Ecroué pour avoir tué sa mère: Randhirsingh Choytun reste en cellule

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Les autorités au domicile de Dhano Dawonauth. Son fils, Randhirsingh Choytun (en médaillon) a comparu en cour jeudi 3 septembre.

Les autorités au domicile de Dhano Dawonauth. Son fils, Randhirsingh Choytun (en médaillon) a comparu en cour jeudi 3 septembre.

«Tout ce que l’on sait, c’est qu’il ne laissait personne s’approcher de la maison. Même pas sa famille. Quand je le croisais dans la rue et je lui demandais des nouvelles de sa mère. Il disait toujours qu’elle allait bien et qu’il allait acheter à manger», confie Sabee, qui habite dans une ruelle à Saint-Pierre. Là où le corps de Dano Dawonauth, 92 ans, a été retrouvé dans sa maison. Elle y habitait avec son fils, Randhirsingh Choytun, 55 ans. Et c’est ce dernier le principal suspect. Il a été écroué et a comparu en cour de Moka ce jeudi 3 septembre.

Après son interrogatoire mercredi soir, Randhirsingh Choytun, qui souffre de problèmes de santé, avait été admis à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo. Il a pu quitter l’établissement ce matin. 

Selon le rapport d’autopsie, Dano Dawonauth a succombé à une hémorragie intracrânienne. Elle avait plusieurs ecchymoses. Elle aurait été souvent violentée et battue par son fils.  

«Nous savions que son fils et elle se disputaient souvent. Nous entendions des cris», confient des voisins de Dhano Dawonauth. Mais la nonagénaire, déplorent-ils, justifiait toujours les marques qu’elle portait...

«En tant que voisins, nous avions alerté la sécurité sociale. Mais lorsque les inspecteurs lui rendaient visite, elle disait que tout allait bien et niait toute violence». Et pour justifier les marques qu’elle portait, «Mama Adoune» disait qu’elle avait fait une chute, avance notre interlocuteur.

Bien que «Mama Adoune» ait «chassé» les inspecteurs de la sécurité sociale, elle aurait accepté l’aide d’une accompagnatrice. «Ti éna enn madam ti vinn okip bolfam-la. Li ti kwi, begn li, donn li so manzé», soutiennent des voisins. Mais hélas, «nou’nn tann dir garson-la inn pous li», déplorent-ils.

À la Cité Nicolière, les maisons sont collées les unes aux autres. À côté de celle de «Mama Adoune», vivent les Lafolle. Linzy Lafolle avait accepté de s’occuper de l’octogénaire bénévolement. Elle avait pris l’habitude de lui donner à manger le matin et de lui faire sa toilette. «Ce matin (NdlR, hier), à 6 heures, son fils m’a appelée. Je ne suis pas sortie. Je pensais qu’il voulait nous importuner tôt le ma- tin. Et je prévoyais déjà de me rendre chez elle plus tard pour m’occuper d’elle.»

«Son fils était en larmes…» 

Une heure plus tard, Linzy Lafolle avance que Randhirsingh Choytun l’a appelée de nouveau. «Il disait qu’il ne sait pas ce qui se passe avec sa mère. Je suis allée voir, j’ai vu qu’elle était dans une mare de sang. Son fils était assis à côté, il était en larmes. Nous avons appelé l’ambulance, puis la police.»

Mama Adoune, du temps où elle marchait encore, était de ces bonnes femmes qui s’occupaient de ses affaires et aimait converser avec son entourage. Lisbie Minerve, qui vit à la Cité Nicolière depuis 38 ans, raconte qu’elle a connu la victime lorsqu’elle était encore une quinquagénaire pleine de force.

«Elle travaillait dans les champs. Nous sommes tous venus habiter ici après le passage du cyclone Gervaise. Mama Adoune a toujours été très gentille avec ses voisins. Même son fils, il ne nous semblait pas méchant. Mais on entendait des bruits chez eux sans jamais rien voir. Les gens disent qu’elle était battue par son fils. Mé nou pa koné andan ki pasé. Avek nou li bon dimounn», déplore Lisbie Minerve.

Une fois la police arrivée, Randhirsingh Choytun a été conduit au poste de police de St-Pierre pour y être interrogé. Jocelyn Lafolle, l’époux de Linzy, connaît bien Randhirsingh Choytun. «Il n’était pas méchant avec ses voisins. Li ti insinifian kan li bwar selman», soutient-il.

«Mon frère m’a empêchée de voir ma mère pendant 25 ans»

Ce sont les voisins qui l’ont informée de la mort de sa mère. Accompagnée de ses enfants, Sumeeta Brijmohun, la fille de Dhano Dawonauth, confie à «l’express» que son frère Randhirsingh Choytun l’a empêchée d’approcher leur maison et de voir sa mère pendant… 25 ans. «C’est à cause de lui que je ne pouvais pas venir voir ma mère. Il se bagarre toujours avec nous et il n’a jamais laissé qui que ce soit venir rendre visite à ma mère. Il fermait la porte à clé», déplore cette habitante de Poste-de-Flacq.

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