Typhon au Japon: 11 morts, des centaines de blessés et le chaos à l’aéroport d’Osaka

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Vue aérienne d'un bateau échoué après le passage du typhon Jebi, à Nishinomiya, dans la préfecture de Hyogo au Japon, le 5 septembre 2018

Vue aérienne d'un bateau échoué après le passage du typhon Jebi, à Nishinomiya, dans la préfecture de Hyogo au Japon, le 5 septembre 2018.

Onze morts, plus de 600 blessés, de nombreux dégâts matériels et le chaos à l’aéroport du Kansai (Osaka, ouest), où des milliers de passagers étaient en cours d’évacuation mercredi: le typhon Jebi qui a balayé le Japon restera dans les annales, même s’il est loin d’être le plus meurtrier.

Ce 21e typhon de la saison, dont les vents dans la partie centrale dépassaient 160 km/h et près de 220 km/h en périphérie, a traversé l’archipel du sud-ouest au nord, s’affaiblissant en bout de course. Il n’est désormais plus qu’une tempête au large.

Il était classé dans la catégorie des typhons «très puissants», lesquels touchent assez rarement de façon directe le Japon. C’est le premier de ce type accostant sur l’archipel depuis 1993.

Passagers en détresse

Ce ne fut cependant pas, loin s’en faut, le pire de la décennie: en octobre 2013, le cyclone Wipha avait tué 43 personnes, tandis que 82 morts et 16 disparus avaient été enregistrés à la suite du passage d’un autre typhon, Talas, en septembre 2011, année aussi marquée par le séisme et le tsunami de mars.

La région d’Osaka a été cette fois la plus sévèrement touchée, avec des centaines de maisons en tout ou partie détruites, des poteaux à terre, des arbres arrachés, des toitures envolées (comme à la gare de Kyoto), des grues affaissées ou des véhicules accidentés.

L’aéroport du Kansai (Kix), situé en mer sur une île artificielle au large d’Osaka, a été inondé et fermé, avec 3.000 passagers et plusieurs centaines d’employés bloqués à l’intérieur car le pont reliant les installations à la terre ferme a été endommagé par un pétrolier qui s’y est encastré.

Ils ont passé la nuit dans les terminaux, sans électricité ni air conditionné, selon les témoignages donnés à la chaîne de télévision NHK. «Honnêtement, j’ai craint pour ma vie», a confié l’un des salariés affectés.

Mercredi, des navettes par ferry et bus véhiculaient tout le monde vers l’aéroport de Kobe, situé plus à l’ouest, car Kix, accueillant habituellement 400 vols et 78.000 passagers par jour en moyenne, ne pouvait rouvrir.

«Nous ne savons pas exactement le temps nécessaire qu’il nous faudra pour évacuer tout le monde, mais nous faisons de notre mieux pour que ce soit terminé aujourd’hui», a déclaré à l’AFP une porte-parole de l’aéroport.

Cette infrastructure joue également un rôle important dans le transport de marchandises: environ 10% des exportations japonaises transitent par elle, selon Yusuke Ichikawa, économiste de l’institut de recherche Mizuho. Au total, plus de 355 entreprises y sont implantées, employant quelque 17.000 personnes.

«Il est difficile de dire quel impact ce typhon aura sur l’activité économique. Si l’aéroport restait fermé longtemps, cela affecterait les recettes découlant du tourisme dans la région», a estimé Koshu Tokunaga, porte-parole de la Fédération économique du Kansai.

Camions renversés 

Le Premier ministre Shinzo Abe a promis «les efforts maximum pour traiter la situation et remettre en état les infrastructures».

Dans tout le pays, les compagnies aériennes, qui avaient renoncé à environ 800 vols mardi, en ont encore annulé autour de 160 mercredi, selon les chiffres compilés par la NHK.

Le trafic ferroviaire est en revanche à peu près revenu à la normale.

Jusqu’à 2,4 millions de foyers et bâtiments divers ont été privés d’électricité mais le courant a été rétabli pour pour 80% d’entre eux mercredi à la mi-journée. Des recommandations et ordres d’évacuation, pas toujours suivis, ont été donnés à 1,2 million de personnes, et 16.000 d’entre elles ont passé la nuit dans des refuges, selon l’agence de presse Jiji.

La suspension par précaution, mardi toute la journée, de nombreuses liaisons ferroviaires dans l’ouest a incité des entreprises à demander à leurs salariés de rester chez eux et des magasins à fermer. Cela a contribué à minimiser le nombre de blessés et les dommages, selon des experts.

Le trafic routier était devenu quasi impossible, les poids lourds se trouvant incapables de résister à la force des vents, et les véhicules légers étant traînés sur des dizaines de mètres ou retournés.

Si l’archipel est régulièrement secoué par des intempéries, cette année a été particulièrement difficile.

Il y a deux mois, des pluies record dans le sud-ouest ont provoqué des inondations inédites et des éboulements, qui ont tué quelque 220 personnes, avant une vague de chaleur elle aussi meurtrière.

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