Thomas Weikert: «La diversité dans le tennis de table est importante»

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Thomas Weikert (au centre) lors du forum de la Fédération internationale de tennis de table qui a réuni les représentants des associations africaines.

Thomas Weikert (au centre) lors du forum de la Fédération internationale de tennis de table qui a réuni les représentants des associations africaines.

L’ITTF a organisé un forum ce mardi à l’hôtel Palms. Le thème choisi était «Tennis de table pour tous, Pour la vie». Quels en étaient les objectifs ?

L’objectif, tout d’abord, était de montrer aux associations africaines le travail abattu par la fédération inter- nationale depuis les élections tenues au milieu de l’année 2017. Ce que l’équipe et le comité exécutif ont réalisé aux chapitres du développement, de la compétition et du marketing. Le deuxième objectif était d’interagir avec les associations, de voir ce que l’ITTF et elles peuvent faire ensemble pour favoriser un meilleur développement du tennis de table, comment financer tout cela, comment avoir un échange d’idées, comment mettre en place des stages de formation et aider sur le plan des équipements.

Pouvez-vous nous présenter le Plan stratégique continental de dé- veloppement 2018-2024 qui a été évoqué durant ce forum?

L’ITTF n’avait pas de plan stratégique dans le passé. C’était un vide regrettable. Le Comité international olympique a souvent rappelé à mon prédécesseur qu’il était important d’avoir un plan stratégique. Allons dire qu’il n’était pas de cet avis.

Le Plan stratégique continental de développement 2018-2024 contient la vision et la mission de l’ITTF. Il vise à expliquer comment promouvoir le tennis de table dans le futur. Nous avons fixé des échéances concrètes en rapport avec ce que nous voulons réaliser. Par exemple notre chiffre d’affaires, ce que nous faisons avec nos droits de marketing etc. Il m’est difficile d’approfondir davantage. Il me faudrait trois jours pour cela.

Comment est-ce que l’ITTF peut répondre aux besoins des associations africaines ?

En premier lieu, je pense que la structure de l’Association africaine de tennis de table devrait évoluer et devenir plus professionnelle. Cela veut dire qu’elle a besoin d’une structure professionnelle. Nous sommes prêts à aider à ce niveau, à aider financièrement. Parce qu’il y a un gros potentiel en Afrique, mais il n’y a pas beaucoup de joueurs et le développement à entreprendre est énorme.

Il y a deux associations importantes, celles d’Egypte et du Nigeria. Et puis c’est un grand vide. Nous avons besoin d’une structure. Par structure, j’entends un centre d’entraînement – l’ITTF est prête à aider également à ce niveau –, des stages, des équi- pements. La question principale reste le financement.

Comment est-ce que l’ITTF peut accorder une attention spéciale aux besoins des associations africaines de tennis de table qui sont moins aisées ?

Nous avons un responsable du développement qui est d’origine nord-africaine. Je pense qu’il est nécessaire d’avoir quelqu’un qui vient d’Afrique et qui est en mesure de mieux comprendre la situation. Avec un Européen, ce serait peut-être plus compliqué. Ce responsable doit faire le point sur les problématiques particulières ici. Ce que nous faisons, nous venons ici en Afrique et nous offrons des stages de formation. Il faut être ici et ne pas nous asseoir derrière notre bureau à Lausanne.

Dans quelle mesure est-ce qu’un Pôle africain peut contribuer à l’amélioration du niveau des pongistes africains ?

Toutes les médailles d’or généralement vont à la Chine lors des Jeux olympiques et des Championnats du monde. Au final, ce n’est pas bon pour le tennis de table. Ce n’est pas une faute de la part des Chinois s’ils sont forts mais nous devons travailler. Pour les besoins du marketing, quand nous voyons Quadri Aruna remporter un tournoi, cela est répercuté dans les médias et sur les réseaux sociaux. C’est la même chose en Amérique Latine, si nous avons de bons joueurs. La diversité dans notre sport est importante. Nous travaillons sur cet aspect avec notre programme de haut niveau, nous voulons former les joueurs d’autres continents, ailleurs qu’en Asie.

Une majorité de membres sont présents à l’assemblée générale de l’Association africaine de tennis de table. Est-ce en- courageant ?

Je suis tenté de dire oui et non. Si nous nous arrêtons aux Championnats d’Afrique, il y a seulement une quinzaine d’associations présentes sur un total de 56 pays membres. Nous devons nous améliorer à ce niveau.

La Fondation de l’ITTF s’est rendue dans un centre de réhabilitation mardi matin. Etaient présents notamment la pongiste et présidente de l’ONG Ping Sans fron- tières, Sarah Hanffou, et le président de la fondation, Ivor Montagu. Comment est-ce que le tennis de table peut améliorer la qualité de vie des citoyens en général ?

Le tennis de table est une activité sportive saine. Dans tous les pays, la pratique du tennis de table contribue à l’amélioration de la santé. Cette pratique est bénéfique également aux personnes handicapées. Cela leur fait du bien de rencontrer des joueurs. Je l’ai vu dans plusieurs centres et plus récemment en Jordanie dans un camp de réfugiés. L’année dernière, j’étais en Guinée Bissau. J’y ai vu les enfants jouer au tennis de table. Ce n’est pas difficile de trouver des tables, peut-être pas des tables de tennis de table, mais des tables plus petites ou des tables de cuisine peuvent faire l’affaire

La pratique du sport permet la socialisation. Elle contribue à l’éduca- tion également. C’est l’un de nos objectifs.

C’est votre première visite à Maurice. Avez-vous passé un agréable séjour ?

Oui, très agréable. Je reprends l’avion dans la soirée (NdlR: d’hier). Je me rends à la plage dans quelques minutes. Si je regagne l’Allemagne sans être allé à la plage à Maurice, cela sera difficilement compréhensible.

Thomas Weikert:

Un avocat à la tête de l’ITTF

Thomas Weikert, né le 15 novembre 1961 à Hadamar, est le président de l’ITTF depuis le 1er septembre 2014. Avant cela, il a été président de la Fédération allemande de tennis de table pendant dix ans. Avocat de profession en Allemagne, il est marié et père d’un fils de 20 ans. Il a succédé au Canadien Adham Sharara à la présidence de l’ITTF.

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