Kailash Trilochun se lance dans une course aux poursuites

Avec le soutien de
Kailash Trilochun, ancien conseil juridique de l’Information and Communication Technologies Authority.

Kailash Trilochun, ancien conseil juridique de l’Information and Communication Technologies Authority.

Après des dommages de Rs 400 millions réclamés à sir Anerood Jugnauth, maintenant c’est à son fils que vous réclamez Rs 10 millions. Est-ce de l’acharnement ?

J’espère qu’en utilisant le terme «acharnement», vous ne voulez pas dire «harcèlement». Les poursuites au criminel et au civil ont comme objectif de chercher la justice qui est un droit garanti par la Constitution. Si vous voulez dire que j’agis «fiercely» et vigoureusement, la réponse est oui.

Les déclarations faites par le père et le fils m’ont causé énormément de préjudice et la réclamation, à mon humble avis, est proportionnelle. Le tort causé à mon nom et à ma réputation a également touché ma famille dans son ensemble. Ce sera ainsi pour mes enfants et leurs enfants jusqu’au jour où les Jugnauth présentent des excuses publiques ou quand la cour blanchit mon nom et ma réputation.

Mes grands-parents et mes parents ont transformé leur sueur en sang pour nous emmener là où nous sommes aujourd’hui. Quelques personnes prétentieuses croient qu’avec leur langue, elles peuvent chasser l’intégrité et le dur labeur aux toilettes. Cela doit être sanctionné.

Pourquoi attendre toutes ces années pour réclamer des dommages ?

Je ne vois pas comment deux ans peuvent être considérés comme «toutes ces années». Si vous voulez dire «tous ces mois», la loi me donne deux ans pour poursuivre l’État ou un Public Officer. Pour les poursuites au privé, le temps maximum est de 10 ans. Donc, dans le cas de Pravind Kumar Jugnauth, je suis bien au-dessous de la limite légale. Il n’y a aucune motivation sinistre de ma part quand je fais des réclamations. De plus, cela prend du temps pour mesurer l’étendue des dommages qu’ils ont faits.

Les Mauriciens vont encore payer si vous remportez ces cas ?

Je poursuis Pravind Jugnauth au privé, c’est-à-dire en son nom personnel et pas comme un Public Officer. Donc, si je gagne, ce sera à lui de payer, pas aux contribuables. Concernant le cas contre sir Anerood Jugnauth (SAJ) et l’État, ce dernier par le biais de l’Attorney General a le droit d’arguer que SAJ a agi en mauvaise foi et qu’il est le seul responsable. Si et quand l’Attorney General le fera, je pourrai retirer l’affaire contre l’État pour continuer avec SAJ en son nom personnel. Si j’étais l’Attorney General, c’est ce que je ferais. Je pense que ce ne sera pas difficile de prendre cette position car SAJ ne peut pas maintenir qu’il était de bonne foi quand il m’a traité de «bebet» et de «bachiara» avec les mensonges.

Notre démocratie est bâtie sur des piliers en sorte que même le Premier ministre et l’État ne sont pas au-dessus de la loi. Le contribuable doit insister pour que l’ancien Premier ministre paie les dommages si la cour me donne raison. Il montrera le sens de patriotisme s’il fait le paiement lui-même. Si je gagne, je donnerai chaque sou obtenu pour dommages moraux aux œuvres charitables.

Votre dernière sortie contre les Jugnauth remonte à janvier 2017 quand vous avez porté plainte à l’Independent Commission against Corruption contre eux après la passation de pouvoir entre le père et le fils. Pourquoi ce long silence ?

Je n’étais pas silencieux. Je songe sérieusement à entamer des poursuites au privé contre eux sous la loi anticorruption. Je dois savoir si je peux le faire comme un électeur puisque pour des poursuites au privé, on doit être lésé par un fait. Attendons voir ce que mes recherches juridiques donneront.

J’ajoute que j’ai déjà préparé une private prosecution contre Pravind Jugnauth pour insulte qui sera déposée à la cour de Moka cette semaine. Dès la semaine prochaine, mon attention sera sur Showkutally Soodhun.

Pourquoi Soodhun ?

Dans un entretien, il avait déclaré qu’en tant que Premier ministre par intérim, il était intervenu auprès du commissaire de police pour qu’il ignore la lettre de Me Rama Valayden demandant de ne pas m’arrêter à ma descente d’avion. Et il avait déclaré que le chef de la police avait obtempéré. Selon notre Constitution, le commissaire de police doit être indépendant. Il peut prendre un ordre général d’un Premier ministre, mais il ne peut obéir à une instruction précise. Je le poursuivrai pour abus de pouvoir.

Est-ce que c’est parce que le gouvernement ne vous a plus sollicité comme avocat que vous les poursuivez ?

Franchement, c’est une question surprenante. Pour dissiper le doute, je précise que je n’attendais pas à ce que le gouvernement me

Quelle est la position de votre beau-frère Nando Bodha à la suite de votre décision de poursuivre les Jugnauth ?

Avec tout le respect, je ne connais pas sa position. Il faut lui poser la question si vous voulez une réponse.

Nando est un homme bien et un bon politicien. À mon avis, il est un bon ministre comme Soodesh Callichurn. Il a le droit de choisir avec qui il veut s’associer. Il a fait son choix et moi, le mien. Cependant, il m’a aussi fait du mal au temps du dénigrement. Son heure viendra de faire face à la justice.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires