques regards appuyés, Booba, Elie Yaffa de son vrai nom, et Gnakouri Okou, alias Kaaris, sont restés calmes.

Volontiers goguenard en chemise à carreaux, l’autoproclamé «duc de Boulogne» s’est permis des messes basses avec la dessinatrice de presse et a parfois rabroué sèchement les avocats de la partie adverse. Son rival de Sevran, chemise blanche immaculée, a joué «l’apaisement» et présenté d’emblée ses «excuses».

Après un faux-départ lié à l’absence d’un interprète, le tribunal devait juger la bagarre d’Orly. Il a assisté à celle des avocats, qui se sont écharpés à plusieurs reprises lors de l’examen des différentes vidéos de la rixe, chacun criant pour imposer son interprétation des images.

«C’est pas ma faute» 

La scène du 1er août a fait le tour des réseaux sociaux: à sept contre quatre le clan Booba affronte celui de Kaaris. Les bouteilles de parfum de la boutique duty free servent d’armes ou de projectiles. Bilan: des blessés légers dans chaque camp, plusieurs vols retardés et plus de 50.000 euros de casse.

«N’y avait-il pas moyen que cela se termine autrement?», a soupiré la juge.

«J’aurais bien aimé», a répliqué Booba. «Je me suis défendu, tout simplement.»

S’il a donné le premier coup de pied, c’est parce qu’il se sentait «encerclé» et «menacé» par Kaaris et son groupe, qu’il a «essayé d’éviter». Il tente ensuite «un coup d’intimidation».

«C’est vraiment pas ma faute, j’avais pas le choix madame», s’est justifié Kaaris. «J’ai agi par légitime défense du début jusqu’à la fin», a juré le rappeur de Sevran. Selon lui, Booba lui aurait lancé: «lève-toi, salope !».

«Je me lève, c’est une erreur. Mais je me lève parce que prendre des coups assis, c’est plus grave que prendre des coups debout», a-t-il avancé.

«Risée d’internet» 

Chaque rappeur devait embarquer dans le même avion pour Barcelone, mais l’enquête ne permet pas de démontrer un quelconque guet-apens, selon le parquet. Loin du coup marketing, «cette rencontre est fortuite», a estimé le procureur.

«Sous le regard des passagers et des réseaux sociaux, cette rencontre ne pouvait que se conclure par une confrontation physique», a regretté le magistrat. À force de «clashs» publics, Booba et Kaaris «se sont créés des personnages forts, puissants violents, excessifs et déterminés», a-t-il décrit.

Dans ce contexte, «baisser les yeux, détourner le regard, ignorer l’autre, c’est déjà perdre la face», a résumé le procureur. Il a fustigé deux hommes qui «ont perdu toute lucidité», mus par la peur de «devenir la risée de leur entourage, mais aussi la risée d’internet». Et les a renvoyés à «leurs responsabilités», en rappelant que les deux sont «chefs d’entreprise», mais aussi «pères de familles».

A l’issue des plaidoiries de la défense, le jugement devrait être mis en délibéré à une date ultérieure.

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